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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Reprise du diptyque le Nain-l’Enfant et les sortilèges de Zemlinsky-Ravel dans la mise en scène de Richard Jones et Antony McDonald, sous la direction de Paul Daniel à l’Opéra de Paris.

Un décevant diptyque
© Christian Leiber

Reprise inégale pour le diptyque le Nain-l’Enfant et les sortilèges inauguré par l’Opéra de Paris en 1998. Si la baguette incisive de Paul Daniel confère à l’ensemble une cohérence que lui refuse une mise en scène poussive dans Zemlinsky, des distributions moyennes viennent de toute manière troubler un rapprochement que l’Opéra de Lyon avait aussi tenté en mai dernier.
 

Palais Garnier, Paris
Le 23/01/2013
Yannick MILLON
 



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  • Rien à faire, quinze ans après, la mise en scène du Nain de Zemlinsky par le tandem Richard Jones-Antony McDonald est toujours un monument de laideur, de charivari chromatique digne du plus mauvais goût vestimentaire d’outre-Manche, et ces mélanges de marronnasse, fuchsia et autre jaune canari irritent la rétine, pour ne rien dire de ces très phalliques asperges géantes, d’une fraîcheur particulièrement douteuse.

    Heureusement qu’un peu de poésie s’infiltre dans le cadre visuel de cette cruelle histoire due à Oscar Wilde, par le biais d’une marionnette actionnée par le rôle-titre, préférable aux déguisements façon Cour des miracles. En revanche, si en mai dernier à l’Opéra de Lyon, Grzegorz Jarzyna avait imaginé des passerelles entre le Nain et l’Enfant et les sortilèges, rien de tel ici, et l’on devra savourer le Ravel comme déconnecté de l’ensemble.

    On y goûtera alors un art du rythme, du changement de décor façon revue, des atmosphères oniriques, d’une vision de l’enfance en rien idyllique, avec ce prof d’arithmétique façon drag-queen donnant la fessée, ces drôles de créatures monstrueuses passant comme dans un cauchemar, cette Princesse coupée en deux, ces petits hommes verts, contrastant avec le sentiment du rêve éveillé et la tendresse finale consécutive à l’apprentissage de la pitié.

    La musique, malheureusement, ne suit pas avec la même qualité. Et si la soirée se tient, c’est uniquement le fait de la direction vive, aux angles bien saillants, aux belles trépidations rythmiques du Britannique Paul Daniel. Dans Ravel, le sarcasme l’emporte certes sur la tendresse, mais Zemlinsky le voit évoluer avec un sentiment d’évidence, virevoltant des senteurs d’une orchestration millimétrée.

    Pour le Nain, on déplorera une équipe vocale qui passe l’ouvrage à faire du son, à envoyer une pâte abstraite, sans mots, se fracasser contre le plafond de Chagall. Pour quelques phrases un peu sensibles, la Ghita de Béatrice Uria-Monzon joue le concours de décibels avec le Don Estoban poussif et en retard de Vincent Le Texier.

    Mêmes lacunes chez des caméristes se prenant pour des Walkyries, et chez une Nicola Beller Carbone donnant l’impression de chanter Salomé – même côté peste –, mais sans consonnes, dans une bouillie rhétorique que ne fait guère oublier un vrai tempérament en scène. Quant au Nain de Charles Workman, à l’allemand approximatif, son émission constamment serrée et son aigu avorté feraient presque oublier un timbre qui sut naguère être élégiaque.

    Chez Ravel, où privé du surtitrage, on aurait du mal à comprendre quoi que ce soit, le constat n’est guère plus enthousiasmant. Seuls Alexandre Duhamel et François Piolino ont encore cet art du dire, de la belle déclamation aristocratique française, auxquels on ajoutera la Princesse au timbre ravissant d’Amel Brahim-Djelloul.

    Car l’Enfant de Gaëlle Méchaly, entre autres, aligne les faux-pas : accentuation du texte en montagnes russes, sans une once de limpidité, voix qui bouge, fine et clair mezzo ici ou là, vibrato lâche dans l’aigu. On est au final bien loin de l’affiche de rêve de la Khovantchina donnée au même moment à la Bastille…




    Palais Garnier, Paris
    Le 23/01/2013
    Yannick MILLON

    Reprise du diptyque le Nain-l’Enfant et les sortilèges de Zemlinsky-Ravel dans la mise en scène de Richard Jones et Antony McDonald, sous la direction de Paul Daniel à l’Opéra de Paris.
    Alexander von Zemlinsky (1871-1942)
    Der Zwerg, conte tragique en musique en un acte (1922)
    Livret de Georg Clarens d’après l’Anniversaire de l’Infante d’Oscar Wilde
    Maurice Ravel (1875-1937)
    L’Enfant et les sortilèges, fantaisie lyrique en deux parties (1925)
    Poème de Colette

    Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Paul Daniel
    mise en scène, décors & costumes : Richard Jones & Antony McDonald
    éclairages : Matthew Richardson
    préparation des chœurs : Patrick Marie Aubert

    Avec :
    Le Nain :
    Vincent Le Texier (Don Estoban), Nicola Beller Carbone (Donna Clara), Charles Workman (Der Zwerg), Béatrice Uria-Monzon (Ghita), Mélody Louledjian (Première camériste), Diana Axentii (Deuxième camériste), Delphine Haidan (Troisième camériste).
    L’Enfant et les sortilèges :
    Gaëlle Méchaly (l’Enfant), Cornelia Oncioiu (Maman / la Tasse chinoise / la Libellule), Valérie Condoluci (la Bergère / la Chauve-Souris), Mélody Louledjian (le Feu / le Rossignol), Amel Brahim-Djelloul (la Princesse), Diana Axentii (la Chatte / l’Écureuil), Andrea Hill (la Chouette / un pâtre), Chenxing Yuan (une pasourelle), François Lis (le Fauteuil / un arbre), Alexandre Duhamel (l’Horloge comtoise / le Chat), François Piolino (la Théière / le Petit Vieillard / la Rainette).

     



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