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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Première au Théâtre du Châtelet, Paris, de Street Scene de Weill dans la mise en scène de John Fulljames, sous la direction de Tim Murray.

Mélo misérabiliste
© Keith Pattison

Après le West Side, c’est dans le Lower East Side new yorkais que nous entraîne le Châtelet avec Street Scene. Le hic, c’est que le musical de Kurt Weill n’a pas l’envergure de l’œuvre de Bernstein et Robbins. Rarement joué en France, il déçoit par la banalité d’un quotidien que la mise en scène ne transfigure pas, et par une sonorisation excessive.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 25/01/2013
Nicole DUAULT
 



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  • Tous les critiques d’outre-Atlantique ont célébré l’audace de Kurt Weill (1900-1950) dans son « opéra américain » créé en 1947, dix ans après qu’il a fui l’Allemagne nazie. Fasciné par New York, il raconte la vie du petit peuple, des immigrés, qui, dans un immeuble misérable de Manhattan, espèrent et désespèrent en le rêve américain. Jeunes ou vieux, tendres ou taciturnes, les uns et les autres s’observent, se jalousent, s’aiment, se font violence ou même tuent dans l’atmosphère moite de l’été. La réussite de l’œuvre tient à ce que le parler et le chanter s’associent sans problème.

    L’échec de cette production tient en partie à la sonorisation qui, comme d’habitude au Châtelet, est si forte que les paroles des chanteurs-acteurs sont incompréhensibles. La mise en scène de John Fulljames, actuellement directeur associé au Covent Garden de Londres, est sans charme : le décor unique consiste en un sinistre échafaudage sur lequel est installé l’Orchestre Pasdeloup tandis que les interprètes ne disposent que d’une partie de la scène et des escaliers.

    Voir pendant trois heures en premier plan le dos du chef d’orchestre est un peu lassant. La direction des acteurs qui montent et descendent en permanence les escaliers est certes réglée au millimètre, mais ne s’anime guère qu’avec une superbe séquence dansée, Moon faced-Starry Eyed, et avec la troupe des enfants de la Maîtrise de Paris. Ils apportent un peu de fantaisie aux acteurs trop stéréotypés et aux effets trop attendus.

    La musique de Kurt Weill puise à toutes les sources et pioche dans tous les styles, jazz, blues be-bop, rengaines populaires et même lyrique avec des références à Puccini et à Wagner. C’est souvent séduisant. L’an passé, l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris avait joué quelques passages de Street Scene. C’était autrement énergique et cocasse.

    Ce qui manque à ce spectacle, c’est d’abord un livret plus solide – on pense en permanence à ce qu’aurait pu écrire Bertolt Brecht. La mise en scène aurait dû se distancier du mélo misérabiliste. On aimerait tant rire ou bien pleurer ! Weill aurait voulu écrire, dit-on, un Porgy and Bess blanc. C’est raté.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 25/01/2013
    Nicole DUAULT

    Première au Théâtre du Châtelet, Paris, de Street Scene de Weill dans la mise en scène de John Fulljames, sous la direction de Tim Murray.
    Kurt Weill (1900-1950)
    Street Scene, opéra américain en deux actes (1947)
    Livret d’Elmer Rice, lyrics de Langston Hugues & Elmer Rice

    Chœur du Châtelet
    Orchestre Pasdeloup
    direction : Tim Murray
    Production du Young Vic Theater
    mise en scène : John Fulljames
    décors : Dick Bird
    éclairages : Jon Clark
    chorégraphie : Arthur Pita

    Avec :
    Geoffrey Dolton (Frank Maurrant), Sarah Redgwick (Anna Maurrant), Susanna Hurrell (Rose Maurrant), Paul Featherstone (Steve Sankey / Abraham Kaplan), Kate Nelson (Shirley Kaplan / Mae Jones), Paul Curievici (Sam Kaplan), Robert Burt (Lippo Fiorentino), Simone Sauphanor (Greta Fiorentino), Paul Reeves (Carl Olsen), Harriet Williams (Olga Olsen).

     



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