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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Version de concert de l’Heure espagnole et l’Enfant et les sortilèges de Ravel de sous la direction de Leonard Slatkin à la salle Pleyel, Paris.

Vive la France !
© J. Marcus

Onze chanteurs français dont certains excellents se renouvellent devant l’orchestre pour donner vie à l’Heure espagnole puis aux vingt-et-un personnages de l’Enfant et les sortilèges de Ravel. Version de concert réussie mais frustrante pour la première œuvre, dont on aimerait mieux suivre les péripéties rocambolesques, sans réserve pour la seconde toute vouée à l’imagination.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 29/01/2013
Claude HELLEU
 



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  • Comédie musicale, opéra-bouffe ou fantaisie lyrique, selon les qualifications données par son auteur à cet opéra en un acte qu’il compose sur un livret de Jean Nohain (d’après sa propre comédie), l’Heure espagnole impose essentiellement sa drôlerie dans un micmac d’horloge portée d’une pièce à l’autre par un muletier – du gouvernement ! – entré faire réparer sa montre chez l’horloger Torquemada.

    Celui-ci s’absente, le muletier Ramiro l’attend. Suit un chassé croisé des prétendants de l’épouse Concepcion demeurée seule au logis. D’où la partie de cache-cache de ceux-ci réfugiés dans l’horloge que Ramiro déménage telle une plume, qu’elle soit vide ou pleine, selon les besoins de la maîtresse des lieux. Or d’horloge l’irrésistible Ramiro doit évidemment se passer ce soir pour montrer sa puissance, sa balourdise et son innocence.

    Marc Barrard y réussit pleinement et ne sera pas moins éloquent dans l’Enfant et les sortilèges en Horloge comtoise, Fauteuil ou Chat, mimiques cocasses à l’appui d’un texte dont on ne perd jamais une syllabe. Autour de lui, Isabelle Druet, excellente comédienne et coquette à souhait, commente d’une voix claire plus ou moins articulée son agacement des déclamations follement lyriques de l’étudiant Gonzalve, parfaitement lancées par le ténor Frédéric Antoun, qu’elle préfèrerait plus entreprenant avant de le calfeutrer dans l’horloge quand arrive le banquier Don Inigo Gomez.

    Celui-ci, Nicols Courjal, sera plus tard plus tard Fauteuil et Arbre dans L’Enfant et les Sortilèges avec la même justesse. Torquemada trouve en Luca Lombardo un interprète fidèlement mesuré. Il n’empêche, suivre leurs péripéties au-delà des partitions sur les pupitres où ils se succèdent avant de retourner s’asseoir n’est pas évident.

    Derrière les voix, sous la direction attentive de Leonard Slatkin, même s’il lui arrive de les couvrir, l’Orchestre national de Lyon participe à cette sorte de conversation en musique, comme l’a présentée Ravel. Qui n’en a pas moins raffiné l’orchestration pétillante d’humour, où métronomes, clarinettes, carillon, cloches, glissando de trombone, roulements de timbale, basson ironique entre autres tiennent leur rôle.

    Plus de pupitres ni de partitions devant les chanteurs après l’entracte. L’Enfant, adorable encore, se tient face au public, Hélène Hébrard bras le long du corps, pantalon et chemisier blanc à courtes manches bouffantes, cheveux tirés.

    Ennui, colère, stupeur, effroi, peur, tendresse, s’incarneront sur son visage au fil de ses émois, voix jeune mais assurée toujours droite et sobre. Maman, magnifique en tenue de soirée, minaude inutilement mais chante parfaitement, Tasse chinoise et Libellule ensuite. La confrontation de la mère et de l’Enfant aboutit à sa punition d’où, laissé seul, ses méchancetés.

    Le livret de Colette et la partition de Ravel se passent ici beaucoup mieux de mise en scène, tant prennent vie individuelle objets et bêtes martyrisés par l’enfant furieux, mais difficiles à sortir d’un monde imaginaire et à représenter. À chacun son style et nos chanteurs français s’y réalisent joyeusement.

    Julie Pasturaud, Bergère ou Chatte miaulante avec Marc Barrard en un duo savoureux, mais aussi Écureuil et Pâtre, Annick Massis, Feu aux superbes flammes vocales, Rossignol tel l’oiseau, Princesse moins compréhensible, Ingrid Perruche, Chauve-souris de noir vêtue, Chouette et Pastourelle, et le grand, le multiple Jean-Paul Fouchécourt, Théière irrésistible, Arithmétique étourdissante, Rainette émouvante, nous offrent sous leur meilleur jour un kaléidoscope de prodigieuses sonorités inédites.

    Le chœur Britten et la Maîtrise de l’Opéra de Lyon complètent cette excellente distribution dont l’orchestre, où se remarquent des instruments rares et des associations audacieuses, reste néanmoins au second plan, a précisé Ravel, soulignant que C’est le chant qui domine ici. Dans un équilibre respecté par Leonard Slatkin, maître de cette féérie.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 29/01/2013
    Claude HELLEU

    Version de concert de l’Heure espagnole et l’Enfant et les sortilèges de Ravel de sous la direction de Leonard Slatkin à la salle Pleyel, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    L’Heure espagnole
    L’Enfant et les sortilèges
    Isabelle Druet (Concepcion)
    Luca Lombardo (Torquemada)
    Marc Barrard (Ramiro, l’Horloge comtoise, le Chat)
    Nicolas Courjal (Don Inigo Gomez, un Fauteuil, un Arbre)
    Frédéric Antoun (Gonzalve)
    Hélène Hébrard (l’Enfant)
    Delphine Galou (Maman, la Tasse chinoise, la Libellule)
    Julie Pasturaud (la Bergère, la Chatte, l’Écureuil, un Pâtre)
    Annick Massis (le Feu, la Princesse, le Rossignol)
    Ingrid Perruche (la Chauve-souris, la Chouette, une Pastourelle)
    Jean-Paul Fouchécourt (la Théière, Arithmétique, la Rainette)
    Chœur Britten
    préparation : Nicole Corti
    Maîtrise de l’Opéra de Lyon
    préparation : Karine Locatelli
    Orchestre national de Lyon
    direction : Leonard Slatkin

     


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