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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Reprise de l’Or du Rhin de Wagner dans la mise en scène de Günter Krämer et sous la direction de Philippe Jordan à l’Opéra de Paris.

Ring Bastille 2013 (1) :
Vitesse de croisière

© Elisa Haberer

Les supputations les plus folles allaient bon train depuis deux ans : le Ring si décevant de Günter Krämer serait-il fortement revu pour cette seconde série de représentations ? Sa mise en scène refaite complètement ? Sa distribution profondément remaniée ? Premières réponses concrètes avec l’Or du Rhin, qui initie une série de reprises s’étalera jusqu’à la fin du mois de juin.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 01/02/2013
Pierre FLINOIS
 



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  • Günter Krämer a resserré sa production de Rheingold : rien de vraiment neuf donc, les grands principes demeurent qui orientent le Prologue du Ring vers la critique sociale.

    Filles du Rhin outrageusement nues, dieux dilettantes aux torses bodybuildés somnolant sur une mappemonde de cabaret , troupe prolétarienne des géants manifestant avec force drapeaux rouges, Loge meneur de jeu acerbe caché sous les traits d’un clown fatigué, mineurs de fond suant de crasse accompagnant d’un lent balancement corporel le rythme obsessionnel d’une faux déchiquetant peu à peu l’or vierge en lingots, rideau nuées.

    Et escalier Walhall final que la troupe des valets divins envahit d’un Germania en lettres gothiques pour contextualiser Wagner dans l’univers nationaliste allemand… qui n’était pas le sien quand il conçut le Ring, mais qui fut sans conteste celui qui l’adopta comme symbole culturel autant que comme matrice intellectuelle trop aisément détournable. On a déjà vu tout cela, et pas seulement chez Krämer, à qui on avait d’abord reproché son sens du collage récupérateur.

    Mais à affiner le détail, à limer quelques aspérités – Wotan porte désormais une élégante veste blanche sur dessous noir, plus seyante –, à peaufiner les éclairages, à se concentrer sur une direction d’acteurs un peu plus tendue, le spectacle trouve comme une cohérence, discutable certes, mais réelle, qui prend le pas sur son éclectisme, une esthétique qui s’impose comme un parti, et non comme une rencontre de hasards.

    Est-ce convainquant ? Pas encore. Si cela hérisse moins, cela n’emporte pas dans le tourbillon saisissant d’un monde naissant dans la douleur et les spasmes, en hésitant trop encore entre réalisme et théâtre dans le théâtre. Resteront quelques moments, à partir de la scène de Nibelheim surtout, d’une vraie densité d’action, comme tout le jeu entre Alberich, Loge et Wotan de cette scène III jusqu’à la mainmise sur l’anneau par le dieu et à sa malédiction.

    Mais subsisteront aussi les embarras de l’entassement de l’or devant Freia, et surtout de son évacuation, handicap pour tout ce qui suit jusqu’à l’invocation de Froh, et de la décevante montée finale, moments théâtralement bien incapables d’imposer une force d’image à l’aune de celle que suscite la partition.

    Côté oreille, à la création, c’est la direction d’une rare finesse de Philippe Jordan, marquée d’une recherche prégnante de délicatesse du tissu, de coloration instrumentale, qui avait porté le spectacle à son meilleur. Cela demeure ici encore la base même du propos du chef.

    Le tempo semble plus allant, mais la puissance expressive, la levée de la pâte dramatique manquent encore, laissant à nouveau l’impression d’une belle narration doublée d’une esthétisation de la leçon d’orchestre sans le tellurisme et les vertiges de cette partition des drames premiers.

    La distribution reste pour une partie essentielle celle de 2011. Elle est d’excellent niveau pour aujourd’hui, sinon idéale. On a gagné avec Egils Silins un Wotan plus jeune et moins défait de voix que Falk Struckmann, mais qui n’impose ni présence active, motrice, ni vocalité somptueuse.

    Un nouveau Fasolt, Lars Woldt, moins impressionnant que Iain Paterson, la superbe Freia d’Edith Haller, un Froh stylé (Bernard Richter), et un trio bien équilibré de Filles du Rhin donnent la réplique à l’Alberich très présent de Peter Sidhom, à son irrésistible frère Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, à la Fricka toujours plus belle sinon plus ample de Sophie Koch, à l’Erda caverneuse de Qiu Lin Zhang, au profond Fafner de Günther Groissböck.

    Mais le triomphateur de la soirée demeure le Loge de Kim Begley, d’une causticité irrésistible, servi par une vocalité de tout premier plan, alliant comme rarement les qualités d’un vrai ténor wagnérien à la souplesse d’un quasi ténor de caractère. À suivre…




    Opéra Bastille, Paris
    Le 01/02/2013
    Pierre FLINOIS

    Reprise de l’Or du Rhin de Wagner dans la mise en scène de Günter Krämer et sous la direction de Philippe Jordan à l’Opéra de Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Das Rheingold, prologue en quatre scènes au festival scénique Der Ring des Nibelungen (1869)
    Livret du compositeur

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Philippe Jordan
    mise en scène : Günter Krämer
    décors : Jürgen Bäckmann
    costumes : Falk Bauer
    éclairages : Diego Leetz

    Avec :
    Egils Silins (Wotan), Samuel Youn (Donner), Bernard Richter (Froh), Kim Begley (Loge), Peter Sidhom (Alberich), Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Mime), Lars Woldt (Fasolt), Günther Groissböck (Fafner), Sophie Koch (Fricka), Edith Haller (Freia), Qiu Lin Zhang (Erda), Caroline Stein (Woglinde), Louise Callinan (Wellgunde), Wiebke Lehmkuhl (Flosshilde).

     



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