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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Juraj Valcuha avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la salle Pleyel, Paris.

Corps à corps
© Esther Haase

Celui de Yuja Wang avec son piano dans Prokofiev est aussi naturel que communicatif. L’écouter mais aussi regarder son corps à corps avec le Deuxième Concerto procure un plaisir exceptionnel, partagé par l’Orchestre de Paris sous la direction de Juraj Valcuha. Qui ont ressuscité les Danses de Galánta de Kodály et la Petite sirène de Zemlinsky.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 06/02/2013
Claude HELLEU
 



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  • Un programme ébouriffant a familiarisé le public de l’Orchestre de Paris avec des compositeurs célèbres mais peu connus. Sous la direction de Juraj Valcuha, jeune chef au début de carrière prometteur, de Zoltán Kodály les folkloriques Danses de Galánta et d’Alexander von Zemlinsky les aventures de la Petite sirène ont encadré le Concerto pour piano n° 2 de Serge Prokofiev.

    Celui-ci, moins populaire que le Troisième Concerto, se révèle également enthousiasmant quand l’interprète souffle le feu sur des difficultés techniques à la limite des possibilités physiques. Une performance que transcende et personnalise à sa manière Yuja Wang.

    Elle apparaît mince et frêle, moulée de soierie bleue, épaules et bras découverts, s’assoit au piano. Toucher d’emblée voluptueux, incisif mais sensuel, légère est la mélancolie de l’instrument soliste soutenu par les interrogations de l’orchestre. Monologue à l’étonnant dialogue entre deux mains dont les voix fusionnent ou s’opposent au fil de leur évolution dynamique en appuis, coupures, piqués et autres prouesses d’une expressivité lumineuse.

    Jusqu’à l’époustouflante envergure de la cadence. Cascades d’accords, arpèges fulgurants, l’aisance sidère, la précision éblouit. Comment ces bras telles des lianes peuvent-ils produire cette incroyable et spectaculaire puissance ? Mais des angoisses que ce déchaînement pianistique souvent témoigne, il n’y a pas trace. L’énergie y est simplement reine, une énergie vitale tel un feu de joie.

    Intense et juvénile, bientôt entourée des cuivres fortissimo, Yuja Wang se donne dans un corps accord jouissif avec la partition provocatrice de Prokofiev. Incroyable virtuosité du Scherzo sur des basses affirmant leur indépendance, intimité d’un Intermezzo lui aussi sous un éclairage inhabituel : le chant prend, pénètre, caresse, embrasse. Chambriste en parfaite communion avec l’orchestre, la soliste y privilégie une expressivité intimiste et souriante.

    Le Finale, allegro tempestoso, révèle un lyrisme du piano dont la profondeur le dispute aux défis. Au-delà de toute noirceur, sa gravité l’accouple à l’orchestre avant de s’échapper en une cadence à nouveau hallucinante puis de le retrouver dans les vertiges de leurs pulsions communes. Aucun superlatif n’est de trop pour évoquer une telle interprétation, suivie d’une Toccata à laisser coi le public avant son délire.

    Les Danses de Galánta – la contrée marchande de Galánta était une étape importante sur la route reliant Budapest à Vienne – avaient auparavant rayonné d’un tourbillon endiablé, gradué de main de maître par Juraj Valcuha. La clarinette y règne, souveraine dans un climat nostalgique de son folklore. Vents solistes virtuoses, toujours plus vite, toujours plus fort, l’orchestre se prête au mieux à l’entrain de cette œuvre pittoresque.

    Premier violon émouvant, la Petite sirène d’Alexander von Zemlisky s’incarne au cœur de l’océan d’un tutti orchestral grondant. Les pupitres parfois confondus se personnalisent comme la sirène émerge. Atmosphère inquiétante puis brillante ou vénéneuse, emportés par les paroxysmes de leur partition, les musiciens se penchent, se redressent de decrescendos en crescendos exaltés.

    En sonorités et jeux de timbres clairement dessinés sous la baguette de Juraj Valcuha, la narration suit son cours. Cordes et vents de l’Orchestre de Paris déroulent en parfaite homogénéité les images surexposées de ses phrasés. Une interprétation qui met en valeur le sens de la forme et la fantasmagorie du poème symphonique d’un compositeur meurtri quand il l’écrit.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 06/02/2013
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Juraj Valcuha avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la salle Pleyel, Paris.
    Zoltán Kodály (1882-1967)
    Danses de Galánta
    Serge Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, op. 16
    Yuja Wang, piano
    Alexander von Zemlinsky (1871-1942)
    La Petite Sirène
    Orchestre de Paris
    direction : Juraj Valcuha

     


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