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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Récital du contre-ténor Max-Emmanuel Cencic dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Grand art vocal

Dans un répertoire très ciblé où il ne cesse de s’affirmer au plus haut niveau, le contre-ténor Max-Emanuel Cencic fait une somptueuse démonstration d’art vocal. Avec l’appui de l’ensemble Europa Galante de Fabio Biondi, il fait preuve d’autant de musicalité que de virtuosité. Une salle comble lui fait un triomphe.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/02/2013
Gérard MANNONI
 



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  • Il faut certes aimer ce répertoire qui fut celui de l’Italie des Castrats et donc d’un goût fanatique pour la virtuosité vocale dont les excès finirent, comme toujours, par engendre la décadence. Reconnaissons à Max-Emanuel Cencic le mérite d’avoir inséré dans son programme quelques airs où sensibilité, lyrisme sans fioritures et pureté du phrasé restent les éléments de langages essentiels.

    Servi par un timbre de mezzo d’une qualité vraiment remarquable par sa texture, sa couleur et son côté charnel, il a pu montrer qu’il est non seulement un grand maître de la pyrotechnie vocale baroque mais un musicien sensible, capable de faire passer l’émotion par la seule qualité du modelé de la phrase, ses inflexions, ses couleurs, même si la voix de contre-ténor n’offre pas en ce dernier domaine toutes les possibilités de celle du mezzo féminin.

    Reconnaissons-lui aussi le mérite bien appréciable de n’avoir pas reproduit le programme de son dernier – et excellent – disque chez Virgin dont seulement deux airs figurent à l’affiche ce soir.

    L’art d’agilité, Max-Emanuel Cencic le maîtrise avec éclat, comme beaucoup de ses collègues, d’ailleurs. La technique du contre-ténor s’y prête, mais encore faut-il savoir trouver le juste équilibre entre un phrasé trop lié qui donne l’impression de savonner et un style trop instrumental qui détache chaque note d’un ornement de manière excessive en un staccato permanent.

    Ne reprocha-t-on pas jadis à une Stich-Randall d’être trop instrumentale face une Berganza qui représentait une sorte d’idéal dans le legato non savonné ? Cencic est une sorte de perfection en la matière, juste assez articulé dans les vocalises les plus folles pour que tout soit perceptible, juste assez lié pour que la phrase musicale n’y perde rien en signification.

    Car c’est bien l’écueil de ce type d’écriture vocale qui fut la folie des Vénitiens et des Napolitains. Il peut vite engendrer une lassitude, un vertige qui ne racontent plus grand chose à la sensibilité, que de l’admiration pour de l’acrobatie vocale. C’est d’ailleurs ce qui mena ce type d’écriture à se décadence et à sa disparition.

    Avec Cencic, qu’il s’agisse de Scarlatti, de Haendel, de Gasparini ou de Vivaldi, la musique est toujours présente et l’ornement déchaîné exprime autant qu’il est possible de la faire alors. Les couleurs jamais criardes du timbre y sont pour beaucoup, mais aussi un sens de l’inflexion, de la projection du mot, dès que cela est rendu possible.

    L’articulation sert d’appui, de jalon, qui permet à la phrase musicale d’avancer toujours même après s’être égarée sur des chemins riches en fioritures. Le chanteur sait remarquablement utiliser cela. D’autant que, dans les pièces orchestrales qui s’intercalent entre les airs et dans les accompagnements, Fabio Biondi et ses musiciens apportent aussi l’atout d’une approche musicale des plus raffinées et des plus pures.

    Dans leurs interventions sans le soliste, on retiendra en particulier le Concerto pour viole d’amour et luth RV540 de Vivaldi et la suite extraite du Rodrigo de Haendel, une merveille de finesse, de couleur, de vérité rythmique et sonore.

    Gros succès, naturellement. Un très léger regret pourtant, celui que ce chanteur qui sait être aussi un excellent acteur, ne trouve pas au concert une gestuelle plus adaptée à ce qu’il interprète que ces gestes de la main et des bras, qui soulignent les courbes de la voix de la voix mais n’expriment rien.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/02/2013
    Gérard MANNONI

    Récital du contre-ténor Max-Emmanuel Cencic dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Broschi, Scarlatti, Vivaldi, Gasparini
    Max-Emanuel Cencic, contre-ténor
    Europa Galante
    direction : Fabio Biondi

     


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