altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2018

Nouvelle production de Ciboulette de Hahn dans une mise en scène de Michel Fau et sous la direction de Laurence Equilbey à l’Opéra Comique, Paris.

Ciboulette fait un tabac
© Elisabeth Carecchio

Voilà un spectacle qui fait l’unanimité. Musique de Reynaldo Hahn délicieuse et bien interprétée, mise en scène de Michel Fau alerte et drôle, interprètes réjouissants. Cette nouvelle production de Ciboulette à l’Opéra Comique donne un coup de jeunesse et de dynamisme aux salles lyriques parisiennes, et à un genre souvent jugé désuet.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 16/02/2013
Nicole DUAULT
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Transcendantal

  • De l’anxiété à l’extase

  • Mahler en finesse

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Un brin d’air : c’est ce que l’on ressent à l’écoute de Ciboulette à la salle Favart. Michel Fau, comédien et metteur en scène proche d’Olivier Py dont il a capté la fulgurance, réalise une production apparemment simple et sympathique mais qui recèle plein de clins d’œil. Exquise, cette référence aux Halles de Baltard derrière lesquelles se profile Saint-Eustache. Le décor est en noir et blanc puis en sépia et enfin en couleurs, avec des costumes éclatants.

    Commandée par le librettiste Robert de Flers au compositeur Reynaldo Hahn (1874-1947), l’opérette écrite en 1923 se voulait un hommage à Offenbach et à Charles Lecocq mais survenait au moment où naissait la comédie musicale américaine. Ciboulette est la réponse française à un art qui allait submerger la musique légère. Mais que de charmes à cet ouvrage : quatre-vingt-dix ans après sa création, il ré-enchante le genre de l’opérette jugé souvent obsolète.

    Quoi de séduisant aujourd’hui dans la rencontre improbable d’une jolie maraîchère et d’un aristocrate benêt à la Belle Époque ? C’est la saveur d’un texte et d’une musique ravissante. Le texte a été modernisé avec tact et intelligence, sans aucune vulgarité. Le metteur en scène Michel Fau n’a pas résisté au plaisir d’être sur scène.

    Travesti, il est une sorte de Castafiore, la comtesse de Castiglione qui chante (faux) une mélodie de Hahn : dans une immense robe à crinoline vert pomme, il entraîne l’hilarité. À son égal, Jérôme Deschamps, le directeur de l’Opéra Comique, perruque rousse et allure de Monsieur Loyal, incarne avec verve et drôlerie… un directeur d’opéra. Quant à la comédienne Bernadette Lafont, elle campe une malicieuse diseuse de bonne aventure.

    Les autres interprètes sont aussi allègres. En tête la soprano Julie Fuchs, Victoire de la musique 2012, qui s’épanouit dans le rôle-titre et possède un abattage de star comme on l’avait déjà constaté au Châtelet en Maria de The Sound of Music. On peut d’ailleurs goûter sa voix raffinée dans un tout autre registre, sur un disque de tendres mélodies de jeunesse de Debussy et de Mahler qui vient de sortir (Aparte).

    Elle forme un couple allègre avec le bêta Antonin interprété par le jeune ténor Julien Behr. À leurs côtés, le baryton québécois Jean-François Lapointe est romantique et émouvant quand il rappelle que, dans sa jeunesse, connu sous le prénom de Rodolphe, il avait été l’amant d’une certaine Mimi. C’est un focus sur le texte des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger, et bien sûr l’opéra de Puccini.

    Celle qui surprend le plus, c’est la chef Laurence Equilbey. On lui connaissait un goût ravageur pour la musique contemporaine qu’elle dirige avec maîtrise. Elle met une rigueur identique dans les mélodies rythmiques de Hahn qui se déploient sous sa baguette avec succulence. Le chœur accentus et l’Orchestre de Toulon s’enflamment aussi.

    Cette réussite est aussi celle de la première Académie de l’Opéra Comique qui forme, depuis cette saison, des chanteurs de moins de trente-cinq ans pour ce répertoire. Enfin, Laurence Equilbey et Michel Fau ont innové en faisant chanter la salle. Pas n’importe comment : une heure avant chaque représentation, les spectateurs sont conviés à une leçon de chant.

    Sous la direction du chef des chœurs, Christophe Gapperon, ils apprennent les deux airs principaux de l’opérette dont la Valse de Ciboulette : Amour qui meurt ! Amour qui passe ! Amour fragile, tendre et chaud. Et un peu plus tard, la salle reprend à la suite des solistes. Cette initiative de faire chanter le public, si fréquente en Allemagne, n’est guère dans nos habitudes. Elle fait un tabac.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 16/02/2013
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Ciboulette de Hahn dans une mise en scène de Michel Fau et sous la direction de Laurence Equilbey à l’Opéra Comique, Paris.
    Reynaldo Hahn (1874-1947)
    Ciboulette, opérette en trois actes et quatre tableaux (1923)
    Livret de Robert de Flers et Francis de Croisset
    accentus
    Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon
    direction : Laurence Equilbey
    mise en scène Michel Fau
    décors : Michel Fau & Citronelle Dufay
    costumes : David Belugou
    éclairages : Joël Fabing

    Avec :
    Julie Fuchs (Ciboulette), Jean-François Lapointe (Duparquet), Julien Behr (Antonin), Jean-Claude Sarragosse (Monsieur Grenu), Guillemette Laurens (Madame Grenu), Bernadette Lafont (Madame Pingret), Michel Fau (La Comtesse de Castiglione), Jérôme Deschamps (le directeur d’opéra).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com