altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2014

Concert du Quatuor Borodine accompagné par le pianiste Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.

Miracle d’équilibre
© Alvaro Yanez

Un grand concert de musique de chambre slave succédait à la venue du Berliner Philharmoniker dans une salle Pleyel au public rajeuni, plus tousseur mais très concentré, avec une alliance de très haut niveau avec des artistes moscovites, le Quatuor Borodine et un habitué de Pleyel, le pianiste Boris Berezovsky.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 28/02/2013
Olivier BRUNEL
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Besançon 2014 (2) : In Paradisum

  • Besançon 2014 (1) : Un vent de fraîcheur

  • Inoubliable Kissin

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Une grande heure de musique de chambre, n’est-ce pas la dose idéale pour maintenir, face à une musique d’une immense densité comme le sont les quintettes avec piano de Dvořák et de Chostakovitch, une concentration soutenue ?

    C’est ce qu’offraient cinq Russes, l’immense soliste qu’est Boris Berezovsky que le public parisien à la chance de pouvoir entendre très souvent notamment dans d’époustouflants récitals Liszt et Chopin, et le Quatuor Borodine, ex-Quatuor du Conservatoire de Moscou, né en 1945 et interprète privilégié de Dmitri Chostakovitch avec qui se sont produits les plus grands pianistes russes, notamment Sviatoslav Richter, interprète historique du Quintette pour piano et cordes de Chostakovitch, plat de résistance de ce concert.

    On sait que ces concerts qui réunissent des musiciens très demandés et occupés à voyager tout au long des saisons souffrent presque toujours d’un manque relatif de répétition et qu’il arrive très fréquemment qu’une œuvre soit sacrifiée au profit des autres. C’était le cas du Quintette pour piano et cordes en la majeur de Dvořák qui ouvrait ce programme.

    Très prudent dans ses interventions et ne mettant toujours en valeur pas sa magnifique sonorité, Berezovsky entre à pas de loup dans l’Allegro initial et même assez timidement aussi dans la sublime introduction de la Dumka qui suit. En revanche, le Quatuor Borodine, réglé comme une horloge suisse et jouant dans un unisson plus que parfait, mène ce parcours aux parfums slaves et bohémiens et aux rythmes étonnement modernes (l’œuvre date de 1888) avec maestria.

    C’est certainement du fait que Chostakovitch débutait relativement dans la musique de chambre (il n’avait à l’époque de la Huitième Symphonie composé qu’un seul quatuor) que l’on doit la forme classique de son Quintette pour piano et cordes en sol mineur de 1940. Créé à Moscou par le compositeur et le Quatuor Beethoven qui le lui avait commandé, cette œuvre qui lui valut l’an suivant le Prix Staline est traditionnellement le cheval de bataille des plus grands pianistes russes.

    De fait, le piano y est plus que dans les œuvres comparables romantiques le patron et doit soutenir comme une colonne vertébrale la construction de toute l’œuvre. La tentation de l’excès de personnalité est souvent grande, mais Boris Berezovsky ne donne pas dans ce travers, restant d’un bout à l’autre dans une discrétion efficace et attentive à faire briller les membres de ce superbe quatuor.

    L’ombre de Bach plane plus d’une fois dans cette musique, notamment dans ses deux premiers mouvements. L’interprétation et l’équilibre des pupitres, eux, frisent plus d'une fois le miraculeux, notamment dans la longue fugue, et le Scherzo est un modèle de virtuosité instrumentale et de retenue. Une grande soirée de musique pure.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 28/02/2013
    Olivier BRUNEL

    Concert du Quatuor Borodine accompagné par le pianiste Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Quintette pour piano et cordes en la majeur op. 81
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Quintette pour piano en sol majeur et cordes op. 57
    Boris Berezovsky, piano
    Quatuor Borodine
    Ruben Aharonian, violon I
    Sergei Lomovsky, violon II
    Igor Naidin, alto
    Vladimir Balshin, violoncelle

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com