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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.

Retenue et lyrisme
© Daniel Regan

Retenue, intériorité, gravité : fascinante, l’expressivité du violoniste Leonidas Kavakos dans le Concerto de Sibelius est aussi unique en son genre. Paavo Järvi en avait été le complice inspiré avant de donner avec un Orchestre de Paris au mieux de son homogénéité une magnifique ampleur à la Troisième Symphonie de Brahms.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 25/04/2013
Claude HELLEU
 



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  • La première phrase s’élève haut, très haut, droite et impalpable. La pureté du son tient du miracle. Leonidas Kavakos perpétuera cet état de grâce tout au long du Concerto pour violon de Sibelius. Sous un éclairage rare, unique est son expressivité dans cette œuvre qu’il interprète comme nul autre – et souvent, suite à sa victoire au Concours Sibelius à dix-huit ans.

    De son interprétation, très intériorisée, émane une pulsion douloureuse dont la pudeur approfondit la puissance. Le monologue de l’Allegro initial confie le drame de son isolement, l’exalte dans une cadence d’une exceptionnelle noblesse. Aigus évanescents, pianissimi tels des murmures, arpèges sobrement éblouissants portent la respiration visionnaire.

    La longueur de l’archet rejoint l’infini, l’articulation confondante lit les moindres détails d’une partition aux épanchements, jaillissements, emportements et acrobaties complexes. Passionnante lecture, à laquelle l’orchestre ajoute sa voix menaçante. Sous la direction de Paarvo Järvi, d’une attention permanente au soliste, leurs protestations et défis plus ou moins confrontés réussissent à fusionner, désespoir enfin vaincu.

    Les bois, puis les cors et le violon s’engagent main dans la main sur le chemin angoissé de l’Adagio. Supplique ou méditation magnifiées sous l’archet, la grandeur habite l’errance ainsi commencée. Les incroyables pianissimi découvrent des mondes insoupçonnés, le son étiré au-delà du silence où il s’évanouit peu à peu.

    Même dans l’Allegro final et ses ardeurs, Kavakos se refuse à la force. Sait se faufiler dans l’orchestre, s’y fondre, en émerger avec cette élégance suprême de la simplicité. Jeu où les vertiges se tissent à un dépouillement magistral dans une entente avec l’orchestre qui tient de l’enlacement.

    Héroïque, selon le surnom que lui avait donné Hans Richter, mais pas seulement, la Troisième Symphonie de Brahms dégage son plus beau lyrisme au fil de ses épisodes. Chant de la clarinette, puissance du tutti orchestral, expressivité des violoncelles et altos liée à celle des vents… l’engagement de l’Orchestre de Paris suscite un Allegro con brio irrésistible. Couleurs vives ou automnales, élans et douceur s’y mêlent dans une cohésion parfaite.

    Les bois planent sur la sérénité de l’Andante. Union des bassons aux clarinettes, rayonnement des violons, homogénéité acquise, sous la direction de Järvi la clarté des pupitres donne à entendre toute la richesse des harmonies et des nuances d’une partition ici musique de chambre.

    Portée par les violoncelles, la célébrissime mélodie du Poco allegretto s’élève inquiète et paradoxalement sereine, reprise par les violons, puis les bois, le cor et un hautbois délicieusement sensibles à sa douceur avant le flamboiement des cordes.

    Tranche alors le climat de l’Allegro final, sombrement mystérieux. Solennelle est l’énergie combattive qui galvanise alors les musiciens pour en vaincre l’angoisse. Maîtres des explosions et des contrastes de la partition, tendus et passionnés, ils en magnifient la profonde humanité. La Symphonie en fa majeur de Brahms rejoint ce soir le panthéon de ses interprétations.

    Ce concert enthousiasmant avait débuté avec les Valses nobles et sentimentales de Ravel (écrites un an après la version pour piano). Attaquées par un orchestre qui n’avait pas encore trouvé sa chaleur, les deux premières valses pèchent d’une certaine confusion. Le ternaire jusqu’alors couvert s’affirme dans la troisième.

    Et les quatre valses suivantes s’enivrent dans l’audace de dissonances et chromatismes incendiaires, scandant des élans incisifs, sensuels, paroxystiques, avant le retour du calme dans l’Épilogue.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 25/04/2013
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Valses nobles et sentimentales
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Concerto pou violon en ré mineur op. 47
    Leonidas Kavakos, violon
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 3 en fa majeur op. 90
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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