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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2019

Nouvelle production des Pêcheurs de perles dans une mise en scène de Vincent Boussard et sous la direction de Patrick Davin à l’Opéra du Rhin.

Une pĂŞche sans miracle
© Alain Kaiser

Un Zurga devenu Bizet, un orientalisme concentré sur ce qu’il permet de dire de notre société, un plateau inégal mais engagé : projet stimulant que ces Pêcheurs de Perles de l’Opéra du Rhin, qui ne parviennent pas vraiment à émerveiller par une réalisation au fond pas très aboutie et un plateau au final guère inoubliable.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 28/05/2013
Thomas COUBRONNE
 



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  • On sait l’exotisme pĂ©rilleux quand il s’agit d’épaisseur dramatique, et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles les PĂŞcheurs de perles n’ont pas absolument les faveurs de la scène lyrique. C’est l’écueil que Vincent Boussard a voulu Ă©viter dans cette production chargĂ©e d’une discutable dimension biographique oĂą Zurga endosse rien moins que le rĂ´le de Bizet.

    Cela fonctionne dans une certaine mesure, le rôle y gagnant une profondeur et une force créatrice qui en font le décideur des péripéties de l’intrigue. La représentation n’est ainsi au fond que la répétition infinie d’une spirale de l’amour malheureux et une mélancolie assez habile se déploie au fur et à mesure du spectacle par la concentration du point du vue à travers le plus malheureux des trois amants. Le III y gagne une véritable ironie lorsque Zurga s’y observe dans une assez pâle imitation de Phèdre découvrant chez Racine que sa rivale est aimée

    Le piano trônant au centre de la scène, le décor en arcades, le hiératisme de certaines images et des mouvements du chœur, tout concourt à une impression de mise en abyme : c’est la société bourgeoise qui se fantasme une vie passionnée que le compositeur a sincèrement vécue et rejoue de manière cathartique pour le public. Au passage, la condition de la femme, tellement idéalisée qu’elle en devient un objet saint qui ne saurait avoir de sentiments, est soulignée par le costume archétypal de diva de Leïla et la manière dont elle est en permanence observée par Zurga, le chœur ou Nourabad.

    Malheureusement, de belles images – l’ouverture de rideau, les chutes de pages de musique lors de la tempête, le décor chaotique du III – ne suffisent pas à rendre réellement prenant un spectacle où non seulement la dimension biographique s’épuise – Leïla et Nadir n’y semblent souvent que des figurants –, mais où en plus le théâtre s’avère bien inerte, et si Étienne Dupuis tire son épingle du jeu avec une énergie assez éblouissante, la direction d’acteurs reste pâle ou conformiste.

    De la fosse n’émerge pas non plus une tension ravageuse, et la battue fluide de Patrick Davin, très française dans sa respiration, manquerait d’un peu plus de volontarisme rythmique, d’où une impression de désinvolture dans les passages arioso.

    Si les chœurs, assez prosaïques, ne sont ni d’une précision ni d’une diction captivantes, c’est surtout du côté des voix graves que l’on trouvera le moins à redire : Jean Teitgen offre à son Nourabad un timbre généreux de basse noble à la française convaincant dans un rôle au fond assez difficile à défendre, et surtout Étienne Dupuis, malgré un vibrato parfois un rien encombrant, campe un Zurga véritablement expressif, belle matière, projection idéale, français presque irréprochable, avec tout l’engagement dramatique qu’on attend de ce personnage ici central.

    Car le ténor de Sébastien Guèze se perd dans une émission appuyée, engorgée et dilatée, au détriment de la fluidité des passages – son air, expressif mais pas vraiment confortable – et de l’intelligibilité – pas de voyelles fermées ou presque. On jurerait entendre une voix plus légère imitant l’Alagna héroïque de ces dernières années.

    Annick Massis, quant à elle, émerveille par l'ambivalence de la voix, capable de nuances extrêmes, de legato et d’agilités, musicienne et dramatique – toutes qualités requises par ces rôles difficiles de l’opéra romantique français. Mais on décèle chez cette Leïla un fréquent relâchement technique dans un vibrato élargi, de l’air sur la voix, quelques notes craquées, des attaques et fins de sons imprécises, et un français intelligible mais pas franchement soutenu.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 28/05/2013
    Thomas COUBRONNE

    Nouvelle production des Pêcheurs de perles dans une mise en scène de Vincent Boussard et sous la direction de Patrick Davin à l’Opéra du Rhin.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Les Pêcheurs de perles, opéra en trois actes (1863)
    Livret de Michel Carré et Eugène Cormon

    Chœurs de l’Opéra national du Rhin
    Orchestre symphonique de Mulhouse
    direction : Patrick Davin
    mise en scène : Vincent Boussard
    décors : Vincent Lemaire
    costumes : Christian Lacroix
    Ă©clairages : Guido Levi
    préparation des chœurs : Michel Capperon

    Avec :
    Annick Massis (Leïla), Sébastien Guèze (Nadir), Étienne Dupuis (Zurga), Jean Teitgen (Nourabad).

     



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