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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Idomeneo de Mozart au Festival de Salzbourg

Mozart en plein choeur

Salzbourg s'achève sur une dernière nouvelle production, l'Idoménée de Mozart mis en scène par les époux Herrmann et dirigé par Michael Gielen, qui est surtout réputé pour son travail sur le répertoire contemporain. Un bouquet final mozartien réussi.

 

Kleines Festspielhaus, Salzburg
Le 23/08/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Idomeneo occupe une place essentielle dans l'Ă©volution de l'opĂ©ra. Pour la première fois depuis IphigĂ©nie en Tauride de Gluck, le choeur se voit attribuer par Mozart un rĂ´le de premier plan. Qu'il s'agisse des prisonniers Troyens ou des CrĂ©tois vainqueurs, les masses chorales font Ă©voluer l'action. Aussi faut-il une Ă©troite collaboration entre le chef et le metteur en scène pour permettre aux choeurs de jouer leur rĂ´le moteur au sein de la partition.

    Michael Gielen, à qui la musique d'aujourd'hui doit tant, a réussi à s'immiscer dans le travail d'Ursel et Karl-Ernst Herrmann, avec une complicité exemplaire, d'autant plus qu'il ne disposait pas d'un grand orchestre. En effet la Camerata Academica de Salzbourg a perdu en quelques saisons le bénéfice du travail réalisé par Sandor Vegh. Il aura fallu toute la persuasion de Gielen pour redonner aux cordes une cohésion mozartienne, et aux vents un semblant d'éclat.

    Les Herrmann, dès leur collaboration bruxelloise avec Gérard Mortier, se sont fait une spécialité de la relecture des oeuvres de Mozart, dans cet univers mi-onirique, mi-surréaliste qui est le leur. Mais jamais encore, quelque brillantes qu'aient été la Clemenza di Tito et la Finta Giardiniera, ils n'avaient atteint, avec un minimum d'effets, une telle intensité pour servir l'intrigue si tortueuse de l'ouvrage. Qu'on en juge plutôt : Idoménée, à son retour de Troie, est pris par une tempête. Seul rescapé, il tient à remercier Neptune en lui sacrifiant le premier homme qu'il verrait. Et c'est Idamante, son fils, qu'il rencontre. Mais ce dernier a contrevenu aux ordres paternels, en libérant la princesse troyenne Ilia, dont il est amoureux, alors qu'il devrait épouser Electre, fille d'Agamemnon. Le surnaturel s'en mêle avec l'apparition d'un dragon qui décime la région. Père et fils s'accusant à tour de rôle d'être les responsables de ce nouveau malheur, Ilia se propose comme victime expiatoire. Or Neptune – vrai deus ex machina – renonce au sacrifice proposé par Idoménée, mais destitue le roi en faveur de son fils qui peut épouser Ilia, au grand dam d'Electre, seule victime, en définitive.

    Dans un décor de toile qui, grâce aux éclairages, devient l'infini de l'horizon ou le coeur de la cité - peuple, en ombres chinoises, dansant avec un dragon fictif, comme pour annoncer l'apparition du vrai dragon – les Herrmann ont assimilé l'orchestre à l'action en faisant courir autour de la fosse un promenoir qui permet une plus grande fluidité des récitatifs, pendant les changements de scène.

    Une telle connivence entre les metteurs en scène, le chef d'orchestre et Vesselina Kasarova (Idamante) était obligatoire pour que l'on accepte aujourd'hui que ce rôle de prince amoureux soit tenu par un travesti. Yann Beuron a prouvé à l'opéra de Marseille le poids de vérité qu'un ténor pouvait apporter à l'action. Mais Kasarova est incomparable : elle ne joue pas, elle est un adolescent à la voix douloureuse. Autour d'elle, la distribution presque sans faille : Dorothea Röschmann campe une Ilia d'un lyrisme saisissant face à l'hystérie d'Electre, alias Luba Orgonasova. Dommage que Jerry Hadley manque franchement de relief dans le titre d'Idoménée. Quant au choeur Bach de Salzbourg, il fait merveille, et par son chant et par son jeu. Le tout réglé dans l'exigence et la simplicité par un Michael Gielen en grande forme.




    Kleines Festspielhaus, Salzburg
    Le 23/08/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Idomeneo de Mozart au Festival de Salzbourg
    Camerata Academica Salzbourg
    Salzburger Bachchor

    Direction musicale : Michael Gielen
    Mise en scène : Ursel et Karl-Ernst Herrmann
    décors et costumes : Karl-Ernst Herrmann
    Chef de choeurs : Howard Arman

    Avec Jerry Hadley (Idomeneo), Vesselina Kasarova (Idamante), Luba Orgonasova (Elettra), Dorothea Röschmann (Ilia), Mathias Klink (Arbace), Kurt Azesberger (le grand prêtre de Neptune), Mwangchul Youn (Neptune).

     


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