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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

War Requiem de Britten par le Chœur et l’Orchestre symphonique de Birmingham sous la direction d’Andris Nelsons au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une inquiétude partagée
© Marco Borggreve

Une ambiance religieuse régnait au Théâtre des Champs-Élysées pour accueillir le War Requiem de Benjamin Britten. Ce saisissant tableau des horreurs de la guerre, traduit avec une exceptionnelle acuité par les forces de Birmingham et le chef letton Andris Nelsons, semble en notre époque de conflits perpétuels d’une actualité inquiétante.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/06/2013
Olivier BERNAGER
 



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  • Hymne à la paix, le War Requiem de Britten fustige toutes les guerres. Dès les premiers accords du Requiem aeternam, un climat de désolation s’installe. Un glas émerge de l’orchestre, lancinant : le public retient son souffle.

    Cette émotion partagée par toute une salle sera soutenue jusqu’aux dernières mesures. Elle n’appartient qu’aux œuvres de haute spiritualité comme la Messe en si de Bach, la Missa solemnis de Beethoven ou le Requiem de Verdi lors de certaines exécutions exceptionnelles. La soirée de ce 8 juin est de ce niveau.

    Le plateau du TCE est presque trop petit pour accueillir l’orchestre, le chœur et les solistes mais, précisément, cette concentration favorise la puissance du message. La soprano Erin Wall est près du grand chœur, derrière l’orchestre comme l’exigeait Britten, et lorsque sa voix jaillit, elle incarne la pureté salie par la guerre.

    La Maîtrise de Radio-France est loin derrière, au balcon : une implantation qui rajoutera de la puissance à ses interventions, exceptionnelles d’intensité et d’une homogénéité impeccable sous la direction de Sofi Jeannin.

    Un demi-siècle après sa création le 30 mai 1962 en la cathédrale de Coventry enfin reconstruite après sa destruction totale en novembre 1940 par l’aviation allemande, le War Requiem possède toujours le même impact : il secoue profondément ses auditeurs et met tous ses musiciens dans une sorte de transe émotionnelle.

    Le génie dramatique de Britten s’exprime dans cette œuvre par l’osmose entre la rigueur liturgique de l’Office des morts mélangé aux poèmes bouleversants de Wilfred Owen, poète mort dans les tranchées de la Grande Guerre. Requiem de guerre selon son titre, mais surtout œuvre pacifiste incarnant les convictions profondes de son auteur.

    La gestique d’Andris Nelsons, à la fois précise et minimale, est fascinante. Le chef letton et directeur musical de l’Orchestre symphonique de Birmingham est à l’affut du moindre détail rythmique qu’il suggère du bout des doigts, sculptant littéralement les timbres en gestes éloquents mais discrets, et possède surtout une qualité d’attention presque intimiste à l’égard des chanteurs dont il laisse la voix se développer naturellement dans le tempo de la poésie, des mots et de l’émotion qu’ils suscitent.

    Les intonations et la couleur du ténor Mark Padmore ont quelque chose de surnaturel, il ose des pianissimi jusqu’à l’extrême extinction du souffle. La puissance alliée à la tendresse font du baryton Hanno Müller-Brachmann un personnage accablé par le poids de la guerre, et lorsque les deux soldats qu’ils incarnent se rejoignent dans le sommeil éternel du Libera me final, un vent glacial semble souffler dans la salle, juste avant le long silence que chacun s’est imposé après de telles émotions.




    Diffusion sur France Musique le mardi 2 juillet 2013 à 20h




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/06/2013
    Olivier BERNAGER

    War Requiem de Britten par le Chœur et l’Orchestre symphonique de Birmingham sous la direction d’Andris Nelsons au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    War Requiem, op. 66
    Erin Wall, soprano
    Mark Padmore, ténor
    Hanno Müller-Brachmann, baryton-basse
    Maîtrise de Radio-France
    préparation : Sofi Jeannin
    Chœur symphonique de Birmingham
    préparation : Simon Hasley
    Orchestre symphonique de Birmingham
    direction : Andris Nelsons

     


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