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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Concert du Pittsburgh Symphony Orchestra sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la salle Pleyel, Paris.

Le Héros

Le héros du concert donné par le Pittsburgh Symphony Orchestra a été celui-ci dans son interprétation du poème symphonique de Strauss, Une Vie de Héros. La direction impérative et attentive de Manfred Honeck en a sublimé les exacerbations après un concerto de Tchaïkovski frustrant avec la grande pianiste Yuja Wang.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 02/09/2013
Claude HELLEU
 



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  • Une vie de héros a été le grand moment de la soirée proposée par le Pittsburgh Symphony Orchestra, orchestre « par quatre » dans toute sa splendeur sous la direction de Manfred Honeck. Portée à ses sommets, l’œuvre de Richard Strauss nous emporte dans l’enchaînement de ses affirmations, de ses affres et de ses émerveillements.

    Esprit de conquête de l’attaque rapide, décidée, cors et cordes rejoints par des bois aussi expressifs. La belle aventure qui commence se heurte alors aux aigreurs de la flûte, coupante et pointue, reprise par le hautbois puis le tuba dans un climat sarcastique, avant que le merveilleux premier violon, La compagne du Héros, ne prenne la parole, séducteur, joyeux, espiègle, tendre, arrogant, en parfaite fidélité aux désirs du compositeur et au caractère versatile de Madame Strauss, est-il dit, et s’unisse à l’orchestre dans l’apaisement d’un amour partagé.

    Et c’est la fièvre de la bataille du Héros. La trompette, martiale, lance l’appel. La mêlée de vents et cordes qui s’ensuit fascine. Les personnalités des pupitres, fusionnels et toujours clairs, se lancent des projectiles de sonorités retentissantes aux superpositions rythmiques évidentes sous la direction précise et catégorique de Manfred Honeck. Le tutti de l’orchestre ramené à l’union n’en est que plus éclatant.

    Après ce cataclysme glorieux, Les œuvres de paix du Héros prodiguent d’autres étonnements. Les citations des œuvres précédentes du compositeur permettent un contrepoint savant ici coulant de source. Orage et angoisse les concluent.

    Le solo du cor anglais annonce la paix de La retraite du Héros et l’accomplissement. La pulsation des timbales, le chant résigné des violons, l’émotion idyllique au violon solo participent à la sagesse de cette conclusion d’une aventure menée de main de maître jusqu’à l’élévation d’un orchestre qui a osé en sublimer les exacerbations.

    Le concert s’ouvrait sur le Premier Concerto de Tchaïkovski, attendu avec la célèbre, l’irrésistible Yuja Wang, dont ces colonnes ont déjà loué les qualités exceptionnelles, tant musicales que techniques. La maîtrise impressionnante qu’a la jeune pianiste de son instrument, son aisance et sa sensibilité se présentent sous une silhouette de rêve, sortie d’un film de Wong Kar Waï, l’été favorisant les tenues légères. Menue et puissante, Yuja Wang nous avait impressionnés dans son corps à corps avec le Deuxième Concerto de Prokofiev au début de l’année. Le Concerto n° 1 de Tchaïkovski ne nous apporte pas le même bonheur.

    Les légers décalages de la soliste et de l’orchestre au début s’oublient vite, mais la recherche de leur interprétation affecte son lyrisme. Rubatos exagérés, lenteurs appuyées, alanguissements incongrus marquent une expressivité dont l’originalité ne convainc pas. Quand la virtuosité commande, l’éblouissement revient. Le dynamisme s’envole vers des épanchements lumineux.

    Après un deuxième mouvement où bois et piano semblent parfois au bord de l’évanouissement, le troisième mouvement ramène le plaisir sans réserve de ses bondissements joyeux, de ses piquants contretemps dont le spectateur suit avec délices le jeu de pédales sur les longues jambes nues aux talons aiguilles fascinants.

    Couleurs et densité du crescendo final, fanfares du Pittsburgh Symphony Orchestra en parfaite entente avec la pianiste aboutissent à l’apothéose attendue de leur triomphe, que les saluts plongeants de la jeune asiatique transforment en ovation.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 02/09/2013
    Claude HELLEU

    Concert du Pittsburgh Symphony Orchestra sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la salle Pleyel, Paris.
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1 en sib mineur op. 23
    Yuja Wang, piano
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ein Heldenleben, poème symphonique op. 40
    Pittsburgh Symphony Orchestra
    direction : Manfred Honeck

     


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