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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2018

Concert de rentrée de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi avec la participation de la violoniste Janine Jansen à la salle Pleyel à Paris.

Une rentrée de mille feux
© Mathias Bothor

D’un orage contemporain de Bechara el-Khoury aux Carmina Burana, la monumentale cantate profane de Carl Orff, les moments saisissants ont permis à l’Orchestre de Paris de briller de tous ses feux. Entre les deux œuvres, le Deuxième Concerto pour violon de Prokofiev par Janine Jansen offre un havre de calme un peu fade.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 11/09/2013
Claude HELLEU
 



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  • Le programme du concert de rentrée de l’Orchestre de Paris ne pouvait mieux mettre en valeur ses qualités techniques avec deux œuvres hautes en couleurs, tels des damassés lourds et chatoyants d’une belle épaisseur.

    La première, Orages, de Bechara El-Khoury, commandée par Paavo Järvi au compositeur, annonce son propos : ouverture de concert pour orchestre. Un bonheur particulier pour les cuivres et surtout le cor, dont Bechara El-Khoury confie aimer particulièrement le timbre poétique, en particulier dans l’aigu fortissimo, mais aussi les cordes, masses impressionnantes au rôle important dans cette violence imagée en gros plans clairement imbriqués, ponctuée d’épisodes reposants.

    À l’orchestre s’ajoutent ensuite le Chœur de l’Orchestre de Paris, non moins en grande forme grâce à son chef, Lionel Sow, la Maîtrise de Paris et trois solistes, Mari Eriksmoen, Max Emanuel Cencic et Ludovic Tézier pour des Carmina Burana à la hauteur de leur démesure.

    La diversité du manuscrit médiéval, découvert en 1803 dans le monastère de Bennediktbeuern inspira à Carl Orff le choix d’une vingtaine de textes dont la mise en musique témoigne d’une approche sensorielle des plus efficaces. Chansons d’amour, poèmes satiriques, invitations aux plaisirs de la boisson, du jeu, de la volupté, enchaînent leurs mélodies généralement construites à partir de formules brèves faciles à retenir.

    L’énergie rythmique dynamise le caractère populaire des répétitions, motifs pleins de vie où la pétulance le dispute aux renaissances de la nature. Avec une rigueur implacable, Järvi nuance aussi bien l’éloquence de ces Cantiones profanae qu’il exalte la vigueur de forte qui s’osent fracassants, moments étourdissants.

    Superbe unisson des pupitres et des chœurs, précis, enthousiastes, des solistes instrumentaux dont le chant s’élève ici et là. Quant aux solistes, ils personnalisent au mieux leurs interventions, Ludovic Tézier en tête, timbre chaleureux quelle que soit l’amplitude de sa partition. Dans la brève lamentation du Cygne, le contre ténor Max Emanuel Cencic oppose son léger vibrato, touchant, aux affirmations du précédent.

    Le soprano de Mari Eriksmoen s’épanouit dans toute sa féminité. De la célébrissime puissance du Prologue, O Fortuna, clamée par les deux chœurs, à l’épilogue qui rappelle que nul ne résiste au mouvement éternel de la roue de la Fortune, contrastes et élans ne faillent jamais au lyrisme de cet édifice monumental.

    Lien subtil entre les deux œuvres, un concerto évanescent. Janine Jansen sollicite une écoute attentive de son Concerto n° 2 de Prokofiev. La pureté du son qui s’élève de son Stradivarius (Crémone 1727) révèle la sensibilité de la jeune violoniste, mince et belle dans sa longue robe rouge éclatante parmi tous les noirs des musiciens.

    Mais l’intériorité d’un début inquiet ne se projette guère. La mélodie se développe joliment, sagement, ses harmonies peu présentes. L’articulation se perd dans la virtuosité. Dans sa reprise du basson, le violon manque de caractère. Qu’expriment les pizzicati, impeccables, qui concluent ce premier mouvement ?

    Quelle que soit sa finesse, l’Andante assai mériterait des couleurs un peu plus vives. C’est la flûte qui mène le dialogue avec la soliste, c’est le cor qui nous ravit après les graves d’un violon toujours sur la réserve. L’Allegro ben marcato n’est guère mieux personnalisé.

    Paavo Järvi a beau retenir l’orchestre, Janine Jansen n’impose pas des attaques brèves, un rythme un peu raide, mais qui s’entendent enfin, l’opposition de ce troisième mouvement aux deux précédents n’étant pas pour autant soulignée.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 11/09/2013
    Claude HELLEU

    Concert de rentrée de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi avec la participation de la violoniste Janine Jansen à la salle Pleyel à Paris.
    Bechara El-Khoury (*1957)
    Orages, op. 93
    Serge Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour violon n° 2 en sol mineur op. 63
    Janine Jansen, violon
    Carl Orff (1895-1982)
    Carmina Burana
    Mari Eriksmoen, soprano
    Max Emanuel Cencic, contre-ténor
    Ludovic Tézier, baryton
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Maîtrise de Paris
    préparation : Patrick Marco
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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