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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2018

Concert d’ouverture du festival Musica 2013 au Palais de la musique de Strasbourg.

Masses bruiteuses et pianos en folie
© Éric Mathon / MITI

Grande forme pour la musique contemporaine ! Dès son ouverture, la trentième édition du festival Musica de Strasbourg montre exubérance, vitalité et enthousiasme avec trois créations, deux mondiales et une française, dues à Marc Monnet, Yann Robin et Georg Friedrich Haas. On se régale notamment de mouvement, imprévus… pour orchestre, violon et autres machins.
 

Palais de la musique, Strasbourg
Le 20/09/2013
Nicole DUAULT
 



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  • Le compositeur Marc Monnet (67 ans), agitateur en chef depuis quarante ans, ne s’est pas assagi l’âge venu. Il est toujours assoiffé de nouveautés, d’humour et d’incongru. Les titres de ses œuvres parlent pour lui, comme Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu, créé en 2010, qui est devenue une pièce chorégraphique de Jean-Claude Maillot à Monaco.

    Il ouvre Musica 2013 avec mouvement, imprévus… pour orchestre, violon et autres machins. C’est diaboliquement écrit, notamment pour le violon de Tedi Papavrami qui n’a jamais autant mérité le titre de virtuose que dans cette œuvre aux difficultés himalayennes. Il n’y a pas que le violon. La partition fourmille de références, d’audaces, de pieds de nez à la tradition, multipliant l’intervention de ces machins qu’évoque Monnet.

    Cela va de la machine à vent aux grelots et au coup de pistolet qui surgissent au moment où on les attend le moins. C’est drôle, bien fait et remarquablement exécuté par le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg. En entendant pour la première fois cette pièce symphonique, on est surpris : il faudrait au moins une seconde écoute. Marc Monnet n’en dit-il pas tout autant et plus brièvement dans ses anciens et fort beaux quatuors à cordes ?

    Monumentale est la partition aux quatre-vingt-quinze portées de Yann Robin. À 40 ans, ce compositeur s’affirme comme l’un des grands de sa génération. Formé au jazz, il y a acquis spontanéité et effervescence. Sa création Monumenta, qui porte bien son nom, est architecturée en trois parties composées de masses bruiteuses qui se superposent, se démultiplient, glissent les unes sur les autres, s’entrechoquent dans une étonnante densité sonore. Robin travaille le son comme s’il s’agissait d’une pâte, d’une glaise, d’une matière. C’est fulgurant, et l’on sent qu’il a beaucoup à dire.

    Il faut un grand plateau pour accueillir Limited approximations de l’Autrichien Georg Friedrich Haas. Six pianos sont ajoutés à l’orchestre symphonique. Dans cette œuvre spectrale comme on en entendait tant dans les années 1970, les accords vont d’un piano à l’autre autant dans la douceur que dans la friction et parfois dans des télescopages hardis. Cela donne une œuvre certes passionnante mais au final assez attendue, un peu trop lisse et nécessitant beaucoup de moyens pour un résultat plutôt incertain.

    Belle ouverture cependant de Musica avec un bémol : l’Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg, que dirige depuis 2011 le chef français François-Xavier Roth, est menacé de fermeture à partir de 2016. Cet orchestre depuis 1945 a créé des œuvres de Ligeti, Stockhausen, Berio, Messiaen. Il paraissait indispensable à la vie musicale européenne. Dans ce land, l’une des régions des plus riches d’Allemagne et donc d’Europe, on se soucie beaucoup d’économies.

    Espérons que cela ne donnera pas de mauvaises idées à notre ministre de la Culture, Aurélie Filipetti qui assistait à ce concert. À ses côtés, se trouvait Rémy Pfimlin, président de Musica, qui est en outre le patron de France Télévisions où la musique contemporaine est totalement absente. Qui lui soufflera qu’à l’instar de D’art d’art, émission minuscule remarquablement présentée par Frédéric Taddei, quelques notes musicales d’aujourd’hui pourraient être distillées à nos contemporains et – qui sait ? – leur apporter de quoi adoucir les mœurs ?




    Palais de la musique, Strasbourg
    Le 20/09/2013
    Nicole DUAULT

    Concert d’ouverture du festival Musica 2013 au Palais de la musique de Strasbourg.
    Marc Monnet (*1947)
    mouvement, imprévus et… pour orchestre, violon et autres machins
    Yann Robin (*1974)
    Monumenta
    Georg Friedrich Haas (*1953)
    Limited approximations
    Orchestre de SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
    direction : François-Xavier Roth

     


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