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CRITIQUES DE CONCERTS 02 juillet 2020

Concert de l'Orchestre du Festival de Gstaad sous la direction de Kristjan Järvi, avec la participation de la violoncelliste Sol Gabetta à la Bourse du travail de Lyon.

Les aléas de la navigation
© Peter Rigaud

Après le concert exceptionnel de la Philharmonie russe, la série des Orchestres invités de l’Auditorium de Lyon continue avec cette fois l'Orchestre du festival de Gstaad. Si l'on apprécie une belle phalange orchestrale, les choix interprétatifs du chef estonien Kristjan Järvi convainquent diversement suivant le répertoire.
 

Bourse du travail, Lyon
Le 03/10/2013
Benjamin GRENARD
 



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  • L'Auditorium de Lyon fait décidément, en ce début de saison, la part belle aux orchestres invités et aux violoncellistes. Quelques jours à peine après la prestation de la Philharmonie russe et du violoncelliste Alexander Kniazev, c'est au tour de l'Orchestre de Gstaad et de Sol Gabetta d'investir la Bourse du travail en attendant la réouverture toute prochaine de l'Auditorium Maurice Ravel.

    Phalange honorable, l'Orchestre de Gstaad est ici dirigé par Kristjan Järvi, nom qui évoque désormais pour beaucoup une grande lignée de musiciens estoniens. À chacun sa personnalité cependant : le fils de Neeme et frère de Paavo, réputé pour son éclectisme, apprécie tout autant la musique baroque que le rap.

    Si l'on peut certainement être un musicien estimable dans de nombreux répertoires, la richesse artistique et les accointances personnelles font qu'on ne peut pas briller partout de la même manière. Les chanteurs, dont la personnalité vocale ne s'affirme pleinement que dans des répertoires bien déterminés, le savent très bien.

    Quoi qu'il en soit, autant se munir de boussole et quadrant afin de naviguer dans le moindre recoin de Gaïa sans perdre le cap. Car, finalement, toute la question est là : si l'on échoue aux Bahamas au lieu des Indes, on y fera certainement de belles découvertes mais on ne ramènera pas les épices nécessaires qui font toute la saveur d'une gastronomie.

    D'autant que le programme de ce soir est largement pourvu en métaphores marines entre les Interludes marins de Peter Grimes et la Moldau de Smetana. Järvi est parfaitement à son aise, toujours proche de la couleur orchestrale idoine dans Britten. Une grande cohésion d'orchestre, un fondu quasi parfait entre violons et flûtes, le chef estonien livre une lecture très rigoureuse.

    S'il contient peut-être trop les couleurs solistes d'un orchestre qui manque déjà de velouté, la performance et les partis pris de lecture séduisent. Ils confirment le goût de Järvi pour le timbre juste, après une orchestration des Variations sur un thème de Corelli de Rachmaninov toujours convaincante, mettant en valeur le travail d'un Corneliu Dumbrâveanu qui réussit à rendre passionnant cet opus mineur.

    On sera moins convaincus des partis pris interprétatifs de la seconde partie. Les vapeurs romantiques de la Moldau sont complètement éludées, si bien que l’on passe à côté de la poétique particulière de cette pièce un peu galvaudée et pourtant magnifique, ici bien survolée.

    Mais c'est surtout dans le Concerto pour violoncelle d'Elgar que l'erreur de navigation ressort avec évidence. Car si l'on s'inquiète, aux premiers accords du violoncelle, d'un archet un peu court, c'est pourtant bien la jeune Sol Gabetta, seule maîtresse à bord, qui tient la barre. La conception du chef, trop verticale, fuit l'expressivité des grandes vagues orchestrales, laissant retomber les phrases la montée à peine ébauchée.

    Une approche frileuse qui manquerait de faire sombrer le navire si la douce et ferme expressivité de la violoncelliste, d'une magnifique égalité de timbre quel que soit le registre, n'était pas là pour soutenir chaque phrase jusqu'à la pointe de son archet. Si l'on regrettera globalement les aléas de la navigation, on restera tout de même charmé par de beaux moments d'harmonie que nous réserve le tandem capable de se fondre dans le silence dans une même conception temporelle.




    Bourse du travail, Lyon
    Le 03/10/2013
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre du Festival de Gstaad sous la direction de Kristjan Järvi, avec la participation de la violoncelliste Sol Gabetta à la Bourse du travail de Lyon.
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Variations sur un thème de Corelli
    Orchestration de Corneliu Dumbrâveanu
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Four sea interludes, extraits de Peter Grimes, op. 33a
    Bedrich Smetana (1824-1884)
    Vltava, poème symphonique extrait de Má Vlast
    Edward Elgar (1857-1934)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur op. 85
    Sol Gabetta, violoncelle
    Orchestre du Festival de Gstaad
    direction : Kristjan Järvi

     


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