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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2019

Concert de l’Orchestre national de Lyon sous la direction de Leonard Slatkin, avec la participation du pianiste Andreï Korobeïnikov à l’Auditorium de Lyon.

Académisme salvateur
© J. Marcus

Après un début de saison sous le signe des orchestres invités à la Bourse du travail, l'Auditorium de Lyon rouvre ses portes pour un concert consacré à Tchaïkovski avec l'OnL placé sous la direction de son chef principal, Leonard Slatkin. Une prestation contrastée où l'ennui cède la place à une Cinquième Symphonie bien construite et plutôt réussie.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 18/10/2013
Benjamin GRENARD
 



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  • On aura apprécié l'acoustique de la Bourse du travail, contrastant plutôt avantageusement avec celle de l'Auditorium Ravel. Dans cette dernière, la lisibilité de l'orchestre n'est pas toujours mise en valeur, l'appréciation du même concert variant suivant la place où l'on se trouve.

    Le halo sonore qui entoure la matière orchestrale suppose de se situer ni trop près ni trop loin de la scène. À défaut, l'audition n'est pas toujours confortable et on imagine aisément qu'il ne doit pas être toujours évident pour les interprètes de trouver la sonorité juste dans cette acoustique quelque peu opaque.

    Slatkin peine de fait à trouver l'équilibre dans la Marche slave, trop vite largement pourvue en grave. Le chef américain a déjà l'habitude de privilégier un orchestre un massif et une couleur un peu grise et impersonnelle dans laquelle trop de tuba grève rapidement l'ensemble. On reste sur sa faim devant une lecture sans éclat.

    L'impression est encore nettement aggravée dans le Premier Concerto pour piano, avec une entrée en matière qui s'appesantit mollement, et un discours abscons, difficile à suivre, dans tout le mouvement initial. L'ensemble manque d'étincelle et l'image sonore de l'orchestre ne trouve jamais sa consistance idéale, oscillant entre un matériau trop pesant, ou une matière à l'opposé trop filandreuse. L'attention est parfois difficile à soutenir, et là où, à défaut de passion, un discours didactique eût été nécessaire, rien de construit ne vient aider l'auditeur.

    Bref, l'ensemble pèche par un manque d'arêtes que ne vient pas vraiment compenser le pianiste Andreï Korobeïnikov, à la prose certes plus agile et construite, mais qui ne capte guère plus l'attention. Rien de pire que les routines d'un concert symphonique où tout le monde fait honnêtement son travail, mais où l'Esprit semble avoir littéralement déserté la salle.

    Heureusement, la seconde partie relève curieusement le niveau dans le même répertoire. Là où il se révélait un accompagnateur totalement inconsistant, Slatkin s'approprie au moins la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski. Certes, ce n'est pas la lecture du siècle, mais Slatkin livre une vision tout à fait acceptable, qui fait sens musicalement, et dans laquelle on ne s'ennuie jamais.

    Même si la matière reste assez impersonnelle, l'OnL retrouve ici un meilleur équilibre, une charpente mieux dosée. On reste parfois surpris par des ralentis ou accélérations peu naturels. Loin des visions hallucinatoires et hystériques telles que l'écriture peut le suggérer autant que d'une lecture distanciée, le chef américain cultive un romantisme quelque peu académique, mais suffisamment bien mené pour sauver le concert du naufrage annoncé en première partie.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 18/10/2013
    Benjamin GRENARD

    Concert de l’Orchestre national de Lyon sous la direction de Leonard Slatkin, avec la participation du pianiste Andreï Korobeïnikov à l’Auditorium de Lyon.
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Marche slave op. 31 (1876)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1 en sib mineur op. 23 (1875)
    Andreï Korobeïnikov, piano
    Symphonie n° 5 en mi mineur op. 64 (1888)
    Orchestre national de Lyon
    direction : Leonard Slatkin

     


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