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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Récital du pianiste Daniil Trifonov à l’Auditorium du Louvre, Paris.

Tendre et diabolique
© Dario Acosta

C’est au Louvre que Daniil Trifonov avait donné il y a un an, au concert de midi, son premier récital dans la capitale. Et c’est le soir qu’il y est revenu devant un public nombreux qui lui a réservé un accueil triomphal. Pour l’écouter, dans la salle rien moins que Martha Argerich et Renaud Capuçon, mêlés à la foule de ses admirateurs.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 23/10/2013
Olivier BRUNEL
 



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  • Dernière coqueluche du piano international, Daniil Trifonov, 22 ans, a remporté en 2011 le quasi grand Chelem du clavier : Premier prix du Concours Tchaïkovski à Moscou, Médaille de bronze du Concours Chopin à Varsovie et Premier prix du Concours Arthur Rubinstein à Tel Aviv. Festivals et capitales se l’arrachent déjà et Valery Gergiev le dirige régulièrement dans le concerto de Tchaïkovski gravé dans un des premiers titres de son label Mariinski.

    On a pu l’entendre il y a un an à la salle Pleyel dans ce concerto sous la direction du violoniste russe Nikolaj Znaider. Dès ses débuts, Martha Argerich, avait d’une phrase planté le décor : « Ce qu’il fait avec ses mains est techniquement incroyable. Mais c’est aussi son toucher, à la fois tendre et diabolique. Je n’ai jamais entendu rien de tel. » Difficile d’ajouter grand-chose !

    Sauf de dire que ce jeune russe possède tout ce qu’un pianiste peut souhaiter. La sonorité souveraine et d’emblée se projetant dans toutes les conditions acoustiques possibles : on l’a constaté à Verbier où il se produit autant dans une église que sous une salle de concert de type tente provisoire. La maturité autant artistique, étonnante chez un si jeune homme, que professionnelle, le système éducatif russe n’y étant probablement pas pour rien. Sa technique qui effectivement est diabolique comme son contact avec les œuvres qui peut par moments relever de la transe.

    Le programme de ce récital s’ouvre par deux extraits du premier livre d’Images de Debussy, avec des miracles de sonorité mais où l’affinité avec ce compositeur et ses mystères ne semble pas s’être encore accomplie. Belle mise en doigts cependant avant les 24 Préludes de Chopin qui sont l’un de ses chevaux de bataille.

    Pour les avoir entendus à Verbier dans des conditions instrumentales et acoustiques beaucoup plus hasardeuses, et aussi sur un CD (son premier d’un contrat avec Deutsche Grammophon) joués en février dernier au Carnegie Hall de New York, ce que l’on entend au Louvre est de loin plus exceptionnel, une de ces interprétations uniques où la progression dramatique de ces pièces s’enchaînant inexorablement avec une urgence dramatique époustouflante des premiers apparemment assez placides jusqu’à la course à l’abîme de l’ultime, prend à la gorge pendant une bonne demi-heure.

    On pouvait craindre que la seconde partie, les rares Études symphoniques de Schumann données dans leur totalité avec les études et variations posthumes, avec leur apparente rigidité formelle, fasse redescendre d’un cran le niveau d’intérêt. Aucunement !

    Et ce que fait Trifonov dans certaines études de la série posthume, en dépit de quelques minimes coquetteries de tempo, peccadilles et péchés de jeunesse, est aussi stupéfiant que les envolées lyriques de certains des préludes de Chopin. C’est l’illustration parfaite de ce que Martha Argerich a certainement voulu dire en qualifiant son toucher d’« à la fois tendre et diabolique ».

    On peut certainement sans exagérer parler de magie ! Quelques bis dont une Alborada del gracioso de Ravel un peu exotique dans son phrasé mais passionnante, et le final de l’Oiseau de feu de Stravinski, un festival de couleurs sur fond de prouesse technique.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 23/10/2013
    Olivier BRUNEL

    Récital du pianiste Daniil Trifonov à l’Auditorium du Louvre, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Reflets dans l’eau
    Mouvement
    Frédéric Chopin
    24 Préludes op. 28
    Robert Schumann (1810-1856)
    Études Symphoniques et Variations posthumes op. 13
    Daniil Trifonov, piano

     


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