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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Concerts du Gewandhausorchester Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly avec la participation du violoniste Julian Rachlin, du violoncelliste Enrico Dindo et du pianiste Arcadi Volodos à la salle Pleyel, Paris.

Brahms au sommet
© Gert Mothes

Une Symphonie n° 1 et un Concerto pour piano n° 2 inoubliables ont marqué à tout jamais le public des deux premiers concerts de l’intégrale des symphonies et concertos de Brahms donnée par le Gewandhausorchester Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly. Où, soliste du deuxième concerto, Arcadi Volodos s’est montré en totale osmose avec cet orchestre légendaire.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 27/10/2013
Claude HELLEU
 



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  • Musique pure, classicisme de son architecture, romantisme de ses flamboiements : transcendée par l’Orchestre du Gewandhaus sous la direction de Riccardo Chailly, la Première Symphonie de Brahms s’offre à nous ce soir dans toute sa beauté, le bonheur aussitôt né des premières mesures quand des timbales mystérieuses précèdent l’entrée de cordes au timbre saisissant.

    Suspensions interrogatives, pizzicato étouffé des contrebasses, énergie d’accords impérieux, tension d’une volonté conquérante, sourire de ses succès, magnétisme des rythmes décalés, fulgurances étourdissantes… les pupitres unissent leurs voix, leurs solistes s’aiment, hautbois et violoncelle, clarinette et cor nous ensorcellent. Poco sostenuto ou Allegro, le premier mouvement nous ravit corps et âme.

    Chaleur de l’Andante sostenuto. Sur le velours des cordes, les bois se promènent, inspirés. L’esprit règne, tel un Verbe incarné dans les phrasés lumineux. S’anime au fil de la grâce dansante de l’Allegretto grazioso. Et soudain se dramatise.

    Début tragique du Finale. Maintenant les pizzicati, pianissimo, le crescendo fiévreux des cordes, leur diminuendo insondable, la montée des bois, les silences abrupts, le choral de cuivres aux individualités fusionnelles accompagnent la progression dramatique de l’épopée brahmsienne.

    Sous l’incantation du cor et de la flûte tels ses grand prêtres, l’Orchestre du Gewandhaus en découvre sommets et profondeurs magnifiquement conflictuels. Au terme d’un tel voyage, la clameur d’un public bouleversé à l’égal des musiciens répond à leur ferveur.

    Un Double concerto pour violon et violoncelle très en deçà de ce qu’on peut en attendre a précédé cette symphonie d’anthologie. À côté d’Enrico Dindo au violoncelle, Julian Rachlin remplace Leonidas Kavakos souffrant. Quelle que soit l’attention que lui porte un violoncelle beaucoup plus présent, l’équilibre entre les deux archets fait cruellement défaut.

    La sonorité inégale du violoniste disparaît trop souvent en fin de phrase. La plénitude de l’orchestre souligne la disparité des trois partenaires malgré le respect témoigné par Riccardo Chailly à ses solistes.

    Ô temps, suspends ton vol… Autre événement le lendemain dès les premières notes du Deuxième Concerto pour pano. Le cor auquel s’allie le piano nous introduit dans l’un des plus grands concertos du répertoire. Et quand tous les pupitres se regroupent et qu’Arcadi Volodos se lance, c’est un soliste dans l’orchestre tel un prince parmi les siens tourné vers celui avec lequel il dialogue.

    Idéale fusion des phrasés partagés, complices ou parfois antagonistes, murmures, passion, exultation… le toucher capable de toutes les nuances pénètre le mystère d’un lyrisme aussi mystérieux qu’impétueux. L’aisance des rafales de traits, d’un martèlement d’accords d’une souple rigueur ou d’une fusée d’arpèges magnifie leur éloquence. On ne saurait extérioriser plus beau romantisme sous plus parfaite précision.

    La sombre véhémence de l’Allegro appassionato s’apaise dans l’Andante. Après la rébellion et l’anxiété, miracle de l’épure des sentiments alors confiée au violoncelle. Rêverie émerveillée de cordes que vient rejoindre le piano. Surtout ne rien hâter de cette contemplation et jouir de ses exultations avant l’Allegro grazioso. Que les rythmes bondissent ! Les accents tziganes, l’énergie, l’enjouement se marient dans un bonheur éblouissant. Arcadi Volodos, Riccardo Chailly et le Gewandhausorchester, complices d’une même euphorie, nous y entraînent, extasiés.

    Cet orchestre légendaire, qui depuis plus de deux cent cinquante ans règne à partir de Leipzig et depuis 2005 sous la direction de Riccardo Chailly, est ensuite mené par son chef dans l’atmosphère plus heureuse de la Symphonie n° 2 et révèle les trésors de sonorité de son instrumentation dans un climat pastoral.

    Légèreté et gravité s’épanouissent sous la majesté des cors, le chant des bois, les couleurs des cordes, l’union des pupitres, l’or des cuivres, la virtuosité de tous. La battue précise et formelle, le corps possédé, Riccardo Chailly galvanise des musiciens aux personnalités soudées pour le meilleur d’une expressivité lumineuse qui respire et se nuance au plus profond de ses élans.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 27/10/2013
    Claude HELLEU

    Concerts du Gewandhausorchester Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly avec la participation du violoniste Julian Rachlin, du violoncelliste Enrico Dindo et du pianiste Arcadi Volodos à la salle Pleyel, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre en la mineur, op. 102
    Julian Rachlin, violon
    Enrico Dindo, violoncelle
    Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 68
    Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83
    Arcadi Volodos, piano
    Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 73
    Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Riccardo Chailly

     


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