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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Concert de l’Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg sous la direction de Michael Gielen, avec la participation du violoniste Michael Barenboïm à l’Auditorium de Dijon.

Il faut sauver le soldat SWR
© Anne Kirchbach

Au cours d’un concert de tournée à Dijon, Michael Gielen, 86 ans bon pied bon œil, et l’Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg, menacé de fusion avec celui de la Radio Stuttgart, donnent une soirée d’orchestre en forme de plaidoyer pour la modernité, à travers le Concerto pour violon de Schoenberg et la Neuvième Symphonie de Bruckner.
 

Auditorium, Dijon
Le 19/12/2013
Yannick MILLON
 



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  • Leur apparition Ă  Salzbourg en aoĂ»t pour une Sixième Symphonie de Mahler dantesque s’était faite sous des banderoles annonçant le danger de leur disparition programmĂ©e. Rien de tel cet hiver Ă  Dijon, oĂą l’on se demande si les musiciens de la SWR n’ont pas fini par se faire une raison devant la catastrophe annoncĂ©e pour la musique assumant une mission bien Ă©loignĂ©e de celle, de plus en plus souhaitĂ©e par ceux qui tiennent les cordons de la bourse, de pur divertissement.

    Car ce soir encore, l’Orchestre de Baden-Baden und Freiburg se sera fait le meilleur soldat du répertoire le plus ardu, qui peut s’ouvrir à toutes les oreilles à condition d’être défendu par de vrais moyens et une vraie expertise. Pour preuve, le Concerto pour violon de Schoenberg, partition parmi les plus radicales produites par la Seconde École de Vienne, privée du contexte émotionnel prégnant du Concerto à la mémoire d’un ange de Berg, et que pour la première fois on parvient à suivre aisément d’un bout à l’autre.

    Il faut dire que Michael Gielen, créateur des Soldats de Zimmermann et du Requiem de Ligeti, n’a rien perdu de la lisibilité absolue de sa battue, en rien hésitante, offrant un cadre rythmique d’une clarté inouïe, guidant l’orchestre à travers toutes les chausse-trappes, toutes les embuches d’un langage pour le moins ingrat, en donnant presque au final l’impression du cadre formel habituel du concerto, à quelques digressions près.

    Mixtures de timbres typiques de la dernière période de l’auteur de la Nuit transfigurée, importance cruciale du silence, ruptures de tempo pleinement assumées, contrastes dynamiques fulgurants, la lecture se fait évidence, d’autant que l’archet de Michael Barenboïm, le fils de Daniel, excellent Konzertmeister du West Eastern Divan Orchestra, avance de mémoire avec une sûreté incroyable dans les dédales labyrinthiques de la partition.

    Avec un son parfois presque trop soigné dans le premier mouvement, le violoniste donne toutes ses lettres de noblesse à une œuvre qu’il se permet de faire chanter, ce qui aura certainement ouvert les oreilles d’une partie du public réfractaire a priori, si l’on en juge par l’excellent accueil réservé à cette exécution.

    Après l’entracte, Michael Gielen prend le temps de s’installer sur sa chaise haute avant de lever la baguette sur l’une des plus belles Neuvième Symphonie de Bruckner qu’on ait entendue : lente, marmoréenne, sans une miette de complaisance ni de chute de tension, toute de grandiose architecture, et mettant toujours en relief les détails d’écriture annonçant le siècle à venir – cuivres bouchés, doublures grinçantes, exacerbation des dissonances –, au point de donner ce soir l’impression que Bruckner est plus novateur que Mahler, mais en s’appuyant sur une pâte sonore de la plus belle tradition germanique, dense, juste assez compacte, loin des sonorités squelettiques doublant souvent les mises en exergue de modernité dans Bruckner.

    L’occasion de mesurer l’ampleur de la disparition programmée d’un orchestre qui, bien que de rang B en Allemagne, dépasse haut la main nos meilleures formations hexagonales dans ce répertoire. Avec une assise grave constante, contrebasses accrochées par des archets animés d’un vrai engagement physique, des pizz de début de mesure sonnant comme des piliers de cathédrale, des voix intermédiaires violon II-alto présentes et charnues, éclairant avec chaleur la polyphonie, l’Orchestre de la SWR sert la Neuvième avec toute la grandeur requise.

    Et si les vents ne sont pas forcément de premier calibre, sans doute trop anonymes au niveau individuel sinon inefficaces dans la masse, malgré des cuivres rougeoyants – la première trompette, les trombones –, l’ensemble possède une cohésion sonore admirable et une magnifique sonorité d’orgue, renforcée par la lame de fond d’excellentes timbales n’ayant pas peur de terminaisons bien enfoncées, s’épanouissant dans une acoustique de rêve, comme taillée sur mesure pour ce type d’effectif orchestral.




    Auditorium, Dijon
    Le 19/12/2013
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg sous la direction de Michael Gielen, avec la participation du violoniste Michael Barenboïm à l’Auditorium de Dijon.
    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Concerto pour violon op. 36
    Michael BarenboĂŻm, violon
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 9 en ré mineur
    SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
    direction : Michael Gielen

     


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