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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Nouvelle production d’Hamlet d’Ambroise Thomas dans une mise en scène d’Olivier Py et sous la direction de Marc Minkowski à la Monnaie de Bruxelles.

Digne de Shakespeare
© Hermann & Clärchen Baus

Apothéose d’une année lyrique 2013 boulimique, Olivier Py reprend à la Monnaie de Bruxelles son Hamlet d’Ambroise Thomas créé en 2012 au Theater an der Wien, digne de l’original du grand Will. Une réussite absolue magnifiée par le rôle-titre magistral de Stéphane Degout et la direction irrésistible d’un Marc Minkowski à son meilleur.
 

Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Le 22/12/2013
Monique BARICHELLA
 



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  • Coproduction entre le Theater an der Wien, où il a été créé avec succès en avril 2012, et la Monnaie de Bruxelles, l’Hamlet d’Ambroise Thomas clôt en majesté l’année lyrique suractive d’Olivier Py, qui nous a proposé alternativement le pire (le Trouvère à Munich) et le meilleur (Claude à Lyon, Dialogues des carmélites au TCE).

    Cet Hamlet confirme une nouvelle fois que la réussite des ses spectacles est indissociable des décors conçus par son inséparable collaborateur Pierre-André Weitz. A priori, il semblait présomptueux de mettre en scène l’Hamlet revu par Michel Carré et Jules Barbier comme s’il s’agissait du chef-d’œuvre de Shakespeare. Pourtant, Py et Weitz réussissent avec brio l’incroyable gageure réhabilitant définitivement un ouvrage toujours sous-estimé.

    L’extraordinaire dispositif scénique mouvant se transformant à vue continuellement nous installe dans les divers lieux d’une sorte de château lugubre, plus écossais que danois : escaliers, passerelles, arches, souterrains, caves, voutes se succèdent tour à tour, dans une atmosphère étouffante évoquant le cinéma expressionniste allemand.

    Décors et costumes, tout est uniformément noir et blanc, à l’unique exception d’étendards rouges agités par Laërte. Les superbes éclairages de Bertrand Killy renforcent le propos tandis que les costumes intemporels sont exactement dans le style des meilleurs spectacles shakespeariens qu’on apprécie outre Manche.

    Sans doute retrouve-t-on au fil du spectacle tous les fantasmes récurrents de l’univers de Py, mais ils trouvent cette fois une justification dramatique ou psychanalytique sinon dans l’ouvrage, du moins dans la complexité infinie du héros shakespearien tourmenté par ses démons. Que ce soit le Spectre masqué et torse nu, image quasiment omniprésente du père qui le hante, ou les rapports œdipiens avec Gertrude culminant dans une scène quasiment incestueuse où elle donne son bain à un Hamlet totalement dénudé.

    Dans ce contexte morbide, Stéphane Degout, totalement indissociable de la production, est un Hamlet égaré, fantomatique et schizophrène : dès son apparition, on le voit se lacérer jusqu’au sang le buste et les bras. Il est vocalement tout aussi superlatif : phrasé, musicalité, perfection stylistique sans égale. Dommage que la veille, Franco Pomponi, pourtant excellent dans le même emploi à Marseille, ait été en comparaison aussi décevant, totalement dépassé par la production.

    Jennifer Larmore, qui l’avait abordée avec succès au Met, est une Gertrude vamp, carnassière, mante religieuse au sourire sardonique, bien chantante et dans un bon français. Mais on est loin des accents alla Rita Gorr de la formidable Sylvie Brunet-Grupposo, qui justifie de voir aussi la seconde distribution, où Rachel Gilmore est une Ophélie délicate mais peu expressive. Lenneke Ruiten, qui remplace Sonya Yoncheva initialement prévue, a une voix fruitée et plus charnue, une jolie présence lui permettant de rendre justice au rôle sans pour autant le marquer.

    Enfin et surtout, Marc Minkowski n’a pas son pareil pour (re)donner ses lettres de noblesse à une partition injustement décriée du grand répertoire français. Comme pour ses Offenbach jubilatoires, comme avec les Huguenots de Meyerbeer in loco, son sens du rythme, des nuances, des couleurs, permettent à la musique d’Ambroise Thomas de s’épanouir, de briller par la richesse et l’originalité de son orchestration.

    Bravo aussi à l’Orchestre de la Monnaie, répondant aux intentions du chef et aux chœurs, impeccables ! Précisons enfin que Minkowski a choisi pour la scène finale un mélange habile de la version originale de Paris avec la toute fin de Covent Garden permettant de respecter Shakespeare et au metteur en scène de montrer Hamlet rejoindre Ophélie dans son cercueil.

    Le spectacle ayant été capté et retransmis, une parution DVD s’impose désormais et risque bien de devenir LA version incontournable de l’ouvrage.




    Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
    Le 22/12/2013
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production d’Hamlet d’Ambroise Thomas dans une mise en scène d’Olivier Py et sous la direction de Marc Minkowski à la Monnaie de Bruxelles.
    Ambroise Thomas (1811-1896)
    Hamlet, opéra en cinq actes (1868)
    Livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après le drame de Shakespeare
    Chœur et Orchestre symphonique de la Monnaie
    direction : Marc Minkowski
    mise en scène : Olivier Py
    décors & costumes : Pierre-André Weitz
    éclairages : Bertrand Killy
    préparation des chœurs : Faggiani Martino

    Avec :
    Franco Pomponi (21/12), Stéphane Degout (22/12) (Hamlet), Vincent Le Texier (Claudius), Sylvie Brunet-Grupposo (21/12), Jennifer Larmore (22/12) (Gertrude), Rachel Gilmore (21/12), Lenneke Ruiten (22/12) (Ophélie), Rémy Mathieu (Laërte), Jérôme Varnier (l’Ombre du roi), Henk Neven (Horatio / premier fossoyeur), Gjis Van der Linden (Marcellus / deuxième fossoyeur), Till Fechner (Pollonius).

     



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