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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Concerts du Philharmonia Orchestra sous la direction de Vladimir Ashkenazy avec la participation du pianiste Evgeny Kissin et du violoniste Vadim Repin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Atavisme russe
© Fred Toulet

De Piotr Ilitch Tchaïkovski à Vladimir Ashkenazy et sous sa direction quelque peu originale, l’âme russe est passée dans le Philharmonia Orchestra au cours de deux concerts à la flamboyance captivante auxquels Evgeny Kissin a participé avec un Concerto pour piano et orchestre n° 1 d’une exigence lyrique exemplaire.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/01/2014
Claude HELLEU
 



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  • Vladimir Ashkenazy est un grand chef d’orchestre qu’on ne saurait évoquer selon les critères habituels. Sa direction, aussi spontanée que passionnée, n’a cure de son maintien. Entré sur scène toujours courant, cet immense pianiste immobile dès qu’assis devant son clavier dirige de tout son corps devenu tel un instrument dont il semble jouer à la tête de ceux de l’orchestre. Passée la première gêne de ce qui peut paraître à certains de la gesticulation, on ne peut que sourire à un tel engagement.

    La battue à coups précis de la main droite quand torse et bras ne sont pas entraînés par la tête plus ou moins rentrée dans les épaules, sec, agile, nerveux, le petit homme aux cheveux blancs demeuré d’une jeunesse radieuse n’hésite pas à lever un pouce pour féliciter un soliste ou se pencher pour dire quelques mots au premier violon. Cette indifférence aux gestes enseignée ne nuit en rien à son osmose avec le Philharmonia, dont il a été nommé chef lauréat en 2000 après une déjà longue collaboration.

    Ouvert le premier soir par une ballade, le Voïévode, que son auteur avait reniée, le second par une ouverture de Roméo et Juliette tel un poème aux climats romanesques recréés et palpitants, les deux concerts qu’ils consacrent à Tchaïkovski rayonnent de leur entente. Sous l’impulsion parfois surprenante d’Ashkenazy, l’homogénéité des pupitres et l’aisance des solistes du Philharmonia se prêtent à la spontanéité d’un chef qui n’en pénètre pas moins les œuvres de son compatriote.

    Clarinettes et bassons au souffle presque saccadé personnalisent les couleurs sombres des murmures, doutes, plaintes, reproches annoncés par le compositeur dans l’Allegro initial de la Symphonie n° 5, irriguée du thème d’un destin inéluctable. L’échappée d’une Valse sage, la ferveur d’un Finale grandiose dont les accents dissipent les ombres angoissées de l’œuvre, semblent pourtant favoriser le triomphe de l’homme sur ce fatum, plutôt que la victoire de celui-ci.

    La Symphonie n° 4 relève d’une même inventivité dans l’articulation de certaines phrases, la mise en valeur de détails inédits. Lutte avec ce destin suspendu au-dessus de nos têtes plus obsédante, tristesse fuie dans le rêve, courte échappée avant que la frayeur s’impose, le pessimisme s’aiguise dans le Scherzo. Les arabesques capricieuses de la partition se donnent libre cours sous l’imagination d’Ashkenazy.

    L’expressivité des cordes en pizzicatos rejoint celle chantée aux bois ou scandée aux cuivres. La fatalité se confronte encore à la fête populaire du finale. Il existes des joies simples mais fortes, précise Tchaïkovski. Ce soir chef et orchestre en osent les excès et leur audace transporte un public que le sourire heureux et la simplicité d’Ashkenazy ont conquis.

    Concerto pour piano et orchestre n° 1 avec Evgeny Kissin : un bonheur sans partage. Éclatante entrée du Philharmonia, qui laisse aussitôt au pianiste. Densité, plénitude de la pénétration du piano sur toute sa tessiture. On connaît la puissance, la perfection technique, la musicalité de cet autre Russe.

    En avant de l’orchestre, fusionnel avec ses musiciens dans leurs dialogues comme dans la fièvre commune, la tendresse, l’enthousiasme, l’exaltation, il s’y intègre autant qu’il le domine. Les voix mêlées, voulues complices par un chef qui en a entendu chaque intervention du piano, jamais ne couvrent le héros d’un lyrisme dont la rare intensité s’appuie ce soir sur une rigueur transcendante.

    Le Concerto pour violon n’atteint malheureusement pas les mêmes sommets. Sans pour autant manquer à son ampleur, Vadim Repin, tout russe qu’il soit lui aussi, n’a pas renouvelé les prodiges de sa jeunesse. Mais avec le merveilleux chambriste que sait être Ashkenazy, l’émotion et la fougue sont au rendez-vous.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/01/2014
    Claude HELLEU

    Concerts du Philharmonia Orchestra sous la direction de Vladimir Ashkenazy avec la participation du pianiste Evgeny Kissin et du violoniste Vadim Repin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    7 janvier :
    Piotr Ilytch Tchaïkovski (1840-1893)
    Voyevoda, ballade symphonique op. 78
    Concerto pour piano et orchestre n°1 en si bémol mineur op. 23
    Evgeny Kissin, piano
    Symphonie n° 5 en mi mineur op. 64
    8 janvier :
    Romeo et Juliette, ouverture-fantaisie
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35
    Vadim Repin
    Symphonie n° 4 en fa mineur op. 36
    Philharmonia Orchestra
    direction : Vladimir Ashkenazy

     


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