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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2017

Récital Mozart de la soprano Edita Gruberova accompagnée par le Münchener Kammerorchester sous la direction de Douglas Boyd dans le cadre des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.

La fascinante longévité d’Edita Gruberova

Posséder encore pareils moyens après plus de quarante ans de carrière et à presque soixante-dix ans, même s’il n’est galant de le préciser, cela tient du prodige. Dans un beau programme tout Mozart, Edita Gruberova a prouvé qu’une forte technique intelligemment pensée peut prolonger une carrière avec éclat, même dans un répertoire acrobatique.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 25/01/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Il y eut toujours quelque chose d’un peu phénoménal dans la carrière d’Edita Gruberova. Vouée dès la fin des années 1960 aux Reines de la nuit, elle connut une période assez morne à Vienne après avoir quitté son Bratislava natal, puis surgit en Zerbinette dans l’univers Straussien avec un tel éclat que Karl Böhm, qui avait connu Strauss, dit regretter que le compositeur n’ait pas pu l’entendre.

    Elle régna alors, essentiellement en Europe, sur Mozart, Strauss, puis les romantiques italiens de manière le plus souvent inégalable, triomphant dans les grands festivals et les grands théâtres d’opéra… sauf à Paris où elle n’eut droit qu’à deux invitations en récital. Très appréciée dans les grands Donizetti et Bellini, elle chantait encore Norma en version de concert en 2010 au festival de Salzbourg, ce qui en dit long.

    Pour ce concert des Grandes Voix salle Pleyel, elle avait choisi Mozart, toujours prête à prendre tous les risques, mais bien sécurisée par l’excellent Münchener Kammerochester sous la baguette du dynamique Douglas Boyd. Après une Ouverture de Don Giovanni solidement structurée, tout commença par un Non mi dir de Donna Anna un peu incertain et fragile par instants, mais avec un beau phrasé et d’habiles vocalises.

    Six danses allemandes, et ce fut le tour de Traurigkeit, le premier air de Constance de l’Enlèvement au sérail, terrain moins accidenté permettant à la voix de finir de trouver ses marques. Car, après l’Adagio et fugue en ut mineur, la grande cantatrice nous gratifia d’un époustouflant Marten aller Arten, aux vocalises implacables et aux aigus aussi bien maitrisés dans la puissance que dans des douceurs diaphanes possibles grâce à un souffle inépuisable totalement sous contrôle.

    Après l’entracte et l’ouverture de Mitridate vint le très périlleux Qual tumulto extrait du même opéra. Plus aucune restriction alors. Comme l’Enlèvement au sérail, tout est en place sur toute la tessiture, avec vaillance, générosité, et une grande intelligence pour mettre en valeur ces nuances translucides dans l’aigu qui furent toujours la marque de fabrique de cette technique d’exception. Peut-être certains sons ont-ils ici ou là certaines duretés que la voix ignorait jadis, mais ce serait malséant de le souligner car vraiment, les qualités étaient dominantes.

    Sans doute la pratique des grands romantiques italiens a-t-elle aidé à cette voix à conserver sa vaillance mieux que certaines subtilités minimalistes, car l’air de Suzanne des Noces de Figaro paraît un peu moins adapté aux possibilités actuelles de la soprano, possibilités à nouveau déployées largement et sans restriction dans l’ultime air du programme, le Come scoglio de Fiordiligi dans Così fan tutte. Ici la tessiture est très vaste, il faut vocaliser du grave au contre-ut, et faire passer le double message parodique de l’air, caricature des excès de l’opéra seria italien et de l’instabilité de l’affectivité féminine. Magnifique !

    Et puis, comme si la démonstration n’était pas complète, pour remercier le public en délire, deux bis, deux fois le même, rien moins que le vaillant air d’Elettra d’Idomeneo. Qui dit mieux ?




    Salle Pleyel, Paris
    Le 25/01/2014
    Gérard MANNONI

    Récital Mozart de la soprano Edita Gruberova accompagnée par le Münchener Kammerorchester sous la direction de Douglas Boyd dans le cadre des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Don Giovanni, ouverture
    Crudele… Non mi dir (Don Giovanni)
    Six danses allemandes en sib majeur K. 606
    Welcher Wechsel… Traurigkeit (l’Enlèvement au sérail)
    Adagio et fugue en ut mineur K. 546
    Marten aller Arten (l’Enlèvement au sérail)
    Mitridate, ouverture
    Quasi tumulto… Soffre il moi cor con pace (Mitridate)
    Musique de ballet pour orchestre K. 366
    Giunse al fin il momento (les Noces de Figaro)
    Così fan tutte, ouverture
    Come scoglio (Così fan tutte)
    Edita Gruberova, soprano
    Münchener Kammerorchester
    direction : Douglas Boyd

     


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