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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Concert de l’Orchestre national de Lyon sous la direction d’Osmo Vänskä, avec la participation du flûtiste Jocelyn Aubrun à l’Auditorium de Lyon.

Vänskä ou la vibration spontanée
© Seppo Sirkka

Alors que Jaraj Valcuha était prévu pour diriger l'Orchestre national de Lyon dans la mouture originale du programme, c'est finalement Osmo Vänskä qui assura le concert. L'occasion pour le public lyonnais de découvrir un chef exceptionnel qui se produit rarement en France, au gré d'un programme parfaitement maîtrisé de bout en bout.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 23/01/2014
Benjamin GRENARD
 



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  • La prĂ©sence d'Osmo Vänskä est d'une telle raretĂ© dans nos contrĂ©es que le concert fait Ă©vĂ©nement ; le chef finlandais, laurĂ©at du concours de Besançon en 1982, reste parmi les chefs qui ont laissĂ© les tĂ©moignages en disque les plus intĂ©ressants ces quinze dernières annĂ©es. Et l'expĂ©rience en direct confirme largement cette impression d'exception.

    Car, dès les premières notes de Don Juan, on sent le grand musicien de concert, qui privilégie nettement l'immédiateté de l'expression, la spontanéité musicale au produit fini bien léché qui compose le quotidien de la salle de concert, souvent techniquement irréprochable mais pas toujours enthousiasmant.

    Vänskä joue la carte d'une énergie inépuisable et juvénile (celle de Don Juan mais aussi celle d'un Richard Strauss d'à peine 24 ans) où les bourrasques héroïques et impétueuses alternent avec des passages d'une sensualité extatique. Le chef finlandais entraîne l'auditeur dans une respiration haletante, sans relâche, d'une incroyable intensité jusque dans les dernières notes funèbres, sculptées de manière presque métronomique dans la glace.

    Retour à la mesure solaire du jeune Mozart après la démesure straussienne, où Vänskä se sent aussi à l'aise dans la transparence, animant toujours la moindre note d'une vie particulière, tout en respectant l'équilibre de l'écriture mozartienne. Le jeu de Jocelyn Aubrun, à la sonorité très pure, paraît parfois un peu figé en comparaison et l’on eût souhaité un égal rayonnement de présence entre soliste et orchestre. Le flûtiste de l'OnL est en revanche beaucoup plus à son avantage dans Syrinx de Debussy, donné en rappel, où les dernières notes de la partition s'égrènent lentement pour s'abîmer dans un ineffable silence.

    Le grand moment de ce concert reste cependant sans conteste la Symphonie du Nouveau Monde. Composée quelques années à peine après le beaucoup plus moderne Don Juan de Strauss, on y retrouve ici les mêmes qualités interprétatives et de spontanéité. Le chef finlandais insuffle constamment une direction à chaque note, n'hésitant pas à travailler les masses orchestrales de manière globale pour chauffer la matière sonore dans un sens toujours dramatique, ou au contraire hiérarchisant idéalement les plans sonores.

    Le mouvement lent constitue de ce point de vue un magnifique exemple : aux côtés des passages chorals qui s'ouvrent au fur et à mesure sur un espace de plus en plus large, le moindre détail orchestral trouve une place idoine et idéal musicalement : on songe notamment au magnifique contre-chant de clarinettes qui accompagne le célèbre solo de cor anglais.

    Dans ce rendu parfaitement transparent de l'Ă©criture comme dans la vie accordĂ©e Ă  chaque dĂ©tail, Osmo Vänskä achève de donner Ă  la plus cĂ©lèbre symphonie de Dvořák son Ă©nergie dramatique autant qu'Ă©minemment populaire. Un beau moment de recrĂ©ation en concert oĂą la matière sonore jouit d'une vibration spontanĂ©e.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 23/01/2014
    Benjamin GRENARD

    Concert de l’Orchestre national de Lyon sous la direction d’Osmo Vänskä, avec la participation du flûtiste Jocelyn Aubrun à l’Auditorium de Lyon.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Juan, op. 20 (1888)
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour flûte et orchestre n° 1 en sol majeur KV 313 (1778)
    Jocelyn Aubrun, flûte
    AntonĂ­n Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 9 en mi mineur op. 95, « du Nouveau Monde Â» (1893)
    Orchestre national de Lyon
    direction : Osmo Vänskä

     


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