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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Récital du pianiste Alexei Volodin à la salle Pleyel, Paris.

Un marathonien du clavier
© Marco Borggreve

Dans le cadre de la Société des Grands Interprètes, le pianiste russe Alexei Volodin subjugue lors d’un récital au programme impressionnant. Le jeu conquérant a magnifiquement édifié aussi bien que personnalisé un monument de la musique de clavier de Bach avant de susciter et pénétrer les climats d’un chef-d’œuvre de Ravel.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 27/01/2013
Claude HELLEU
 



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  • Une aria sobrement articulée ouvre la voie au parcours des Variations Goldberg que va suivre Alexei Volodin et nous à sa suite, subjugués. Dès la première variation, le jeu conquérant oppose, mêle et croise l’expressivité des deux mains. Elle n’aura de cesse au fil des trente variantes de l’aria initiale.

    Le temps est trop actif pour s’étirer. L’articulation exemplaire souligne, porte et orne avec une même décision l’inventivité des richesses harmoniques. Appuis solides, martèlements bondissants, lignes mélodiques limpides se chevauchent et s’affirment. Que les voix se combinent, alertes, ou se livrent des combats titanesques, elles parlent d’elles-mêmes.

    Altier, Alexei Volodin en fouille l’écriture sans qu’il soit besoin de les questionner. C’est aux plans sonores d’imposer leur noblesse, aux rythmes de susciter le plaisir, aux canons et aux fugues de nous fasciner, aux inventions de nous émerveiller, aux toccatas de nous éblouir. Il suffit de les mettre en valeur – et d’avoir les moyens pour ! Soit l’aisance, le naturel, l’évidence des arpèges, gammes, accords, répétitions de notes, traits de tierces et de sixtes prodigieux d’Alexei Volodin.

    Cette technique époustouflante, cette fluidité de la virtuosité au service du texte éclairent de mille volts les détails d’un monument dont rien ne nous échappe. De même la sobre pénétration de la Variation 25 détache, isolées mais liées, émouvantes mais toujours droites, les notes qui chantent la paix. Avant que l’éblouissante difficulté des variations 28 et 29 ne parachève une construction impressionnante et que la plus simple et populaire Variation 30 ne précède le retour de l’aria dans sa belle douceur.

    Fabuleux saut dans le réseau des harmonies instables et des lignes fluides du chef-d’œuvre de Maurice Ravel, Miroirs. Alexei Volodin enchaîne ses cinq plus ou moins courtes pièces sans jamais céder à la moindre complaisance lyrique dans l’évocation de leurs atmosphères infiniment changeantes. Sur toute l’étendue du clavier, l’ampleur de la palette sonore et la précision du toucher se refusent à des facilités affectives ou dilutions picturales, chaque doigt tel un pinceau rigoureux.

    Le jeu souple et volontaire du pianiste révèle ainsi l’écriture orchestrale des partitions, se faisant ici flûte ou basson, là batterie de timbales. Les bruissements de Noctuelles, ces papillons du crépuscule, la discontinuité des rythmes, les lignes superposées, les basses mouvantes des Oiseaux tristes, la houle capricieuse d’Une barque sur l’océan ignorent une recherche contraire à la grandeur de leur sensibilité. Le trait acéré, la netteté du staccato mêlent au tempo immuable d’Alborada del gracioso une frénésie ambigüe. La longue phrase continue de la Vallée des cloches, les subtiles modulations de ses dissonances assourdies, les résonances dilatées nous emmènent vers le recueillement d’une sérénité comblée.

    La Sonate n° 7 de Prokofiev était annoncée pour conclure ce programme marathon incroyablement riche et différencié. Défi par trop lourd ? Elle a été remplacée par l’Andante spianato et Grande polonaise brillante de Chopin. Sans aucune commune mesure avec ce qui l’avait précédé, elle témoigne d’une bravoure évidemment admirable.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 27/01/2013
    Claude HELLEU

    Récital du pianiste Alexei Volodin à la salle Pleyel, Paris.
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Variations Goldberg BWV 988
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Miroirs
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Andante spianato et Grande Polonaise brillante op. 22
    Alexei Volodin, piano

     


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