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CRITIQUES DE CONCERTS 09 août 2020

Nouvelle production de la Forza del destino de Verdi dans une mise en scĂšne de Martin KuĆĄej et sous la direction d’Asher Fisch Ă  l’OpĂ©ra de Munich.

La Forza toute laideur dehors
© Wilfried Hösl

C’est dans son fief munichois que Jonas Kaufmann aborde Alvaro de la Forza del destino aux cĂŽtĂ©s de sa soprano de prĂ©dilection, Anja Harteros, et d’un cast difficilement surpassable par les temps qui courent. HĂ©las, une fois encore, la soirĂ©e est gĂąchĂ©e par la vacuitĂ© d’une production aussi sotte que laide signĂ©e Martin KuĆĄej.
 

Nationaltheater, MĂŒnchen
Le 08/01/2014
Monique BARICHELLA
 



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  • De Dimitri Tcherniakov et Peter Konwitschny, de Richard Jones Ă  Christof Loy, de Calixto Bieito Ă  Carlus Padrissa, Krzysztof Warlikowski ou Martin KuĆĄej, qui occupe depuis 2011 le poste d’intendant du Residenztheater de Munich, le Bayerische Staatsoper s’est fait une spĂ©cialitĂ© de productions radicales parfois rĂ©ussies mais toujours dĂ©rangeantes.

    C’est ainsi que le Munichois Jonas Kaufmann, superstar maison, voit son premier Alvaro gĂąchĂ© par la totale indigence du propos de Martin KuĆĄej, qu’on a connu plus inspirĂ© et rigoureux (Lady Macbeth de Chostakovich en particulier) mais qui, ici, n’a strictement rien Ă  dire sur l’ouvrage ou les personnages.

    À l’exception d’une premiĂšre scĂšne cohĂ©rente, voire de l’ultime tableau sauvĂ© par un dĂ©cor symbolique efficace constituĂ© de croix blanches amoncelĂ©es et enchevĂȘtrĂ©es, le spectacle est simplement indĂ©fendable de laideur et de vulgaritĂ©, de sottise comme de prĂ©tention.

    Il ne suffit pas d’habiller les protagonistes de la pire maniĂšre actuelle pour prĂ©tendre Ă  une relecture moderne d’un ouvrage qui, par ailleurs, ne s’y prĂȘte guĂšre. Encore moins d’accumuler tous les poncifs Ă©culĂ©s de scĂšnes de barbarie, de tortures SM, de beuveries et de partouzes trash pour masquer le vide d’un propos probablement anticlĂ©rical : la communautĂ© en costumes sĂ©culiers chicos qui accueille Leonora semble une secte inquiĂ©tante et malsaine qui pourrait se justifier dans Parsifal, mais n’a aucun rapport avec le contexte de La Forza.

    On nage donc en total contre-sens comme l’hĂ©roĂŻne, immergĂ©e et Ă  demi-noyĂ©e dans un bassin par des religieux sadiques lors d’un ridicule cĂ©rĂ©monial de purification. On note aussi la prĂ©sence rĂ©currente d’une immense table Ă  tout faire sur laquelle se dĂ©roule un austĂšre dĂźner familial avec bĂ©nĂ©dicitĂ© pendant l’ouverture et sur laquelle les protagonistes vont tour Ă  tour s’étriper, copuler, se reposer et expirer, une table de bois oĂč Melitone entrepose des boĂźtes-repas destinĂ©s Ă  des misĂ©reux d’aujourd’hui.

    L’indigence thĂ©Ăątrale contraste avec une qualitĂ© musicale et vocale exemplaire par les temps qui courent. Les chƓurs sont somptueux et l’orchestre souple et nerveux, sans raffinement excessif, sous la direction vigoureuse d’Asher Fisch.

    Six mois aprĂšs Manrico, Jonas Kaufmann aborde avec succĂšs le plus dramatique des rĂŽles de tĂ©nor verdien. Certes, le timbre, de plus en plus sombre, est moins solaire que celui de Domingo baryton, mais l’art du chant, les nuances, le style, la musicalitĂ© restent exceptionnels et il surmonte les difficultĂ©s de la tessiture. Surtout, on ne voit pas qui ferait mieux aujourd’hui.

    MĂȘme constat concernant Anja Harteros, qui sĂ©duit par sa prĂ©sence fiĂ©vreuse et sa classe, par les beaux accents de Son giunta et dĂ©taille divinement un Pace, pace, mio Dio ! convenant idĂ©alement Ă  sa voix. Pour autant, les aigus forte sont toujours durs et il faut n’avoir jamais entendu un vĂ©ritable soprano verdien (Leontyne Price ou mĂȘme Montserrat CaballĂ©) dans le mĂȘme rĂŽle pour dĂ©lirer sur une Leonora qui n’est anthologique que dans le contexte actuel.

    L’unique authentique chanteur verdien, si l’on se rĂ©fĂšre Ă  la tradition, est Ludovic TĂ©zier, dont les moyens insolents et le punch sont dignes d’un Piero Cappuccilli, mais avec le raffinement d’un Renato Bruson ! Renato Girolami est un Fra Melitone exceptionnel et Vitalij Kowaljow, qui assume Ă©galement le Marchese di Calatrava, un Padre Guardiano irrĂ©prochable. Enfin, Nadia Krasteva en mini short et jambes nues assume une nouvelle fois la Preziosilla putassiĂšre qu’on lui fait jouer un peu partout et qu’elle assume avec autant de naturel que de dĂ©cibels.




    Nationaltheater, MĂŒnchen
    Le 08/01/2014
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production de la Forza del destino de Verdi dans une mise en scĂšne de Martin KuĆĄej et sous la direction d’Asher Fisch Ă  l’OpĂ©ra de Munich.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    La Forza del destino, opéra en quatre actes (1862)
    Livret de Francesco Maria Piave d’aprùs Don Álvaro o la fuerza del sino de Rivas
    Version rĂ©visĂ©e de 1869 (livret d’Antonio Ghislanzoni)

    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Asher Fisch
    mise en scĂšne : Martin KuĆĄej
    décors : Martin Zehetgruber
    costumes : Heidi Hackl
    Ă©clairages : Reinhard Traub
    prĂ©paration des chƓurs : Sören Eckhoff

    Avec :
    Vitalij Kowaljow (Il Marchese di Calatrava / Padre Guardiano), Anja Harteros (Donna Leonora), Ludovic TĂ©zier (Don Carlo di Vargas), Jonas Kaufmann (Don Alvaro), Nadia Krasteva (Preziosilla), Renato Girolami (Fra Melitone), Heike Grötzinger (Curra), Christian Rieger (Un alcade), Francesco Petrozzi (Mastro Trabuco), Rafał Pawnuk (Un chirurgo).

     



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