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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Version de concert de Boris Godounov de Moussorgski sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.

Un Boris habité
© Igor Sakharov

Ce n’est ni la facilité ni le glamour qu’avait choisi le chef ossète Tugan Sokhiev en présentant, à Toulouse puis à la salle Pleyel mercredi soir, la version la plus âpre de Boris Godounov, sans mise en scène, sans l’acte polonais, sans les rajouts décoratifs. Une splendide réussite, portée par le Boris anthologique de Ferruccio Furlanetto.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 05/02/2014
Nicole DUAULT
 



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  • Une tension de deux heures et dix minutes sans aucune baisse de régime : Tugan Sokhiev a porté l’Orchestre du Capitole de Toulouse, les chœurs espagnols de l’Orfeón Donostiarra et ses solistes au sommet d’une interprétation d’anthologie, à tout instant frémissante. Le chef vient d’être nommé directeur musical du Bolchoï. On comprend ce choix, initié par son ami Valery Gergiev, à la moindre note suscitée par Sokhiev qui paraît l’héritier naturel du tsar du Mariinski.

    Sans baguette, sans geste emphatique, ne bougeant presque pas et dirigeant du regard et des sourcils, Sokhiev possède cette musique de Moussorgski dans les plus intimes fibres de son âme. Il en distille la magie jusque dans les subtiles nuances. Directeur musical de la formation toulousaine depuis 2005 et prolongé jusqu’en 2016, il a porté l’orchestre, nourri jadis au talent de Michel Plasson, à un niveau international.

    Le monde musical russe garde toujours un œil sur Toulouse ! Rappelons que ce sont les musiciens toulousains qui avaient plébiscité l’arrivée de Sokhiev à leur tête. L’entente entre le chef et les musiciens ne se dément pas. Ils sont en parfaite symbiose autant dans les partitions symphoniques que lyriques dont l’orchestre, si souvent dans la fosse du Capitole, a le secret.

    La version 1869 de Boris Godounov, un temps retoquée par les autorités musicales russes pour sa pugnacité anticonformiste, la mise en cause d’un tsar et l’absence de romance amoureuse, correspond au contraire à nos sensibilités d’aujourd’hui, habituées à la concision, à une pulsion plus moderne. Mais le succès de l’interprétation toulousaine tient à de nombreux autres facteurs.

    Les chœurs, un peu forts au début, sont rapidement maîtrisés par Sokhiev qui les mène jusqu’au charme du murmure. Admirable est ce chœur de femmes quand il prend les intonations enfantines. Le succès tient également aux solistes, eux aussi d’une parfaite homogénéité et d’un très haut niveau, la plupart étant d’origine slave : le poignant Innocent de Stanislav Mostovoi, le truculent Varlaam d’Alexander Teliga, le Grigori concentré de Marian Talaba, la touchante Xénia d’Anastasia Kalagia, la vocalement ravissante Svetlana Lifar en Fiodor. Seul le prince Chouiski du Britannique John Graham-Hall paraît en deçà de ses possibilités.

    Impressionnante voix de baryton-basse que celle d’Ain Anger en Pimène pétri d’humanité et incarnant le contraire du tsar perdu de folie. Mais au-delà de tous fascine Ferruccio Furlanetto. Après plus de trente ans de carrière, il est toujours aussi saisissant, et le seul non-russe à avoir vraiment triomphé dans le rôle de Boris aussi bien au Bolchoï qu’au Mariinski. Il atteint aujourd’hui le summum de l’interprétation théâtrale et vocale dans ce Tsar dont il vit les tourments avec une intensité peu commune. Sa mort de Boris, anthologique, prend littéralement aux tripes. Yeux clos, bras droit mollement levé, dans un signe d’abandon, Furlanetto, habité, coupe le souffle.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 05/02/2014
    Nicole DUAULT

    Version de concert de Boris Godounov de Moussorgski sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.
    Modest Moussorgski (1839-1881)
    Boris Godounov, opéra en trois actes (1869)
    Livret du compositeur d’après Pouchkine
    Version originale de 1869

    Ferruccio Furlanetto (Boris)
    Ain Anger (Pimène)
    Marian Talaba (Grigori)
    Alexander Teliga (Varlaam)
    Vasily Efimov (Missaïl)
    John Graham-Hall (Prince Chouiski)
    Garry Magee (Tchelkalov)
    Stanislav Mostovoi (L'Innocent)
    Svetlana Lifar (Fiodor)
    Anastasia Kalagina (Xénia)
    Pavel Chervinskiy (Nikitch / Mityukha)
    Sarah Jouffroy (La Nourrice de Xenia)
    Hélène Delalande (L'Aubergiste)
    Vladimir Kapshuk (Un Boyard)

    Chœur Orfeón Donostiarra
    préparation : José Antonio Sáinz Alfaro
    Orchestre National du Capitole de Toulouse
    Tugan Sokhiev : direction

     


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