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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Version de concert de Didon et Énée de Purcell sous la direction de Teodor Currentzis à la Cité de la musique, Paris.

Sinistres amours
© Opéra de Perm

Que ce soit le motet de Haendel, Dixit Dominus, et ses déclarations au Seigneur, ou la tragédie amoureuse de Didon et Enée composée par Purcell, les partitions perdent leurs singularités et se banalisent sous la direction de Teodor Currentzis, aux extrémismes uniformisés par la recherche de tempi qui n’en peuvent mais.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 21/02/2014
Claude HELLEU
 



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  • On se réjouit toujours de voir le succès d’artistes inspirant par ailleurs moult réserves à une partie du public en ce soir où Didon et Enée se sont montrés bien sinistres amants.

    Donné en version de concert par l’Orchestre MusicAeterna sous la direction de Teodor Currentzis, l’opéra de Purcell a déroulé ses trois actes sans élan conducteur, en une succession de scènes morcelées, sagement chantées sur un ton de morosité uniforme, étirées à l’extrême et coupées de pauses trop longues. Si la partition pêche quelque peu quant à l’articulation de ses enchaînements, elle n’en est pas moins pleine de vie. Or l’interprétation uniformise toute structure dramatique.

    Les états d’âme de Didon, Anna Prohaska irréprochablement triste, la confidence à Belinda, Nuria Rial déterminée et convaincante, de son amour pour Enée, les déclarations de celui-ci, Tobias Berndt, la voix plus puissante et clairement projetée que passionnée, l’amour enfin partagé dont Didon et Enée se réjouissent sans autre connivence que celle rappelée par le texte surtitré, cette progression des sentiments s’exprime avec des variations de tempo qui ne les rendent pas plus éloquents pour autant.

    Le bonheur ne saurait durer, les sorcières vont y veiller. Maria Forström est une Enchanteresse agréablement maléfique. Tonnerre et éclairs accompagnent l’évocation de la danse de furies peu inquiétantes. Elles n’en interviendront pas moins pour tout gâcher dans un climat quelque peu monochrome. Alors qu’une promenade exquise devrait inciter les amants à la joie mais se déroule ici sans allégresse particulière, un orage dénué de violence disperse la galante compagnie.

    Par l’intermédiaire de l’Esprit incarné en Valeria Safonova, fermement autoritaire, Jupiter ordonne à Enée de partir sans attendre. Désespoir, drame du doute, fierté bafouée, rébellion, protestations du couple condamné à peine uni incitent Teodor Currentzis à prolonger ses épanchements. Toujours bien portées par les chanteurs, les phrases s’éternisent au détriment de leur émotion, les silences se désagrègent. Pour finir, nous contemplons Didon contempler sa mort avec une complaisance résignée.

    Le chœur, à la hauteur de son rôle, s’est auparavant fait remarquer dans le Dixit Dominus de Haendel. Homogénéité et couleur règnent à côté d’un orchestre dont les instruments d’époque servent plus ou moins bien les œuvres programmées, même si celle de Haendel date de 1717 et celle de Purcell de 1689. Joués debout, les violons manquent d’articulation. Les violoncelles, en revanche, imposent une sonorité chaleureuse.

    Tous de noir vêtus, comme leur chef aux cheveux serrés en maigre chignon, sans une touche de blanc – la seule lumière venant de la chair de bras et épaules féminins –, les musiciens se confondent. Harmonies et polyphonie se mélangent en emportements mesurés. Le peuple plein d’ardeur et les serments de l’Éternel confondent enthousiasme et terreur.

    Sortis du chœur et y retournant, les solistes assurent leurs interventions irrégulièrement compréhensibles. Rapide, la direction sans baguette de Currentzis privilégie le caractère martial d’un motet belliqueux, au détriment des nuances de son écriture.

    Venus de Russie, l’Orchestre MusicAeterna du Théâtre Académique d’Opéra et de Ballet Tchaïkovski de Perm, son directeur artistique et les solistes choisis ont témoigné d’une belle homogénéité vite lassante.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 21/02/2014
    Claude HELLEU

    Version de concert de Didon et Énée de Purcell sous la direction de Teodor Currentzis à la Cité de la musique, Paris.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Dixit Dominus HWV 232
    Henry Purcell (1659-1695)
    Didon et Enée, opéra en trois actes
    Version de concert
    Anna Prohaska (Didon)
    Tobias Berndt (Énée)
    Nuria Rial (Belinda)
    Maria Forström (l’Enchanteresse)
    Valeria Safonova (l’Esprit)
    Victor Shapovalov (le Marin)
    MusicAeterna
    direction : Teodor Currentzis

     


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