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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Nouvelle production d’Alcina de Haendel dans une mise en scène de Christof Loy et sous la direction de Giovanni Antonini à l’Opéra de Zurich.

Viva Cecilia !
© Monika Rittershaus

Sa glorieuse Norma au festival de Salzbourg été l’incontestable événement lyrique de la saison passée. En avril, elle reprend au TCE la magistrale Desdemona de Rossini abordée à l’Opéra de Zurich en mars 2012. C’est également dans son fief zurichois que Cecilia Bartoli vient de triompher avec un autre nouveau grand rôle de soprano, Alcina de Haendel.
 

Opernhaus, Zürich
Le 09/02/2014
Monique BARICHELLA
 



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  • Ses prestations sur les scènes lyriques sont rares, trop rares : essentiellement réservées à l’Opéra de Zurich (la ville où elle vit quand elle n’est pas en tournée) et à Salzbourg, depuis qu’elle y est responsable du Festival de Pentecôte.

    Après Cléopâtre du Giulio Cesare de Haendel (2012) et Norma (2013), Cecilia Bartoli sera Angelina dans la nouvelle Cenerentola affichée par son Festival de Pentecôte les 5 et 7 juin. Une manifestation Rossinissimo entièrement consacrée au maître de Pesaro : Stabat mater, Petite Messe solennelle et, pour une représentation unique, le passionnant Otello zurichois signé Patrice Caurier et Moshe Leiser, invité par le Théâtre des Champs-Élysées pour six soirées à ne pas manquer à partir du 7 avril prochain. Cette Cenerentola mise en scène par Damiano Michieletto et dirigée par Jean-Christophe Spinosi (également en charge des Otello parisiens et salzbourgeois), sera reprise au Festival d’été du 21 au 31 août.

    Mais en ce début d’année 2014, la Bartoli vient de triompher d’un nouveau défi à l’Opéra de Zurich à qui elle réserve la majorité de ses prises de rôle. Après Semele, Clary, la Comtesse Adèle du Comte Ory et sa déchirante et pathétique Desdemona rossinienne dans une production transposée avec pertinence et brio dans l’Italie machiste du début des années 1960, la diva transalpine s’est attaquée avec un aplomb stupéfiant à Alcina, succédant à sa bouleversante Norma, une autre mémorable incarnation dramatique, associée à une vertigineuse virtuosité vocale.

    Une virtuosité qui n’est jamais gratuite tant le mot est lié à la musique dans l’expression du sentiment (passion amoureuse, douleur, jalousie, désespoir, rage, fureur) ressenti par le personnage. Une Alcina profondément humaine, plus pathétique que maléfique, aux accents dramatiques inhabituels.

    Dans un premier temps, on est un peu désorienté par la couleur sombre de la voix, dans ce rôle réservé à des timbres de soprano. Mais, plus on avance dans l’ouvrage, plus Cecilia la magnifique nous empoigne par la véracité et le naturel de son interprétation vocale dénuée du maniérisme qu’on lui reprochait à une certaine époque et qui a disparu depuis qu’elle aborde des rôles tragiques.

    Il est vrai que la belle et intelligente production de Christof Loy, qui n’avait pas signé depuis longtemps un spectacle aussi inspiré (à la fois festif, esthétique, dramatique, souvent décalé mais lisible), lui permet de passer avec brio d’un registre à l’autre en même tant que la magicienne évolue psychologiquement, comme visuellement, du somptueux costume XVIIIe emperruqué à la stricte robe courte et noire d’aujourd’hui et coiffée d’un chignon austère.

    Théâtre dans le théâtre, le spectacle commence comme une fastueuse reconstitution baroque et évolue progressivement vers une vérité très actuelle, tout en préservant certains éléments anachroniques dans chacune des périodes, d’où un permanent contraste d’époques. On apprécie aussi l’humour de la production, comme le Cupidon décati sorti d’une malle, muet mais très actif, interprété par une délicieuse vieille dame.

    La soirée marque le triomphe des femmes, non seulement pour Bartoli, mais grâce à des Ruggiero (Malena Ernman) et Bradamante (Varduhi Abrahamyan) superlatifs. Sans oublier la Morgana fruitée de Julie Fuchs qui a rejoint la troupe de l’Opéra de Zurich.

    Une fois encore, La Scintilla, l’orchestre baroque maison dirigé avec son habituelle compétence par Giovanni Antonini, est indissociable d’une fête musicale et vocale qui rend pleinement justice à la version originale (sans la musique de ballet) du chef-d’œuvre de Haendel donné dans sa quasi intégralité (moins deux airs) et avec le rôle d’Oberto supprimé de l’action.




    Opernhaus, Zürich
    Le 09/02/2014
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production d’Alcina de Haendel dans une mise en scène de Christof Loy et sous la direction de Giovanni Antonini à l’Opéra de Zurich.
    George Friedrich Haendel (1685-1759)
    Alcina, dramma per musica en trois actes
    Livret d’après celui d’Antonio Fanzaglia pour l’opéra L’isola di Alcina de Riccardo Broschi
    Orchestre la Scintilla
    direction : Giovanni Antonini
    mise en scène : Christof Loy
    décors : Johannes Leiacker
    costumes : Ursula Renzenbrink
    éclairages : Bernd Purkrabek

    Avec :
    Cecilia Bartoli (Alcina), Malena Ernman (Ruggiero), Julie Fuchs (Morgana), Varduhi Abrahamyan (Bradamante), Fabio Trümpy (Oronte), Erik Anstine (Melisso), Silvia Fenz (Cupido).

     



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