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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Création mondiale de Colomba de Jean-Claude Petit dans une mise en scène de Charles Roubaud et sous la direction de Claire Gibault à l’Opéra de Marseille.

Loin de Carmen
© Christian Dresse

Maurice Xiberras, directeur de l’Opéra de Marseille, savoure les commandes passées à de non spécialistes. En 2007, ce fut Marius et Fanny de Vladimir Cosma chanté par Roberto Alagna et Angela Gheorghiu. Aujourd’hui, Jean-Claude Petit, auteur de musiques de films, s’est emparé de Colomba de Prosper Mérimée. Avec passion, mais tout de même loin de Carmen.
 

Opéra, Marseille
Le 08/03/2014
Nicole DUAULT
 



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  • Pourquoi faire compliqué quand on pourrait faire simple ? Cette question rhétorique s’applique à l’opéra que Jean-Claude Petit a tiré de la nouvelle de Prosper Mérimée (1803-1870). Bizet a fait de son autre texte, Carmen, le chef-d’œuvre que l’on sait. Qu’en allait-il de Colomba ? Pourquoi aucun compositeur n’a souhaité le mettre en musique ? Sans doute parce que l’intrigue de Mérimée, très corsée et pleine de vendetta, n’avait intéressé personne.

    Le romancier Benito Pelegrín a écrit le livret de Colomba en vers ! Comme il n’est pas Racine, les alexandrins et autres octosyllabes sont le plus souvent boiteux et d’une difficulté extrême à chanter. Le texte touffu est alambiqué, compliqué et prétentieux. Et encore, au fil des répétitions, le compositeur et le metteur en scène Charles Roubaud ont obtenu, au grand dam du librettiste, des coupes importantes.

    Si l’opéra était repris, ils devraient encore jouer des ciseaux afin de réduire un texte inutilement bavard. Pourquoi Jean-Claude Petit ne s’est-il pas servi de la nouvelle de Mérimée en la simplifiant ? Cela aurait donné une pugnacité plus grande à l’intrigue. C’est d’autant plus triste que la musique en vaut la peine.

    À 70 ans et pour son premier opéra, le Président de la Sacem a convoqué tout ce que son passé de musicien lui a apporté. Déjà dans Beaumarchais l’insolent d’Edouard Molinaro en 1995, il avait utilisé l’ouverture de l’Italienne à Alger de Rossini. Il accumule les références dans une mélodie continue et des récitatifs à la Lully.

    Il mêle plusieurs genres, celui de la comédie légère et de l’opéra-comique, avec la romance du frère de Colomba, Orso et sa fiancée Lydia. Vient ensuite celui de l’opéra-bouffe grâce à la présence du père, le colonel Nevil joué avec truculence par Jean-Philippe Lafont. Colomba, à la fois Electre, Hécate, Médée, est entraînée dans une implacable pulsion vengeresse. Hiératique dans son chant funèbre, le vocero, elle atteint aussi, avec la fureur de ses imprécations, la dimension dramatique d’une tragédienne grecque.

    À ce moment-là, Jean-Claude Petit lui écrit un chant qui frôle l’atonalité. Colomba est interprétée par la mezzo montpelliéraine Marie-Ange Todorovitch qui, depuis l’Amour de loin de Kajia Saariaho, multiplie les rôles dans l’opéra contemporain. Elle sera dans Quai Ouest, la création de Régis Campo à l’Opéra du Rhin.

    Les réussites de l’opéra tiennent aussi à la mise en scène conventionnelle et efficace de Charles Roubaud ainsi qu’aux très beaux décors d’Emmanuelle Favre. Un seul regret, les longs précipités pour les changements scéniques qui cassent le rythme. La première représentation a eu lieu, le 8 mars, journée des Droits des femmes. Il était normal que la baguette soit tenue par une cheffe de grand talent, Claire Gibault. Elle a la subtilité et la poigne pour diriger cette partition difficile dont l’héroïne manipule les hommes et prend le pouvoir pour assouvir sa vengeance.




    Opéra, Marseille
    Le 08/03/2014
    Nicole DUAULT

    Création mondiale de Colomba de Jean-Claude Petit dans une mise en scène de Charles Roubaud et sous la direction de Claire Gibault à l’Opéra de Marseille.
    Jean-Claude Petit (*1943)
    Colomba, opéra en quatre actes
    Livret de Benito Pelegrín d’après Mérimée
    Création mondiale
    Commande de l’Opéra de Marseille

    Chœur et orchestre de l’Opéra de Marseille
    direction : Claire Gibault
    mise en scène : Charles Roubaud
    décors : Emmanuelle Favre
    costumes : Katia Duflot
    vidéos : Julien Ribes
    éclairages : Marc Delamézière

    Avec :
    Marie-Ange Todorovitch (Colomba), Pauline Courtin (Lydia), Lucie Roche (Miss Victoria), Cécile Galois (une servante), Jean-Philippe Lafont (le Colonel Nevil), Francis Dudziak (le Préfet), Jean-Noël Briend (Orso), Cyril Rovery (Giocanto Castriconi), Bruno Comparetti (Orlanduccio Barriccini), Mikhael Piccone (Vincentello Barricini), Jacques Lemaire (Barricini Père).

     



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