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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Récital de Yundi dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.

Yundi, le piano TGV
© Chen Man / Mercury Classics

En quelques années, le très inspiré pianiste romantique, Premier prix Chopin à Varsovie en 2000 et interprète raffiné et sensible du compositeur polonais, s’est transformé en une star médiatique avec fan club et T-shirts à son effigie et en un obsédé de la vitesse et de la puissance. Plus de magie, plus de charme, très peu de musique. La mutation est calamiteuse.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/03/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Certes, le public, ou du moins une partie du public, adore et acclame. Et après tout, si ces gens sont heureux, grand bien leur fasse ! Au moins, ils ont passé une bonne soirée. Mais s’ils croient avoir entendu du Schumann et du Beethoven notamment, ils sont dans l’erreur.

    Ils ont simplement assisté à une démonstration de haute voltige pianistique, indifférente à tout style et à toute pensée musicale. Des doigts qui volent plus vite que leur ombre, des accords qui explosent comme des tirs de bazooka, une course poursuite après on ne sait quoi ni qui, mais pas après la vérité des œuvres interprétées, c’est certain.

    Tout commençait par la Fantaisie en ut majeur de Schumann, pièce mythique du piano romantique, à faire pleurer les pierres quand elle est bien jouée. Yundi n’en a retenu et traduit que la surface, que le superficiel de l’écriture, bousculant et matraquant les répétitions d’accords, hâtant tout le reste, transformant les rythmes schumaniens si spécifiques en hoquets nerveux et incapable de laisser chanter l’admirable mélodie récurrente exposée dans la deuxième partie.

    Comme si au-delà du brio des notes, il n’y avait rien, pas de sensibilité, pas de pensée, pas de rêve ni de spleen, bref, pas de Schumann. La Tarentelle en sol majeur de Liszt qui suit est moins trahie car essentiellement écrite dans le but d’une démonstration digitale et musculaire. Mais que de brutalité quand même dans ce toucher, peu servi il est vrai par un piano particulièrement clinquant !

    La deuxième partie s’ouvre avec une série de pièces du compositeur chinois Jian-Zhong Wang. Musique ni vraiment orientale ni vraiment occidentale, ces pages ont de la couleur mais peu de saveur et un intérêt assez frêle. Pas de quoi bouleverser les cœurs ni les esprits. Et puis, pour finir, une Sonate Appassionata de Beethoven, ou tout au moins la succession des notes écrites par Beethoven mais débitées avec une force d’une rageuse agressivité et une vitesse supersonique.

    Pas plus de Beethoven qu’il n’y avait eu de Schumann dans la Fantaisie, et sans doute encore moins de musique. On ne peut même pas dire que cela soit joué comme du Liszt, car les Etudes transcendantes qui comptent parmi les pages de bravoure les plus athlétiques du répertoire, seraient tout autant détruites par pareil traitement purement physique, musculaire, à l’esbroufe. Beaucoup de bruit, énormément de bruit, pour rien.

    Tout petit coin de nostalgie avec un bref bis de Chopin, comme un écho lointain du passé. Et corps à corps pour parvenir à rejoindre la sortie de la salle Pleyel dont le hall était envahi par la cohorte des admirateurs, car il y avait signature… Bonheurs et malheurs inévitables sans doute dans une saison parisienne, si l’on songe à l’admirable récital de la discrète Elena Bashkirova quelques jours avant ! Ces deux artistes ne font pas le même métier.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/03/2014
    Gérard MANNONI

    Récital de Yundi dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Fantaisie en ut majeur op. 17
    Franz Liszt (1811-1886)
    Tarentella en sol majeur
    Jian-Zhong Wang (*1933)
    Colour Clouds Chasing the Moon
    Five Yunnan Folk Songs
    In that Place Wholly Faraway
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate n° 23 en fa mineur op. 57 « Appassionata »
    Yundi, piano

     


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