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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Reprise de la Bohème de Puccini dans la mise en scène de Jonathan Miller, sous la direction de Daniel Oren à l’Opéra de Paris.

Puccini sauvé par les voix
© Julien Benhamou

Créée il y a quasiment vingt ans, la mise en scène de la Bohème par Jonathan Miller, mollement remontée, paraît bien poussiéreuse. Elle eut ses heures de gloires mais semble tombée dans une morne routine. De très belles voix sauvent heureusement la soirée, celles d’Angela Gheorghiu, Piotr Beczala, Ludovic Tézier et Brigitta Kele.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 27/03/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Le métier de directeur d’opéra n’est pas facile et il est plus aisé d’en critiquer les erreurs que d’en reconnaître les pièges. Pourtant, comment ne pas s’étonner de certains choix ? Alors que l’Opéra national de Paris avait déjà trois productions de la Flûte enchantée de Mozart dans ses réserves, dont deux pour la salle de la Bastille, on vient d’en produire une quatrième, toujours pour cette même salle si peu accueillante pour Mozart.

    En revanche, la production que Jonathan Miller signa en 1995 pour la Bohème et qui a beaucoup servi, nous revient encore, mais comme anesthésiée, amorphe, privée de sa vie intérieure. Elle a d’incontestables qualités qui s’estompent ici au profit d’une triste routine où les stars invitées – et quelles stars ! – semblent y caser de leur mieux ce qu’elles font à longueur d’année au Met ou ailleurs.

    Alors, quand les premiers rôles ont la scène pour eux, ils l’occupent, forcément, avec un savoir-faire et un professionnalisme impeccables, mais qui ne remplace pas une vraie direction d’acteurs personnalisée à laquelle on aurait redonné vie. Et quand il s’agit des scènes de foules comme celle du Café Momus, c’est la confusion et le désordre, une pagaille où un soprano ne retrouverait pas ses contre-ut. Et cela malgré une Musette très bien chantante en la personne de Brigitta Kele. Mais chacun sait qu’une hirondelle…

    Heureusement pour Puccini, restent une distribution vocale de premier ordre et la direction d’orchestre de Daniel Oren, ample, qui déploie les grandes phrases lyriques avec générosité et donne une belle densité dramatique aux moments les plus tristes de cette bien triste histoire. La Mimi d’Angela Gheorghiu reste une splendeur à tous égards. De la beauté vocale à l’état pur, de l’émotion, la grande diva est ici chez elle.

    Piotr Beczala lui donne une réplique adéquate, timbre musical, voix facile sur toute la tessiture, égale, ni trop grande, ni trop petite, physique jeune et on ne peut plus crédible. Ludovic Tézier est Marcello une nouvelle fois, timbre somptueux et engagement scénique qui s’efforce de prendre corps. Excellente Musette, donc, de la jeune Hongroise Brigitta Kele, au timbre frais, à l’émission facile, au charme idéalement un peu acidulé. Les autres sont tous bons, notamment le Colline d’Ante Jerkunica.

    Pareille distribution aurait décidément bien mérité une nouvelle production, ou tout au moins un « réalisateur de la mise en scène » qui sache lui redonner de la couleur et du rythme. Le public, heureux, a fait un triomphe aux interprètes. Il avait vraiment entendu et même entrevu la Bohème. Après tout, pourquoi se plaindre, peut-être, à l’heure où l’on apprend que même au Met on laisse le redoutable tripatouilleur qu’est Tcherniakov reconstruire et quasiment réécrire le Prince Igor de Borodine ? On ne sait plus très bien où l’on en est dans un monde lyrique qui nous bouscule sans cesse d’un excès à son contraire.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 27/03/2014
    Gérard MANNONI

    Reprise de la Bohème de Puccini dans la mise en scène de Jonathan Miller, sous la direction de Daniel Oren à l’Opéra de Paris.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    La Bohème, opéra en quatre tableaux (1896)
    Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après Scènes de la vie de bohème d’Henri Mürger

    Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris.
    direction : Daniel Oren
    mise en scène : Jonathan Miller
    reprise de la mise en scène : Alejandro Stadler
    décors : Dante Ferretti
    costumes : Gabriella Pescucci
    éclairages : Guido Levi
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Angela Gheorghiu (Mimi), Piotr Beczala (Rodolfo), Brigitta Kele (Musetta), Ludovic Tézier (Marcello), Ante Jerkunica (Colline), Igor Gnidii (Schaunard), Matteo Peirone (Benoit), Antoine Normand (Alindoro), John Bernard (Parpignol), Olivier Ayault (Sergente dei doganari), Andrea Nelli (Donagniere), Se Jin Hwang (Un venditore ambulante).

     



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