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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

La Belle Meunière de Schubert par Pavol Breslik, ténor, accompagné au piano par Amir Katz dans le cadre des Convergences de l’Opéra Bastille.

Schubert tout simplement
© Stanislava Hricova

Le ténor slovaque Pavol Breslik, Tamino de la nouvelle production de la Flûte enchantée de l’Opéra Bastille, propose une interprétation directe, très musicale et bien chantée du cycle de Schubert. Une manière sans afféterie d’aborder une musique à la fois simple et très complexe, avec une belle voix saine et sans problèmes.
 

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
Le 03/04/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Quelques jours avant que Jonas Kaufmann ne chante au Théâtre des Champs-Élysées le Voyage d’hiver, le ténor slovaque Pavol Breslik interprétait dans le cadre des Convergences de l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, l’autre grand cycle schubertien.

    Moins métaphysique, chargé d’une angoisse différente, la Belle Meunière n’est pas facile à traduire à la fois dans son homogénéité et sa diversité. Schubert y fait se côtoyer beaucoup de thèmes qui lui sont familiers, amour espéré ou déçu, nature et existence qui s’écoule comme la rivière. Il y a une continuité dans la diversité, un fil continu malgré la multiplicité des humeurs et des couleurs.

    Pavol Breslik a l’avantage de posséder des moyens sans problèmes. Voix saine, claire, bien timbrée, souffle parfaitement maîtrisé et surtout grand respect du texte. Comme tout vrai chanteur de mélodie, il chante d’abord le texte, sans jamais chercher l’effet vocal. Alors tout trouve sa place comme naturellement. Les couleurs pourraient parfois être plus variées, mais la dynamique tient lieu d’expression et l’articulation très précise est aussi une force.

    La nostalgie est là, moins agressive que celle du Winterreise, plus abandonnée, plus douloureuse aussi, d’une certaine manière. Il y a l’enthousiasme poétique du début avec le joyeux Das Wandern, puis les premiers doutes et les premières interrogations de Wohin. Les moments de repos alternent avec les enthousiasmantes ardeurs de Ungeduld et puis cet amour de la verdure qui se transforme en inquiétude avec ce chasseur qui rode lui aussi (Der Jäger).

    Et tout s’achève dans cette tristesse douce où le destin se mêle au flot du ruisseau omniprésent, engloutissant, compagnon de mort, après avoir été le compagnon et l’ami de l’errance. On saura gré à Pavol Breslik et à Amir Katz, son pianiste partenaire du voyage, de nous avoir entraînés dans ce périple romantique si attachant avec pudeur, sensibilité et sans la moindre faute de goût. Décidément, l’art du Lied semble connaître une belle renaissance avec cette nouvelle génération d’interprètes.




    Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
    Le 03/04/2014
    Gérard MANNONI

    La Belle Meunière de Schubert par Pavol Breslik, ténor, accompagné au piano par Amir Katz dans le cadre des Convergences de l’Opéra Bastille.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Die schöne Müllerin
    Pavol Breslik, ténor
    Amir Katz, piano

     


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