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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Nouvelle production d’Ernani de Verdi dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda et sous la direction de Daniele Callegari à l’Opéra de Monte-Carlo.

La victoire d’Ernani
© Opéra de Monte-Carlo

L’Opéra de Monte-Carlo achève en beauté une saison particulièrement réussie par un Ernani de grande classe, dont l’élégance raffinée et les costumes somptueux sont une fête pour les yeux. La superbe direction musicale de Daniele Callegari comme un trio masculin royal rend totalement justice à Verdi. Dommage que la soprano ne soit pas au même niveau.
 

Palais Garnier, Monte-Carlo
Le 29/04/2014
Monique BARICHELLA
 



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  • Trop rarement à l’affiche, Ernani est pourtant le premier des chefs-d’œuvre incontestables de Verdi, si l’on excepte Nabucco créé deux ans plus tôt. Aucun des ouvrages suivants (I due Foscari, Giovanna d’Arco, Alzira, Attila) avant Macbeth, ne possède une telle force, une telle unité, une telle vigueur musicale et dramatique.

    Il n’est pas étonnant que sa création à la Fenice de Venise, le 9 mars 1844, ait été triomphale : le souffle qui l’anime, comme son inspiration mélodique, ne comportent ni faiblesse, ni temps mort. Comme pour le Trouvère, on pourrait dire qu’Ernani nécessite « les quatre plus grands chanteurs du monde ».

    Une exigence expliquant sans doute pourquoi l’ouvrage est si peu donné. Pour réussir son pari, Jean-Louis Grinda, directeur avisé, a opté pour quatre prises de rôle. Judicieuses concernant le trio masculin, plus discutable quant à l’héroïne. Certes, Svetlana Vassilieva est une Elvira crédible : cette belle personne justifie idéalement la lutte à mort que se livrent les trois mâles sortis de la plume de Victor Hugo pour son Hernani, dont la création, en 1830, a donné lieu à une bataille historique entre partisans et adversaires du drame romantique.

    Sans doute la soprano possède-t-elle les moyens nécessaires, mais elle n’est guère à l’aise dans une tessiture très tendue : outre ses problèmes d’intonation, les aigus sont poussifs et stridents et la voix manque de souplesse dans le cantabile belcantiste exigé par le rôle.

    En revanche l’équipe masculine comble les attentes. En tête, Ludovic Tézier, souverain, confirme qu’il est sans doute le baryton Verdi actuel le plus stylé et le plus accompli. Ici, il se montre incomparable en futur Charles Quint capable de surmonter ses passions et de pardonner avec noblesse à ses ennemis et à son rival, justifiant le triomphe que lui a réservé le public monégasque.

    Les autres caractères sont nettement moins nuancés. Dans le rôle-titre, Ramon Vargas est irréprochable de vaillance, d’autant que son chant est toujours musical, nuancé et élégant. Avec toutes les caractéristiques vocales des basses slaves, Alexander Vinogradov impressionne par la profondeur et l’étendue de ses moyens. On regrettera seulement qu’une ridicule perruque et le maquillage de parviennent pas à dissimuler un visage juvénile, rendant fort improbable le vieillard implacable qu’il incarne !

    Les seconds rôles sont impeccables et les chœurs splendides, comme l’orchestre placé sous la direction experte et fougueuse de Daniele Callegari, chef verdien comme il en est peu. On apprécie la dynamique, la souplesse et le rythme irrésistible qu’il insuffle au Philharmonique de Monte-Carlo, permettant à la partition de s’épanouir idéalement.

    Last but not least, on est reconnaissant à Jean-Louis Grinda metteur en scène, de nous proposer des images en accord avec la musique et de nous épargner la laideur de tant de productions à la mode. On est ici en permanence sous le charme de tableaux vivants d’une esthétique raffinée : décors, costumes d’époque somptueux conçus par Teresa Acone, lumières, réjouissent la vue et sont idéalement accordés aux ors du Palais Garnier monégasque.

    En même temps, le spectacle est toujours respectueux d’un livret fidèle à l’original hugolien et des caractères des protagonistes. D’emblée, le tulle du rideau de scène reproduisant la Bataille d’Anghiari de Da Vinci donne le ton avec, pendant l’ouverture, l’apparition en transparence de la silhouette d’Elvira, vêtue de blanc, entourée de ses trois soupirants. Aussi astucieux qu’élégants, les décors d’Isabelle Partiot-Pieri plongent dans une atmosphère fastueuse sans encombrer un plateau exigu dont les dimensions naturelles interdisent toute surcharge.

    Mieux, un habile jeu de miroirs inclinés ou obliques reflétant le carrelage du sol, les éléments de décors et les protagonistes donnent l’illusion d’un cadre nettement plus vaste, voire d’un spectacle grandiose. Ainsi, on admire les panneaux inspirés par le triptyque de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello et, au III, pour la crypte de Charlemagne, la majestueuse enfilade de colonnes surmontée de bustes d’armures et éclairée par des flambeaux.




    Palais Garnier, Monte-Carlo
    Le 29/04/2014
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production d’Ernani de Verdi dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda et sous la direction de Daniele Callegari à l’Opéra de Monte-Carlo.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Ernani, dramma lirico en quatre parties (1844)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après le drame romantique de Victor Hugo

    Coproduction avec l’Opéra de Wallonie

    Chœur de l'Opéra de Monte-Carlo
    Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
    direction : Daniele Callegari
    mise en scène : Jean-Louis Grinda
    décors : Isabelle Partiot-Pieri
    costumes : Teresa Acone
    éclairages : Laurent Castaingt
    préparation des chœurs : Stefano Visconti

    Avec :
    Ramon Vargas (Ernani), Ludovic Tézier (Don Carlo), Alexander Vinogradov (Don Ruy Gomez De Silva), Svetla Vassileva (Elvira), Karine Ohanyan (Giovanna), Maurizio Pace (Don Riccardo), Gabriele Ribis (Jago).

     



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