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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoűt 2019

Tamerlano de Haendel en version de concert à la Cité de la Musique de Paris

Tamerlano privé de Théâtre
© CitĂ© de la Musique

Christophe Rousset

Très rare à la scène, ce Tamerlano en version de concert paraissait un séduisant prélude à une saison haendélienne qui s'annonce bien nourrie. Mais faute de sens dramatique et d'esprit de théâtre, le Haendel de Christophe Rousset a pour le moment laissé tout le monde sur sa faim.

 

Cité de la Musique, Paris
Le 16/09/2000
Yutha TEP
 



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  • C'est gonflĂ© du triomphe de son Giulio Cesare que Haendel compose Tamerlano en en 1724. Pour la crĂ©ation de l'oeuvre, le Saxon bĂ©nĂ©ficia d'un plateau vocal aujourd'hui mythique : l'agile castrat Senesino se contente du rĂ´le d'Andronico, car Haendel fait appel, pour camper Tamerlano, Ă  un autre castrat, Andrea Pacini, Francesca Cuzzoni incarnant Asteria et le tĂ©nor Francesco Borosoni Bajazet. Ici rĂ©side l'une des originalitĂ©s de Tamerlano : Borosoni Ă©tait connu pour l'engagement de son jeu et de son chant, et pour lui Haendel abandonna l'aria da capo au profit de longues pages dĂ©clamatoire mĂŞlant recitativo seco, arioso et recitativo accompagnato, atteignant des sommets théâtraux lors du poignant suicide de Bajazet.

    L'équipe vocale réunit par Christophe Rousset à la Cité de la Musique pour une version de concert a évidemment bien de la peine à lutter contre un mythe d'autant plus puissant que personne aujourd'hui ne l'a entendu, sinon en rêve.
    Seule Sandrine Piau, annoncée souffrante, a survolé la scène. Ses ailes ? une parfaite maîtrise des nuances sur toute la tessiture, la luminosité du timbre et l'admirable engagement soutenu par une connaissance stylistique irréprochable. De son côté, la voix corsée de Kobie Van Rensburg bénéficie d'une projection aisée et pose un Bajazet convaincu mais anesthésié par son entourage lors du fameux suicide. Mais surtout, comment ne pas être déçu par Bejun Mehta, nouvelle étoile dans le gotha restreint des contre-ténors, et dont la présence constituait un peu l'événement de la soirée ? La rondeur du timbre fait illusion quelques instants, mais progressivement, une diction incompréhensible et une absence totale de contrastes dans le chant distille un ennui pas même rompu par le virtuosissime A dispetto, qui mit surtout en valeur des vocalises bâclées. Soyons justes, comme d'autres airs de bravoure écrits pour castrats, cette page aux vocalises athlétiques est quasiment inchantable ; ici, seule Bartoli ou une Von Otter au meilleur de sa forme pourraient faire exception.
    Décevante est également Delphine Haidan, car sa projection est courte et son style incertain. Quant à Sylvie Althaparro, elle possède un beau velours dans le medium mais se trouve régulièrement en délicatesse avec la justesse, sans compter une longueur de souffle problématique qui nous valut des fins de phrase assez abruptes. Reste Jérôme Corréas dont les brèves interventions dans le rôle de Leone se révèlent sans éclat mais très honorables.


    Toutefois, plus que des faiblesses de la distribution, ce Tamerlano a pâti du manque de combativité de Christophe Rousset. Dans l'acoustique de la Cité de la Musique qui tend à dérober aux auditeurs toutes les notes du registre médian, toute interprétation tiède se révèle fatale. Or Rousset semble anesthésié derrière son clavecin, on cherche en vain un projet dramatique, une progression, des ruptures théâtrales dans conduite. Incapable d'animer le récitatif, il se raccroche à un soutien orchestral, certes en place, mais sans aucune prise de risque. Privé de scène comme de sève dramatique, Tamerlano n'a jamais paru aussi long. On image sans peine ce que Georg Friedrich Jacobs ou Georg Friedrich Minkowski en auraient fait.

    Georg Friedrich Haendel : Tamerlano
    Opéra en trois actes sur un livret de Nicolo Francesco Haym
    Version de concert.
    Les Talens Lyriques
    Direction :Christophe Rousset.
    Avec Bejun Mehta (Tamerlano) , Delphine Haidan (Andronicus), Kobie Van Rensburg (Bajazet), Sandrine Piau (Asteria), Sylvie Althaparro (Irene) , Jérôme Corréas (Leone).




    Cité de la Musique, Paris
    Le 16/09/2000
    Yutha TEP



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