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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Reprise du Barbier de Séville dans la mise en scène de Ferruccio Soleri et sous la direction de Paolo Carignani au festival d’été de Munich 2014.

Munich 2014 (1) :
En mode giocoso

© Trevor Leighton / Decca

L’une des réussites de la saison 2013-2014 de l’Opéra de Munich, notamment grâce à une distribution de haute tenue, est reprise le temps du festival de juillet. Sans déconvenue, la troupe de chanteurs assure un spectacle entier tant vocalement que théâtralement. On en oublie les décors poussiéreux pour se délecter simplement d’un Barbiere en mode giocoso.
 

Nationaltheater, MĂĽnchen
Le 30/07/2014
Florent ALBRECHT
 



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  • Loin des rumeurs mĂ©diatiques et des festivaliers collets-montĂ©s, le Festpiel munichois demeure cette annĂ©e encore ce havre tout Ă  fait rĂ©jouissant et colorĂ© oĂą se savourent en une bacchanale douce et cultivĂ©e les dernières gouttes d’ambroisie de la saison lyrique passĂ©e. FlĂ»te de sekt aux lèvres, en-cas crĂ©meux Ă  la bouche, le chic public du Staatsoper discute avec panache Ă  l’entracte chaque soir, au grĂ© d’une olympique croisade d’opĂ©ras journaliers Ă  la qualitĂ© souvent exceptionnelle et aux sociabilitĂ©s bon teint.

    Comme tout théâtre de répertoire, la mise en scène n’y est en général pas d’avant-garde, mais son côté tarte à la crème s’y accorde à tout le moins aux parfums Biedermeier de ces grandes soirées de gala. Celle de ce soir n’échappe pas à la règle, et l’on n’est pas surpris d’apprendre que Ferruccio Soleri l’a créée en 1989.

    Perruques baroques, poudre au nez, mouche sur gorge déployée, costumes historicistes… le public adore ! Côté visuel, un classique pivot scénique permet de faire osciller le plateau entre l’espace domestique intérieur et la façade du domicile de Bartolo. Convenons que nous sachions à quoi nous en tenir, et apprécions la dramaturgie efficace de cette production.

    Quelques didascalies distillées çà et là figurent comme autant d’amorces farcesques qui permettent de rester fidèle à l’esprit buffo du Barbiere : l’apparente allergie chronique de la pauvre Berta – en gamme de do… avec un éternuement pour cadence finale –, ou le jeu grossi et outré de Flórez en Almaviva maître de musique, éperdument… ridicule, font réellement rire. Figaro, plus que jamais, constitue ici un fantoche scénique, fait la barbe à son (ses) patron(s) au sens littéral comme au figuré et demeure une sorte d’argument pur à l’action, diablement efficace, sans trop être incarné.

    Il faut saluer la prestance de Rodion Pogossov à cet endroit : il incarne le rôle-titre avec la juste distance ironique et un sens dramatique toujours fin. Le baryton russe continue de progresser vocalement et offre une prestation vraiment impressionnante de précision et de technique. Grâce à lui, on ne prête plus attention aux aspérités et autres loopings virtuoses de sa cavatine inaugurale. Ne nous reste à la fin que la jubilation de la farce.

    Ce serait d’ailleurs très inique de ne pas ouvrir ces compliments à l’ensemble du plateau, de très haut niveau, car un réel esprit de troupe semble officier pour célébrer l’esprit de la comédie. Juan Diego Flórez campe un Almaviva vraiment drolatique, attachant, et rigolo, et ses facilités vocales lui permettent d’investir son personnage de manière personnelle et convaincante : le Comte devient ici sur scène cette marionnette qui titube sur le fil de son destin sans savoir à quelle sauce celui-ci le croquera.

    Le choix a été fait de confier ce soir, comme cela avait été prévu à l’origine, le rôle de Rosina à une mezzo en la gracieuse et subtile Kate Lindsey. Dans cet androcée bien hormoné du Barbiere, si l’on excepte Berta, notre préférence quant au choix sopraniste pour ce personnage demeure, semblant plus à même d’exprimer le charme pyrotechnique d’un tube comme Una voce poco fa, et celui d’un personnage féminin proche de la Susanna mozartienne. Le velouté, l’intelligence, enfin la jolie projection de la chanteuse américaine nous auront malgré tout séduits et convaincus.

    Que dire du Bartolo du grand rossinien Renato Girolani, rompu aux exercices de haute voltige du compositeur, ou encore du Basilio de Peter Rose ? Chapeau bas ! Car et la voix et l’aisance théâtrale de ces deux immenses chanteurs nous donnent l’impression d’avoir quitté la scène lyrique pour celle de Goldoni ou de Beaumarchais.

    Cette facilité déconcertante du plateau ferait presque oublier un orchestre excellent de tenue, mais qui, malgré la baguette joyeuse de Paolo Carignani, ne parvient pas à se dérider. Dommage : ceci n’est qu’une comédie, une fort jolie comédie. Jawohl !




    Nationaltheater, MĂĽnchen
    Le 30/07/2014
    Florent ALBRECHT

    Reprise du Barbier de Séville dans la mise en scène de Ferruccio Soleri et sous la direction de Paolo Carignani au festival d’été de Munich 2014.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes (1816)
    Livret de Cesare Sterbini d’après la comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Paolo Carignani
    mise en scène : Ferruccio Soleri
    costumes Ute FrĂĽhling
    préparation des chœurs : Stellario Fagone

    Avec :
    Juan Diego FlĂłrez (Almaviva), Renato Girolami (Bartolo), Kate Lindsey (Rosina), Rodion Pogossov (Figaro), Peter Rose (Basilio), Andrea Borghini (Fiorello), Leonard Bernad (Ambrogio), Hanna-Elisabeth MĂĽller (Berta), Dean Power (Un officio).

     



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