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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel au festival de Salzbourg 2014.

Salzbourg 2014 (7) :
Esprit, es-tu lĂ  ?

© Vern Evans

Édition décidément en demi-teinte pour le festival de Salzbourg, où même un programme des Wiener sous la houlette du bouillonnant Gustavo Dudamel déçoit dans un hommage à Richard Strauss hédoniste mais sans âme ni esprit. Un concert de matinée qu’on retiendra pour la découverte des talents de compositeur du violoniste de l’orchestre René Staar.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 23/08/2014
Yannick MILLON
 



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  • On sait que l’Orchestre philharmonique de Vienne est un vivier de talents musicaux, bien au-delĂ  de simples instrumentistes d’exception, et c’est ainsi que dans ce concert symphonique, intercalĂ©e entre deux poèmes symphoniques de Richard Strauss, on dĂ©couvre une composition de RenĂ© Staar, violoniste du rang fort discret parmi les seconds violons de l’orchestre depuis 1988, Ă  l’occasion pianiste et chef d’orchestre.

    Et l’on éprouve un certain plaisir à se laisser porter par ce Time Recycling, sans longueur aucune, réflexion en deux parties de deux mouvements chacune sur la manière d’appréhender le temps pour un musicien de notre époque. Éparpillement de la matière façon big-bang dans Déjà vu, maîtrise des cliquetis orchestraux dans Perpetua mobilia, intériorité plus métaphysique et raréfiée dans Memories, on a parfois l’impression d’être face à une symphonie déguisée.

    Créée en mai à Vienne par Semyon Bychkov, la pièce n’a pas peur du collage dans un Global Village terminal convoquant aussi bien l’ombre de la musique de danse d’Europe centrale (et jusqu’à une citation très fugitive de Petrouchka) que les rythmes endiablés de la musique sud-américaine inspirés au compositeur par la présence au pupitre de Gustavo Dudamel.

    Et de demander un surplus d’investissement physique aux instrumentistes, contrebassistes se déhanchant en faisant tourner leur instrument, bois debout chantant et usant de sifflets, dans un joyeux capharnaüm ouvrant des perspectives sonores parfois non loin du grotesque, mais tellement assumées qu’elles apportent du caractère à l’ensemble.

    Agréable découverte, qu’entourait l’exécution, dans le cadre des célébrations anniversaires, de deux des poèmes symphoniques les plus joués de Richard Strauss. D’abord un Mort et transfiguration assez irréprochable techniquement, mais d’une totale abstraction, sans esprit, dénué de tout climat ou de la moindre connotation programmatique.

    On a l’impression que depuis qu’il dirige régulièrement les toutes meilleures formations de la planète, le bouillonnant Gustavo Dudamel s’est embourgeoisé, alors qu’il reste capable d’empoignades mémorables avec les chicos de son Orchestre Simon Bolivar. On doit même déplorer un flagrant manque d’engagement, battue régulière mais monotone, ne portant jamais au pinacle la tension ou les climax retardés qui sont le suc même de la musique orchestrale de Strauss.

    D’une pâte sonore un peu grasse, qu’on jugerait assez idéale pour Holst (on songe souvent aux Planètes avec ce tuba qui ne rend pas justice aux raffinements de Strauss orchestrateur), Dudamel, à trop chercher la respectabilité aux plus hauts sommets, en oublie de ruer dans les brancards, à la manière de Daniel Harding in loco en 2007.

    Après l’entracte, même constat mais effet moins pervers dans les délires par nature plus éruptifs de Zarathoustra, belle gestion du portique d’entrée malgré le solo de timbales droit et sans relief d’un Anton Mittermayer qui n’a pas l’air convaincu (où sont passés le crescendo et le ralenti parfaits du concert enregistré par le chef vénézuélien avec les Berliner ?), épisodes échevelés d’une belle virtuosité, mais d’un engagement qu’on imaginait décuplé chez ce petit bonhomme qui peut être une pile électrique.

    Rien de transcendant à l’horizon en ce domaine, et plus grave, le sens échappe totalement au maestrino, installé dans une lecture trop uniment sonore, sans arrière-pensées, loin de toute une tradition littéraire et philosophique, simple exercice de style pas loin de la coquille vide – l’application à ce que le fugato aux limites du silence du Grablied sonne aussi officiel, propre et impersonnel.

    Et même si les Wiener se transforment en génial ensemble de musique de chambre, tout en enchevêtrements jouissifs dans le Tanzlied, sommet de cette exécution, on retombe vite sur le bitume face à une conclusion du Nachtwandlerlied aussi prosaïque, geste souple mais métronomique, sans apnée au bord du gouffre, sans le souffle coupé par la béance des derniers pizz graves non résolus.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 23/08/2014
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel au festival de Salzbourg 2014.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Tod und Verklärung, op. 24
    René Staar (*1951)
    Time Recycling
    Richard Strauss (1864-1949)
    Also sprach Zarathustra, op. 30
    Wiener Philharmoniker
    direction : Gustavo Dudamel

     


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