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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Concert du Cercle de l’Harmonie sous la direction de Jérémie Rhorer, avec la participation de la mezzo-soprano Kate Lindsey au festival de Besançon 2014.

Besançon 2014 (1) :
Un vent de fraîcheur

© Yannick Coupannec

Coup d’envoi du festival de Besançon 2014 avec la présence lumineuse du Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer, dans Beethoven, Berlioz et Mendelssohn, sous le signe d’un enthousiasme qui finit d’affirmer l’excellence de la formation sur instruments d’époque dans le paysage international jusque dans le répertoire symphonique.
 

Théâtre, Besançon
Le 13/09/2014
Yannick MILLON
 



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  • Si les prestations à entrée libre qui ont ouvert le festival off de Besançon, et notamment le concert de plein air de l’Orchestre des Pays de Savoie, ont connu une fréquentation enviable, on s’étonne du remplissage moyen du véritable concert d’ouverture au Théâtre, d’autant plus regrettable que cette soirée inaugurale proposait une rencontre d’exception.

    Fondé en 2005 par son chef Jérémie Rhorer et son violon solo Julien Chauvin, le Cercle de l’Harmonie n’a pas tardé à entrer dans la cour des grands, opérant régulièrement des miracles dans les opéras de Mozart au Théâtre des Champs-Élysées. À en croire ce concert bisontin, le répertoire symphonique lui sied tout autant.

    L’ouverture Coriolan de Beethoven, fiévreuse et emportée, peut se parer d’atours extrêmement tragiques, d’une grandeur déchirante. Rien de tel ici, l’œuvre étant replacée dans son contexte, à la charnière du romantisme, avec un sens de l’équilibre et des proportions, de la petite pulsation qui emportent d’autant plus l’adhésion que les cordes, emmenées par deux contrebasses ultra-investies, gardent le cap avec une belle assise.

    Et l’on peut d’emblée admirer la sûreté de la formation française, pas une note de travers, pas une attaque douteuse y compris chez les cuivres, preuve que, s’il a fallu du temps aux phalanges à l’ancienne pour dompter les instruments d’époque, l’âge des sonorités préhistoriques et des scories en tous genres est bel et bien révolu.

    Dans les Nuits d’été de Berlioz, les spécificités de l’orchestration ressortent avec une merveilleuse évidence. Ce qu’un orchestre traditionnel mettrait de longues minutes à trouver en termes de couleurs sonne sans difficulté sur l’instrumentarium adéquat – sons sur le chevalet et harmoniques plus vrais que nature, solo de flûte opalescent, suprêmement délicat.

    On touche ainsi au cœur même de l’univers de Théophile Gautier, et l’on regrettera d’autant plus la prestation moyenne de la mezzo américaine Kate Lindsey. La voix, légère, vibrante mais trop tubée, malgré de belles nuances, ne paraît jamais idéalement placée. La diction, d’abord convenable, est de surcroît la première sacrifiée dans la vélocité ou la masse.

    Approximations des nasales, consonnes émoussées, dès que le texte s’évapore, on décroche pour ne plus écouter que l’orchestre de Sur les lagunes et l’Île inconnue. Après l’entracte, la mezzo apparaîtra transfigurée dans Mozart, et surtout le Deh, per questo istante solo de Sesto, clairement taillé pour la voix fine de l’Américaine, qui maîtrise par ailleurs l’italien nettement mieux que le français.

    Joie sans nuage enfin dans une exécution resplendissante de la Symphonie italienne de Mendelssohn affichant d’un bout à l’autre la joie d’une formation physiquement engagée, échangeant sourires, regards et complicité avec une fraîcheur assez typique de ces ensembles de musiciens free-lance, jamais blasés ou contaminés par la routine.

    On sent bien du reste que la musicologie n’est pas la priorité de Jérémie Rhorer, qui fait le choix d’un Andante con moto nettement plus lent que ne le voudrait la pratique historique, mais parfaitement conduit, occasion de goûter plus avant les couleurs automnales des bois, qui renvoient par ailleurs constamment à la période médiane de Beethoven dans le demi-caractère d’un Scherzo qui n’en est pas un.

    Et si le chef français avait opté pour un Allegro vivace liminaire sans précipitation ni péril pour les croches répétées porteuses de lumière transalpine, il impose un Presto du Saltarello final jubilatoire, aux limites de la digitalité pour le hautbois, là encore sur un tapis de cordes dont les archets accrochent avec une communauté d’esprit réjouissante.

    Seul petit regret, que l’on ait cédé à la facilité de bisser le Finale, une seconde exécution étant souvent moins millimétrée que la première. Surtout lorsqu’on imagine quelles étincelles auraient pu faire par exemple les musiciens, en plus de boucler la boucle du programme, dans une ouverture des Créatures de Prométhée de Beethoven.




    Théâtre, Besançon
    Le 13/09/2014
    Yannick MILLON

    Concert du Cercle de l’Harmonie sous la direction de Jérémie Rhorer, avec la participation de la mezzo-soprano Kate Lindsey au festival de Besançon 2014.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Coriolan, ouverture
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Les Nuits d’été
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Deh, per questo istante solo (Sextus, la Clemenza di Tito)
    Chi sa, chi sa, qual sia, air de concert K. 582
    Kate Lindsey, mezzo-soprano
    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    Symphonie n° 4 en la majeur op. 90 « Italienne »
    Le Cercle de l’Harmonie
    direction : Jérémie Rhorer

     


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