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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Concert de l’Ensemble vocal Aedes sous la direction de Matthieu Romano au festival de Besançon-Franche-Comté 2014.

Besançon 2014 (2) :
In Paradisum

© Jean-Pierre Hakimian

Dans le superbe cadre médiéval de l’abbaye bénédictine de Baume-les-Messieurs, l’Ensemble vocal Aedes poursuit sa fulgurante ascension dans un programme mêlant pièces a cappella du XXe siècle et exécution d’une bouleversante simplicité du Requiem de Fauré dans un étonnant accompagnement avec orgue. Ou le triomphe de la sobriété.
 

Abbaye, Baume-les-Messieurs
Le 14/09/2014
Yannick MILLON
 



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  • Fondé en 2005, lauréat du prix de la fondation Bettencourt de l’Académie des Beaux-Arts quatre années plus tard, l’Ensemble vocal Aedes est passé des fonds baptismaux à l’âge de raison en un temps record, à renfort de sollicitations toujours plus nombreuses d’institutions aussi prestigieuses que la salle Pleyel, le Théâtre des Champs-Élysées, l’Opéra de Versailles ou encore le festival d’Aix-en-Provence.

    Avec trois enregistrements discographiques à son actif, Aedes a affiné au fil des ans son image sonore, désormais d’une pureté de cristal. Le pupitre de basses, presque toujours tenté de faire du son dans les ensembles vocaux, a trouvé un enviable point d’équilibre, tandis que le rang des sopranos, où plus un vibrato ne dépasse, touche à l’état de grâce.

    La première partie de ce concert donné dans l’écrin hors du temps de l’abbaye de Baume-les-Messieurs, hormis les répétitions hypnotiques de l’Intermezzo pour orgue de Jehan Alain, est dévolue au répertoire sacré a cappella du XXe siècle, autour du rare AMDG (Ad Majorem Dei Gloriam) de Britten, ici scindé en deux blocs, pas sa partition la plus accessible, mais dont la pénultième pièce, Heaven-Haven, vaut pour son élégie. On reste d’ailleurs impressionné par l’énergie déployée par les dix-sept chanteurs dans les éclats païens, presque hooliganesques, de The Soldier.

    Variations sur une mélodie grégorienne par Jonathan Harvey mettant en valeur un premier soprano radieux comme il en est peu et Lux Aurumque du jeune Américain Eric Whitacre spatialisé autour du public entouraient la pièce névralgique : un Lux Aeterna de Ligeti fascinant de poudroiement sonore, toile étale privilégiant le son au texte, où chaque voix soliste contribue par chaque attaque, tel un discret interrupteur, à un véritable scintillement d’étoiles. Huit minutes suspendues dans l’immensité, au bord du vide.

    Après l’entracte, on reste soufflé par la qualité du chœur à plein effectif dans le Requiem de Fauré : homogénéité et fraîcheur incomparables des timbres, nuancier dynamique infini, fortissimo sans une once de saturation, pianissimo impalpable mais, privilège suprême, sans détimbrer, attaques et sons quittés avec le même soin, tenues nourries avec une attention de chaque instant à la conduite de la ligne.

    Outre ses qualités purement vocales, le point fort de cette exécution reste la capacité de Mathieu Romano à faire confiance à ses chanteurs, à s’effacer derrière la musique, à ne jamais faire de la partition sa chose, forme ultime, et bien aussi respectable que la plus sérieuse musicologie, de respect du texte, loin d’un narcissisme trop répandu.

    Refus de toute guimauve (Sanctus), sobriété, simplicité absolues (Offertoire), évidence des tempi, toujours modérés, des phrasés, jamais sulpiciens, de la juste densité sonore (un court Dies irae comme à regret), on nage In paradisum tandis que la lumière commence à décliner sur le vitrail transparent du narthex de l’église Saint-Pierre, doté de l’une des plus merveilleuses acoustiques que l’on connaisse.

    On en oublierait presque que l’orchestre manque à l’appel, car après une entrée en matière forcément déstabilisante, l’excellent arrangement pour orgue du Lyonnais Yves Lafargue, subtilement registré par Louis-Noël Bestion de Camboulas, se fond parfaitement dans la vision confiante et sereine, en rien interventionniste, du chef.

    Le soprano serré de Maïlys de Villoutreys manque, malgré de jolies intentions, de ce séraphisme qui fait les plus bouleversants Pie Jesu, face au bon sens terrien mais toujours humaniste du baryton Alain Buet. Infimes réserves sur une après-midi de fin d’été bénie, saluée par une standing ovation et refermée sur un ineffable Cantique de Jean Racine en bis.




    Abbaye, Baume-les-Messieurs
    Le 14/09/2014
    Yannick MILLON

    Concert de l’Ensemble vocal Aedes sous la direction de Matthieu Romano au festival de Besançon-Franche-Comté 2014.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Ad Majorem Dei Gloriam, partie I
    Jonathan Harvey (1939-2012)
    Plainsongs for peace and light
    Jehan Alain (1911-1940)
    Intermezzo pour orgue
    György Ligeti (1923-2006)
    Lux Aeterna
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Ad Majorem Dei Gloriam, partie II
    Eric Whitacre (*1970)
    Lux Aurumque
    Gabriel Fauré (1848-1924)
    Requiem (arrangement : Yves Lafargue)
    Maïlys de Villoutreys, soprano
    Alain Buet, baryton
    Louis-Noël Bestion de Camboulas, orgue
    Ensemble vocal Aedes
    direction : Mathieu Romano

     


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