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CRITIQUES DE CONCERTS 28 mai 2018

Nouvelle production du Barbier de Séville de Rossini dans la mise en scène de Damiano Michieletto et sous la direction de Carlo Montanaro à l’Opéra de Paris.

La vraie vie du Barbier
© Bernard Coutant / Opéra national de Paris

Venant de l’Opéra de Genève, cette production du Barbier de Séville signée par Damiano Michieletto est l’un des spectacles d’opéra les plus déjantés et fabuleusement drôles vus depuis bien longtemps. Un festival d’humour, dans une agitation picaresque permanente assumée par des chanteurs-acteurs d’une efficacité magistrale.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 19/09/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Finalement, le Barbier de Séville est une aussi folle journée que les Noces de Figaro. Quiproquos en tous genres, coups de théâtre incessants, c’est une avalanche d’événements animant une action débridée que Damiano Michieletto, à qui l’on doit une Cenerentola et un Falstaff brillants à Salzbourg, exploite sans retenue, jouant à fond la carte du kitsch, du théâtre d’acteurs autant que de chanteurs, dans un décor absolument incroyable, grouillant lui aussi de vie, ruisselant de couleurs et d’images dont l’accumulation touchent à la beauté grandiose. Et l’on se dit que finalement, tout cela est dans la musique et le texte et n’avait sans doute jamais été rendu visible à ce point. Car on est bien en plein délire du début à la fin de cette intrigue vaudevillesque.

    Impossible de décrire tout ce que l’on voit, tout ce qui se passe à chaque minute dans cet immeuble populaire mais non misérable qui tourne sans cesse sur lui-même, nous montrant tantôt sa façade aux multiples balcons ornés de linge qui sèche ou de familles qui prennent le frais, tantôt ses entrelacs d’escaliers en colimaçon desservant tous les étages, tantôt l’intérieur des appartements dont ameublement et décoration sont à l’image des âmes qui les habitent, c’est-à-dire dans la confusion mais hauts en couleurs, avec quelques intentions de rationalité mal assumées.

    Pas un instant de repos, ni à le terrasse du petit café-glacier sur rue, ni aux fenêtres, ni dans la rue, ni dans les intérieurs, ni dans les escaliers. Aussi vite et multiple que la musique et le débit de la parole. Ce décor de Paolo Fantin et ces costumes de Silvia Aymonimo sont si intelligemment imaginés dans leurs excès qu’ils évitent toute vulgarité et prennent d’emblée une vraie dimension poétique et surtout théâtrale. Ils racontent une foule de choses, animés par les éclairages de Fabio Barettin.

    La direction d’acteurs est d’une précision d’orfèvre, très exigeante, les personnages circulant sans cesse dans les escaliers, d’une pièce à l’autre, dans la rue. Quelle est belle cette voiture bleue, dans le coffre de laquelle Almaviva s’engouffre pour se cacher en une seconde, et que cet ultime départ du couple en moto est amené avec astuce !

    Car, on l’aura compris, la transposition dans l’époque actuelle ou quelques années en arrière est un choix qui prend ici toute sa saveur. Un petit Almaviva malin, vocalisant à ravir (René Barbera) malgré un timbre un peu jeune, une Rosine pulpeuse et plus bonne fille que vipère (Karine Deshayes toujours musicienne suprême et utilisant ses moyens vocaux avec une clairvoyance et une efficacité qui forcent l’admiration), une Berta mangeuse d’hommes fort drôle et bien chantante (Cornelia Oncioiu) un Figaro très Don Giovanni avec l’humour en plus (Dalibor Jenis) et les excellents Bartolo et Basilio de Carlo Lepore et Orlin Anasatassov (mais qui a jamais entendu de mauvais chanteurs dans ces rôles en or ?), réalisent une sorte de marathon de haut en bas et d’un bout à l’autre de ce décor en forme de mini univers sans que la qualité de leur chant en pâtisse. Une prouesse.

    Carlo Montanaro au pupitre mène le tout avec la précision et la vivacité voulues, ayant aussi bien à l’œil tel instrumentiste lancé dans un solo périlleux que tel soliste engagé dans la même lutte. Et il parvient à rendre clair l’extraordinaire chaos final, véritable explosion visuelle et sonore, méli-mélo dément d’accessoires, de sons et de corps en folie, tout aussi déjanté que la musique de Rossini est délirante et déchaînée. Un travail musical et théâtral de haut vol.

    C’est vrai, on imagine mal le sympathique couple Almaviva-Rosine qui part vers sa nouvelle vie en moto, casqué et de cuir vêtu, quelques années plus tard régnant sur une cohorte de domestiques dans quelque château en Espagne… Mais qu’importe, on s’est bien amusé et rarement Rossini aura vécu avec autant de verve sur une scène.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 19/09/2014
    Gérard MANNONI

    Nouvelle production du Barbier de Séville de Rossini dans la mise en scène de Damiano Michieletto et sous la direction de Carlo Montanaro à l’Opéra de Paris.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes (1816)
    Livret de Cesare Sterbini d’après la pièce de Beaumarchais
    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Carlo Montanaro
    mise en scène : Damiano Michieletto
    décors : Paolo Fantin
    costumes : Silvia Aymorino
    éclairages : Fabio Barettin
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    René Barbera (Il Conte d’Almaviva), Carlo Lepore (Bartolo), Karine Deshayes (Rosina), Dalibor Janis (Figaro), Orlin Anastassov (Basilio), Tiago Matos (Fiorello), Cornelia Oncioiu (Berta), Lucio Prete (Un Ufficiale).

     



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