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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Concert de l’Orchestre national d’Île-de-France sous la direction d’Ainars Rubikis, avec la participation du pianiste Wilhem Latchoumia au festival de Besançon 2014.

Besançon 2014 (3) :
Le goût du risque

© Barbara Herbst

Après une première partie décevante en raison d’une pièce d’ouverture faible et du pianisme déroutant de Wilhem Latchoumia, ce concert de l’Orchestre national d’Île-de-France sous la houlette du jeune Lituanien Ainars Rubikis laisse une belle empreinte dans une exécution d’une magnifique tension de la Cinquième Symphonie de Chostakovitch.
 

Théâtre, Besançon
Le 20/09/2014
Yannick MILLON
 



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  • En ouverture de cet avant-dernier concert symphonique du 67e festival de Besançon-Franche-Comté, on reste dubitatif devant la pièce Maslenitsa du jeune compositeur français Guillaume Connesson, patchwork où passent Chostakovitch, Khatchatourian et même un Rimski-Korsakov sous amphétamines, grande pièce brillante et facile dont le langage paraît avoir au moins un demi-siècle de retard, peu importe l’argument du carnaval russe et de la fameuse poupée jetée au feu pour célébrer la fin des festivités.

    On ne sera guère plus emballé par la Burlesque de Strauss qui suit, certainement pas un chef-d’œuvre de son auteur, et qui vaut à notre sens lorsqu’elle dépasse la virtuosité post-lisztienne pour se parer d’atours subtils dans un jeu d’orchestre millimétré en relais d’un pianisme par petites touches. L’Orchestre national d’Île-de-France affiche ici une énergie à toute épreuve, avec un excellent timbalier solo mais des violoncelles en manque d’homogénéité dans les aigus et une absence de véritables nuances en échos aux grands tutti.

    Surtout, on aurait gagné à une partie pianistique plus dentelée, le toucher de Wilhem Latchoumia, d’une décontraction pas loin de la nonchalance, partition sous le nez, posture un peu absente, apparaissant ce soir sec et détimbré, avare en couleur, en coups de griffe approximatifs, ne cherchant guère à faire chanter l’instrument, laissant un sentiment de course à la digitalité encore de mise dans le Polichinelle de Villa-Lobos donné en bis.

    Changement total d’atmosphère après l’entracte dans une suffocante Cinquième Symphonie de Chostakovitch, transfigurant la pâte sonore d’un orchestre français ce soir parfaitement idoine dans ce répertoire soviétique nécessitant une totale maîtrise de la tension des archets et de l’acuité des vents.

    Il faut dire qu’Ainars Rubikis chante en quelque sorte dans son arbre généalogique, maestro trentenaire issu d’une Lituanie encore sous la coupe de l’URSS pendant son adolescence. Et de faire le choix, à haut risque face à une formation comme l’ONDIF, de tempi extrêmement contrastés, d’une lenteur tétanisante dans les mouvements impairs.

    Somptueusement sculptées, ne faiblissant jamais dans les tenues, les cordes inaugurent le Moderato initial dans un climat austère, concentration optimale et intensité irréprochable, avec enfin de vraies plages pianissimo au bord du silence. Un étirement du temps confirmant l’habileté du chef, conscient de la nécessité à nourrir le son pour ne pas perdre en tension, mais un vrai risque pour la flûte et le cor solo, tout sauf sereins, fragmentant leurs phrases où ils doivent multiplier les respirations.

    Un chant de souffrance adéquat qu’on retrouve dans le Largo, magnifiquement conduit, sentiment d’attente, sonorités raréfiées, peut-être un rien trop concrètes chez la harpe ou le célesta, plus appliqués que véritablement inspirés, mais fondues dans un espace sonore de la plus belle amplitude.

    En contraste, Rubikis harcèle l’orchestre sans relâche dans le Scherzo, rapide, implacable, poussant les cordes à un jeu très accroché, phrasé court et dense (malgré un violon solo dépassé, tremblotant tout son saoul), ainsi que dans un Finale bien cravaché, mais surtout admirablement hissé à sa conclusion de joie forcée, comme sous des coups de bâton, monument d’ambiguïté grinçante grâce à un tempo retenu et des scansions très au fond des temps.

    Belle leçon de la part d’un maestro qui a le triomphe modeste, détournant des applaudissements nourris vers la partition brandie à bout de bras.




    Théâtre, Besançon
    Le 20/09/2014
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre national d’Île-de-France sous la direction d’Ainars Rubikis, avec la participation du pianiste Wilhem Latchoumia au festival de Besançon 2014.
    Guillaume Connesson (*1970)
    Maslenitsa
    Richard Strauss (1864-1949)
    Burlesque pour piano et orchestre
    Wilhem Latchoumia, piano
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47
    Orchestre national d’Île-de-France
    direction : Ainars Rubikis

     


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