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CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2018

Nouvelle production de Castor et Pollux dans une mise en scène de Christian Schiaretti et sous la direction d'Hervé Niquet au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Tristes apprêts, pâles flambeaux

Par un heureux hasard de calendrier (et année Rameau oblige), les dioscures débarquent au TCE et à l'Opéra de Lille. En attendant de rendre compte de la seconde, il nous aura fallu passer, avenue Montaigne, sous les fourches caudines d'une production tout terrain, ne reculant devant aucun poncif, même les plus improbables.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/10/2014
David VERDIER
 



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  • Pour ses débuts dans le monde de la tragédie lyrique, le directeur du TNP de Villeurbanne a fait le choix de la version modifiée de 1754 avec ajouts et coupures, principalement pour des raisons commerciales – le prologue de 1737, qui célébrait le traité de Vienne, disparaît dans la version remaniée.

    Cet amour des deux frères pour une même femme évolue vers une forme de célébration de l'amour qu'ils se portent réciproquement. Rien de plus logique quand on sait qu'ils sont faux jumeaux, fils de Léda mais né d'un œuf différent, Castor étant fils de Tyndare et Pollux de Jupiter.

    Peu bégueule sur les questions de genre, le librettiste Pierre-Joseph Bernard (affectueusement surnommé Gentil Bernard par Voltaire) donne explicitement dans un style quasi mélodramatique qui va comme un gant à une musique de Broadway – telle que la qualifie Hervé Niquet dans son texte de présentation.

    Tant d'humour et d'arrière-plans sont gommés par l'idée très plate de Rudy Saboughi de reproduire sur scène un double du hall d'entrée du Théâtre des Champs-Élysées, avec les fresques de Bourdelle et plafonnier en apologie d'un style art-déco hors d'âge. L'espace devient sanctuaire, tandis que l'apparition des protagonistes en toge et cuirasses fait inévitablement penser à un péplum façon Enlèvement des Sabines.

    On trouvera certainement plus intéressant de lever des yeux vers l'Antiquité idéalisée par le pinceau de Maurice Denis… Le kitsch trouve ses lettres de noblesse au IV, lorsque s'ouvrent les Enfers et que disparaissent nos dernières illusions dans cette vision Grand-Guignol.

    Christian Schiaretti laisse aux chanteurs le choix entre chanter de face et se déplacer de manière convenue, ce qui présente l'avantage évident de ne pas contrarier la prestation vocale, mais on repassera pour l'originalité. Ce théâtre musical, mariant idéalement le verbe et l'affect, se retrouve privé d'intérêt par la multiplication d'options aussi creuses.

    Nous jetterons par la même occasion un voile pudique sur les agitations électrisées d'Andonis Foniadakis qui servent de chorégraphie. L'ennui mortel qu'elles inspirent justifierait aisément que l'on fasse l'économie d'une bonne partie de ces scènes dansées qui morcellent l'action et affaiblissent considérablement l'ouvrage.

    Comme pour faire mentir ces points faibles, Hervé Niquet impose à son Concert Spirituel une battue nerveuse et autoritaire qui, à la longue, ternit nuances et de couleurs. Le plateau connaît des bonheurs variés, à commencer par deux rôles-titres qui, loin de se compléter, s'opposent carrément.

    Edwin Crossley-Mercer campe un Pollux racé et d'une belle ampleur dynamique tandis que le Castor de John Tessier reste prisonnier des difficultés techniques de son rôle. La séduisante Omo Bello n'a pas la surface vocale qui ferait d'elle une Télaïre de premier plan. Sa rivale Phoebé est mieux servie par la voix et les qualités de comédienne de Michèle Losier.

    On notera la prestation impressionnante de Jean Teitgen en Jupiter. Seul chanteur présent ce soir à savoir ce qu'est au juste une diérèse, il allie une diction impeccable à un volume avantageux et une belle richesse de timbre. Quelques étincelles, certes, mais un feu baroque qui reste désespérément froid et éteint.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/10/2014
    David VERDIER

    Nouvelle production de Castor et Pollux dans une mise en scène de Christian Schiaretti et sous la direction d'Hervé Niquet au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
    Castor et Pollux, tragédie lyrique en cinq actes
    Livret de Pierre-Joseph Bernard
    Version de 1754

    Chœur du Concert Spirituel
    Le Concert Spirituel
    direction : Hervé Niquet
    mise en scène : Christian Schiaretti
    décors : Rudy Sabounghi
    costumes : Thibaut Welchlin
    éclairages : Laurent Castaingt lumières

    Avec :
    John Tessier (Castor), Edwin Crossley-Mercer (Pollux), Omo Bello (Télaïre), Michèle Losier (Phœbé), Jean Teitgen (Jupiter), Reinoud van Mechelen (Mercure / un spartiate / un athlète), Hasnaa Bennani (Cléone / une ombre heureuse), Marc Labonnette (Un grand prêtre).

     



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