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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Vasily Petrenko, avec la participation de la violoniste Baïba Skride à la salle Pleyel, Paris.

Un éclairage neuf
© Mark McNulty

Découverte pour beaucoup du Concerto pour violon n° 1 de Karol Szymanowski dans une interprétation riche en couleurs sous l’archet de Baïba Skride, avant que Vasily Petrenko ne conduise l’Orchestre philharmonique de Radio France à travers les épisodes de la Septième Symphonie de Gustav Mahler sous des lumières du jour autant que de la nuit.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 17/10/2014
Claude HELLEU
 



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  • Kaléidoscope inhabituel de sonorités changeantes, le Premier Concerto pour violon de Szymanowski, tel un poème d’un seul tenant, nous garde sous l’emprise de ses évocations symbolistes, jusqu’à l’extase, jusqu’au dépouillement de la dernière note au violon seul. Grâces en soient rendues à Baïba Skride et au Philhar sous la direction de Vasily Petrenko, qui ont eu l’excellente idée de nous offrir cette œuvre qu’on aimerait entendre plus souvent, une révélation pour une grande partie du public.

    Les couleurs légères aux vents vite rejoints par les cordes nous introduisent dans une ambiance immédiatement prenante, d’où le violon soliste émerge, l’aigu droit, avant de se refondre à l’orchestre dans un puzzle de moments multiples et animés. Au sein du climat lumineux s’affirme peu à peu la présence du violon, un Stradivarius prêté par Gidon Kremer à la jeune Lettone pour son meilleur usage.

    Descente dans les graves, arabesques dynamiques, tourbillon joyeux, la sensibilité du jeu s’y confirme. La virtuosité s’engage. La pulsion du rythme s’échauffe. La sensualité se montre, pourrait peut-être s’exacerber davantage dans une montée brulante partagée par les pupitres tels d’autres solistes fusionnels de ce violon qu’élève Baïba Skride vers des aigus magnifiquement effilés.

    Vasily Petrenko dynamise et nuance leur éparpillement sonore où cuivres et bois ont la partie belle. L’esthétisme inspiré au compositeur par La Nuit de mai de Micinski lui inspire des trouvailles coloristes dont la palette ne cesse de renouveler scintillements, éblouissements, troubles et séductions voluptueuses.

    Silence soudain pour une cadence aux arrachements harmoniques (écrite par Kochanski). La jeune femme à l’apparence sage dans sa longue robe de satin vert, les cheveux tirés, s’échappe et se rebelle. Aux registres multiples ciselés, au raffinement de son jeu, elle insuffle maintenant l’incandescence de sa fièvre. L’orchestre l’y rejoint avant de se dissoudre pour laisser le dernier mot au son éthéré du violon solo.

    Nette, la direction de Petrenko mène maintenant l’entrée de l’Orchestre philharmonique de Radio France dans la Septième Symphonie de Mahler. Autoritaire, le rythme marque la marche funèbre. Les vents n’ont pas encore la précision de leurs attaques, les cordes leur homogénéité. Ce manque de rigueur s’effacera peu à peu avec la montée de la tension qui habite le mouvement énigmatique.

    L’esprit conquérant du chef ne semble pas vouloir s’appesantir sur ses humeurs pensives, mais exalter ses forces face à ses attirances obscures. Défi ? Le tempo veille à repousser toute pesanteur au drame, la retenue n’est pas de mise. Les cors, maîtres de l’éloquence, y rayonnent. La victoire va de soi.

    Moment de grâce pour la savourer. Légèreté d’une Nachtmusik aux visions lumineuses, le chœur des bois au cœur de son climat rêveur. Le rythme serré de la marche se relâche pour laisser place à une certaine langueur.

    Avant qu’une danse d’ombres, Schattenhaft, ne la remplace en provocations de tous ordres, rythmes de valse déhanchés, distorsions, sarcasmes et accents grotesques menés d’une baguette incisive. L’orchestre n’est pas toujours à sa hauteur virtuose, fins de phrases avalées quand trop brèves et rapides, mais les fulgurances des pupitres strient l’atmosphère ô combien provocante, les silences tombent tels des couperets.

    Une autre Nachtmusik ramène une forme de paix. Transparence de l’air, émotion plus proche de la nature, pause d’une tranquillité bucolique presque passive. Et se déchaînent les éclats du Finale, toutes contradictions apparemment résolues sous l’éclairage qu’y projette Petrenko. Très claire, très sûre, exigeante, sa lecture se tient au respect de la partition sans particulière audace sinon une vivacité qui l’allège, uniformise aussi quelque peu son émotion triomphale.

    Ce parcours de la Septième, moins sombre que tant d’autres, moins nocturne – rappelons que le sous titre Chant de la nuit n’est pas de Mahler – aura révélé un lyrisme aux évocations plus affirmées. Et mérité l’enthousiasme du public.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 17/10/2014
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Vasily Petrenko, avec la participation de la violoniste Baïba Skride à la salle Pleyel, Paris.
    Karol Szymanowski (1882-1937)
    Concerto pour violon et orchestre n° 1 op. 35
    Baïba Skride, violon
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 7 en mi mineur « Chant de la nuit »
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Vasily Petrenko

     


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