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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Récital d’Alexei Volodin dans le cadre de la série Piano**** à la salle Pleyel, Paris.

L’athlète du piano
© Marco Borggreve

Doté d’une ahurissante technique, Alexei Volodin possède aussi une force de frappe qu’il ne sait guère doser. Contrairement à certains autres représentants actuels de l’École russe, s’il consent de rares nuances et quelques inévitables moments d’intériorité, c’est dans la violence qu’il est chez lui, y compris avec Schumann.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 12/11/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Trois sonates de Scarlatti en introduction pouvaient laisser espérer un penchant pour la délicatesse. Vitesse excessive et permanente, certes, mais aussi une certaine légèreté de toucher nous laissaient optimistes. Mais avec les déferlements tempétueux des pages de Prokofiev qui suivaient, dont la Sonate n° 3, tout espoir s’envole.

    La démonstration technique impressionne. Elle donne presque le tournis. L’écriture le demande incontestablement, au moins en partie, mais la pousser ainsi dans ses ultimes retranchements, n’y chercher rien d’autre qu’une vélocité aussi extrême que la puissance du son est en fait très réducteur. Un Richter, sans toujours faire pour autant dans la dentelle, en tirait tout autre chose.

    Fort heureusement, le postromantisme de Medtner a la vertu de calmer un peu les ardeurs tonitruantes du virtuose. Il y a beaucoup de charme dans ces pages sensibles, plus pudiques que celles de Rachmaninov par exemple, contemporain du compositeur. De la délicatesse, aussi, dans une écriture qui sait faire passer des états d’âmes nuancés, des couleurs personnelles aux teintes de forêts de bouleaux.

    On connaît peu Medtner chez nous. Elisabeth Schwarzkopf en révéla quelques fort belles mélodies. Mais c’est trop peu. Ce fut en tout cas le meilleur moment de ce récital, avec dans une certaine mesure, la Polonaise-Fantaisie en lab majeur op. 61 de Chopin qui précédait, en seconde partie, le Carnaval op. 9 de Schumann.

    Car, il faut bien l’admettre, Volodin aborde cette œuvre subtile, ancrée dans un contexte culturel et intellectuel bien précis, comme s’il s’agissait des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Plus de rêve, plus de scintillements de lanterne magique, plus de combat philosophique, mais de nouveau une avalanche de notes à grande vitesse, avec des mains qui semblent vouloir détruire le piano.

    La Marche des Davidsbündler contre les Philistins devient une guerre atomique avec des débordements sonores qui feraient pâlir la Grande porte de Kiev. C’est une destruction à la hache de l’univers schumannien. Quel dommage d’utiliser avec si peu de raison des moyens pianistiques aussi exceptionnels !




    Salle Pleyel, Paris
    Le 12/11/2014
    Gérard MANNONI

    Récital d’Alexei Volodin dans le cadre de la série Piano**** à la salle Pleyel, Paris.
    Domenico Scarlatti (1685-1757)
    Sonate K 454
    Sonate K 487
    Sonate K 17
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Marche, Prélude, Scherzo (extraits des dix pièces op. 12)
    Sonate pour piano n° 3 en la mineur op. 28
    Nikolaï Medtner (1880-1951)
    Sonate-Reminscenza en la mineur op. 38
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Polonaise-Fantaisie en lab majeur op. 61
    Robert Schumann (1810-1856)
    Carnaval op. 9
    Alexei Volodin, piano

     


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