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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2020

Concert de l'Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov, avec la participation du pianiste Andreï Korobeinikov à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.

Yuri tourne la manivelle
© Jaydie Putterman

Jamais deux sans trois. Après l’Arsenal de Metz et le Théâtre des Champs-Élysées de Paris, la Philharmonie de Saint-Pétersbourg convainc toujours mais son chef beaucoup moins à l’Auditorium de Lyon, dans un programme largement renouvelé où une sobriété revendiquée semble se mouvoir en absence de vision, voire en manque de personnalité.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 15/11/2014
Benjamin GRENARD
 



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  • Si la prestation messine a convaincu Pierre-Emmanuel Lephay, si les deux soirées parisiennes ont enchanté Claude Helleu, on ne peut pas en dire autant du concert lyonnais de la tournée du Philharmonique de Saint-Pétersbourg, qui nous a laissé circonspect. Certes, la phalange russe fait partie de ces Rolls dont on se délecte : timbres colorés, engagement sans faille, personnalités des solistes, tout révèle un orchestre de première envergure internationale.

    Encore faut-il qu'à ce niveau, l'ensemble soit conduit de main de maître. Car la sobriété de Temirkanov dénote ce soir moins un choix qu'une absence de vision. Les failles ne tardent pas à se faire sentir dans Francesca da Rimini : violoncelles et contrebasses rondouillards sans la verticalité indispensable du son qui lui permettrait d'être animé, hiérarchisation indifférente ou ratée, phrasé quasi inexistant, il ne reste pas grand-chose sinon de la dimension épique, du moins de la tension narrative du poème symphonique.

    D'autant qu'à défaut d'une vision subjective supposant un corps à corps avec l'œuvre, on n'a pas davantage la hauteur de vue d'une conception plus objective, structuraliste, qui laisserait sonner l'œuvre elle-même. Ce dernier choix suppose toujours, quoi qu'on en dise, une vraie personnalité : si celle-ci, en apparence, disparaît derrière l'œuvre, elle n'en reste pas moins le démiurge qui la canalise et lui permet de naître à son propre accomplissement.

    Loin de cela, la sobriété de Temirkanov n'est en réalité qu'un faux-semblant, une demi-mesure d'autant plus mal assumée si l'on en juge par quelques épisodes un peu plus engagés ou pire, par les accords terminaux ronflants jouant subitement la carte de l'emphase. En revanche, on est agréablement surpris par les talents d'accompagnateurs du successeur de Mravinski.

    Indubitablement, la personnalité du piano d’Andreï Korobeinikov, au jeu très clair, assez analytique mais aussi décisif, insuffle à l'interprétation une belle énergie, bien récupérée par le maestro. La matière musicale s'incarne enfin avec une vraie spontanéité, pour ce qui sera, de loin, le moment le plus intéressant de la soirée. Ces Variations sur un thème de Paganini témoignent d'un véritable discours musical, mené avec acuité.

    Hélas, la Symphonie Pathétique en seconde partie ne fait qu'alterner le correct et le pire. Dans les passages fougueux, Temirkanov trouve une vraie pâte orchestrale, très à la corde, ainsi qu'une urgence appréciable. Mais cela ne suffit pas à compenser l'inanité de beaucoup de phrasés, un manque de vécu, une mise en place approximative, voire parfois des choix de timbre d'une rare laideur, à l'image de cette tenue de cors bouchés dans l’Adagio final dont il nous fallu quelques secondes avant de pouvoir identifier qu'elle ne provenait pas d'un vieil instrument électro-acoustique nasillard acheté à la foire aux puces. Un comble pour l'une des plus belles phalanges qui soit.

    Le concert aurait pu s'arrêter là. Mais sacrifiant au rite du rappel, Termirkanov livre un Nimrod des Variations Enigma d'Elgar d'une musicalité creuse digne d'un mauvais organiste de barbarie. Trop pressé de tourner la manivelle, le chef russe ferait presque de la magnifique et ample pièce d'Elgar une banale chanson de rue. Malgré l'orchestre de grande qualité, on regrette que le concert ne soit malheureusement pas à la hauteur de l'événement.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 15/11/2014
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov, avec la participation du pianiste Andreï Korobeinikov à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Francesca da Rimini, fantaisie symphonique op. 32
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Rhapsodie sur un thème de Paganini op. 43
    Andreï Korobeinikov, piano
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur op. 74, « Pathétique Â»
    Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg
    direction : Yuri Temirkanov

     


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