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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Récital de Nelson Freire dans le cadre de la série Piano**** à la salle Pleyel, Paris.

La tendresse et la légèreté

Nelson Freire confirme, dans un récital Piano**** de très haute tenue consacré à Schumann-Chopin, l'exigence et le sublime de sa maîtrise pianistique. Un moment rare et précieux salle Pleyel qui soulève d'enthousiasme une audience conquise d'avance par le talent du pianiste brésilien, plus attentif que jamais dans sa quête de la couleur.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 15/11/2014
David VERDIER
 



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  • Au royaume des broyeurs d'ivoire, seuls les subtils sont rois. Le programme Schumann-Chopin qu'avait choisi Nelson Freire pour ce récital Piano**** à Pleyel ne tolérait aucun faux pas. Sans rien de démonstratif et d'extérieur, son jeu se déploie d'un bout à l'autre de l'échelle expressive, avec la quête de la couleur comme unique fil rouge.

    Qui d'autre aujourd'hui pour une Arabesque aussi déliée de ligne et de masses sonores ? Un legato jamais volumétrique et sans cesse au service du discours crée des effets de contrastes et de superposition de timbres. Leicht und zart (léger et tendre) mais rien de purement décoratif dans l'agencement et la souplesse des couplets.

    On frémit subitement quand il aborde l'intermède en la mineur avec son court cortège d'inquiétudes et de fièvres, mais le doux roulis de notes reprend son cours. Tout est malicieusement maîtrisé, sans jeu d'acteur superflu qui viendrait souligner l'inutile virtuosité.

    Les trois petites pages et les trente-quatre mesures de la Romance n° 2 op. 28 servent d'avant-propos aux redoutables Études symphoniques – juste le temps de démontrer magistralement l'art d'agencer les modulations chromatiques avec la notion de paysage sonore. L'équilibre des plans et la longueur de notes dans le registre grave signe une interprétation de haut vol, libre et millimétrée à la fois.

    La première partie se referme avec des études auxquelles on aimerait ajouter le qualificatif de transcendantes à celui de symphoniques. Le tempo faussement relâché des premières variations nous envoie directement sur la fausse piste d'une prudence de bon aloi.

    L'enchaînement entre la cinquième et l'éruptive sixième variation fait entendre ce corps à corps avec l'instrument. Cette eau qui dort dans les suspensions des phrases, on en goûte la saveur et le poison dans l'agogique et l'abattage démentiel de la huitième et la fièvre qui gagne dans les atermoiements de la neuvième. Nelson Freire fait naître du clavier, sans une once de lourdeur dans les appuis, les alternances de climats dans la conclusion.

    Après de tels sommets, on aborde le Chopin italianisant de la Barcarolle op. 60 avec une palette encore schumannienne par bien des égards. L'absence d'effets à la main droite attire irrésistiblement l'écoute vers la façon très personnelle avec laquelle il explore le registre grave.

    La Sonate en si mineur trouve son point d'équilibre dans cette nuance-là – tout particulièrement dans un Largo immobile et doux à tirer des larmes. Cette économie de moyens tout entière dédiée à la sonorité de l'instrument semble à la fois confondante de simplicité et si complexe dans le traitement des équilibres et des nuances.

    Deux bis pour conclure : un ultime Chopin encore, ce Nocturne op. 27 n° 1, ainsi que le Douzième Prélude op. 32 de Rachmaninov viennent confirmer la maîtrise élémentaire et la pureté de toucher de ce pianiste d'exception.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 15/11/2014
    David VERDIER

    Récital de Nelson Freire dans le cadre de la série Piano**** à la salle Pleyel, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Arabesque op. 18
    Romance op. 28 n° 2
    Etudes Symphoniques op. 13
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Barcarolle op. 60
    Sonate en si mineur op. 58
    Nelson Freire, piano

     


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