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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert d’inauguration du nouvel auditorium de Radio France par l’Orchestre national de France sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du violoniste Luc Héry.

Le Héros victorieux
© Pablo Faccinetto

Sous la direction de son chef Daniele Gatti, premier concert de l’Orchestre national au nouvel Auditorium de Radio France. Servie par une acoustique exceptionnelle, une magnifique deuxième partie transcende Une Vie de héros de Richard Strauss, après que deux œuvres de Ravel et Saint-Saëns ont été privées de tout esprit français.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 20/11/2014
Claude HELLEU
 



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  • Après les trois jours d’inauguration portes ouvertes, c’était le premier concert au nouvel Auditorium de Radio France, un lieu de toute beauté conçu sur les anciens studios 102 et 103 de la Maison de la Radio. Bois chaleureux, public réparti en hauteur et tout autour de la scène offrent d’entrée un climat de complicité entre les musiciens et les auditeurs.

    Cette proximité circulaire permet de voir le jeu de chaque pupitre et les relais entre eux alors qu’on en entend chaque détail. L’acoustique analytique, sèche et très claire, exhausse les sonorités mais évidemment ne pardonne rien. D’où l’obligation d’excellence.

    Sous la direction de Daniele Gatti, l’Orchestre national l’a atteinte dans Une Vie de héros de Richard Strauss – un test idéal pour le déploiement des couleurs et des nuances dans une salle qui n’est pas immense et n’a montré aucune saturation des fortissimi de la partition.

    Et pourtant le déferlement de sentiments suscités au cours des six épisodes du parcours du héros évoqué a connu ses paroxysmes de fièvre. Notamment lors de la bataille à l’appel de la trompette, où cordes et vents s’envoient leurs projectiles de sonorités en une mêlée époustouflante qu’on suit du regard, l’écoute fascinée.

    Idéalement uni dans son esprit de conquête, l’orchestre nous mène à ce combat furieux avec un dynamisme sans faille. Né de la profondeur des cordes graves, il inspire les interventions des bois reprises par le tuba dans l’euphorie de l’aventure qui commence, l’éloquence des dialogues entre les solistes, personnifie celui de la clarinette et du violon solo, compagne du héros jouant de toutes ses séductions conformément au caractère versatile de Madame Strauss.

    Car il est dit que la vie du compositeur inspire et trame cet enchaînement de situations et d’émotions, comme en témoignent les citations de ses œuvres précédentes, souvenirs dont le contrepoint est remarquablement mis en lumière. L’angoisse et le renoncement leur succèdent. Le solo du cor anglais annonce la paix vers laquelle s’acheminent la pulsation des timbales, la mélancolie des cuivres, bois en écho, la résignation des cordes superbement homogènes, le chant d’amour du violon solo.

    Daniele Gatti, la direction catégorique et passionnée, suscite l’expressivité de la moindre phrase, impose l’emprise d’une personnalité hors du commun, cisèle les admirables harmonies orchestrales, soulève les sentiments les plus divers jusqu’à cette victoire de l’amour. Victorieux, le héros de Strauss l’est de sa vie et de son entrée triomphale dans le nouvel auditorium de la Maison de la Radio.

    Elle nous fait oublier une première partie de concert où les deux œuvres au programme n’ont pas bénéficié de la même adéquation. Pauvre Menuet antique de Ravel, privé de toute ambiguïté. En lieu et place de sa majesté, la pesanteur. Devenues semblablement mornes, l’agressivité, la délicatesse, la distance ironique savamment dosées par le compositeur au fil des pages s’aplatissent sous une mise en place consciencieuse. Esprit français, où es-tu ?

    Nous ne le retrouvons pas davantage dans le Troisième Concerto pour violon de Saint-Saëns et sa correcte interprétation. L’orchestre entoure la mise en valeur du soliste, Luc Héry, son premier violon solo sorti du rang pour l’occasion. Leur entente respecte le caractère de la partition, tour à tour énergique et douce, virtuose et chantante, mais si sagement qu’il ne s’y passe pas grand chose.

    Un très beau duo entre le violon et le hautbois éclaire l’Andantino quasi allegretto central, rompant l’uniformité des lignes mélodiques. Des moments de langueur discutable, quelques aigus approximatifs, des notes qui se perdent dans la virtuosité flatteuse, une direction lourde entachent sans grand dommage les agréments d’un concerto qui n’est certes pas le plus intéressant du répertoire français. Mais laisse place à l’arrivée du héros de Strauss…




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 20/11/2014
    Claude HELLEU

    Concert d’inauguration du nouvel auditorium de Radio France par l’Orchestre national de France sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du violoniste Luc Héry.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Menuet antique
    Camille Saint-Saëns (1835-1921)
    Concerto pour violon et orchestre n° 3 en si mineur op. 61
    Luc Héry, violon
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ein Heldenleben
    Orchestre national de France
    direction : Daniele Gatti

     


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