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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

L’Orfeo de Monteverdi dans une mise en scène de Sasha Waltz et sous la direction de Torsten Johan au Grand Théâtre de Luxembourg.

Sasha Waltz illumine l'Orfeo
© Monika Rittershaus

Créée en septembre dernier à l'Opéra d'Amsterdam, et sur le chemin du festival de Bergen et de l'Opéra de Lille, cette production de l'Orfeo de Monteverdi s'arrête pour trois représentations très applaudies au Grand Théâtre de Luxembourg. De l'art et la manière de mettre en scène le grand geste vocal de cette Favola in musica.
 

Grand Théâtre, Luxembourg
Le 07/12/2014
David VERDIER
 



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  • Tous les ingrédients qui font la touche Sasha Waltz sont réunis, et les spectateurs de Passion de Pascal Dusapin retrouveront sans déplaisir ces lents déplacements mêlant chant et danse, à la façon d'un coryphée antique, mobile et polymorphe.

    La chorégraphe allemande aime à penser au pluriel une scénographie d'ouvrage lyrique à mi-chemin entre mise en scène et mise en gestes. La confusion des sentiments et des êtres est à ce point parfaite qu'on peine à distinguer quand un danseur fait du playback ou lorsqu'un chanteur se détache d'un groupe dansé pour interpréter son air.

    Les images très fortes tiennent à la réitération de certains éléments ; ainsi cette pantomime en hommage à Archimboldo ou bien ce ballet des fleurs, symboles des temps joyeux et ce bouquet que l'on s'échange sans y toucher durant les funérailles d'Euridice – une mort apaisée et colorée qui tranche avec la froideur glauque des enfers lorsqu’Orfeo revient la chercher.

    Admirables également, ces micro-décalages dans les groupes dansés, une façon efficace de rompre l'ennui d'une synchronisation répétitive et de concentrer l'attention. On pardonnera à la danse d'être parfois trop bavarde, surtout quand la tension entre protagonistes est à son comble et qu'il faut accepter cette présence mobile et inutilement esthétisante. À oublier également, cet Apollon (Julian Milan) en fraise de Pierrot couleur moutarde qui pousse depuis la salle des aigus mal ajustés…

    Le décor d'Alexander Schwarz est construit autour d'un panneau de bois qui pivote vers l'avant, révélant un cadre avec parois mobiles, véritable livre d'images duquel surgissent les personnages de cette Favola in musica. Sur le mur en fond de scène se projettent les images fixes d'un sous-bois durant la première partie, subitement remplacé par un vaste espace glacé et lunaire avec des rochers humains qui ne sont pas sans rappeler la vision dantesque des damnés prisonniers dans les marais du Cocyte.

    La disposition du modeste effectif du Freiburger BarockConsort de part et d'autre de ce large espace induit inévitablement des conséquences sur l'homogénéité de la couleur et des timbres. Torsten Johann a beau se placer tantôt au centre, tantôt latéralement, un certain nombre de départs approximatifs (cornets à bouquins et viola da spada) sont à mettre sur le compte de cette étrange géographie instrumentale – il est vrai que l'acoustique très mate du Grand Théâtre ne pardonne pas la moindre erreur.

    Le plateau vocal connaît des fortunes assez diverses, notamment les nymphes et bergers au format relativement modeste. Fort heureusement, l'Orfeo de Georg Nigl forme avec l'Euridice (chantant également La Musica) d'Anna Lucia Richter, un couple de voix très bien projetées et très équilibrées.




    Grand Théâtre, Luxembourg
    Le 07/12/2014
    David VERDIER

    L’Orfeo de Monteverdi dans une mise en scène de Sasha Waltz et sous la direction de Torsten Johan au Grand Théâtre de Luxembourg.
    L’Orfeo, favola in musica en un prologue et cinq actes (1607)
    Livret d'Alessandro Striggio

    Vocalconsort Berlin
    Freiburger BarockConsort
    direction : Torsten Johann
    mise en scène : Sasha Waltz
    décors : Alexander Schwarz
    costumes : Beate Borrmann
    éclairages : Martin Hauk
    video : Tapio Snellman

    Avec :
    Georg Nigl (Orfeo), Anna Lucia Richter (Euridice / La Musica), Charlotte Hellekant (Messaggiera / La Speranza), Douglas Williams (Caronte), Konstantin Wolff (Plutone), Luciana Mancini (Prosperina), Julián Millán (Apollo / Eco / Pastore 4), Cécile Kempenaers (Ninfa / Pastore 1), Kaspar Kröner (Pastore 2 / Spirito), Kevin Skelton (Pastore 3 / Spirito), Hans Wijers (Pastore 5 / Spirito).

     



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