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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons au Festspielhaus de Baden-Baden.

La carpe et le lapin
© Marco Borggreve

Étrange concert du fait d’un couplage quelque peu incongru où la grandiose Symphonie Alpestre de Strauss mange tout cru l’élégante et sage symphonie la Surprise de Haydn... Car ce que l’on retient de ce concert, c’est avant tout la prouesse orchestrale de Wiener Philharmoniker superlatifs, magnifiant la somptueuse partition de Strauss.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 12/12/2014
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Quel mouche a piqué les Wiener Philharmoniker pour programmer un tel mariage de la carpe et du lapin en faisant se côtoyer le prototype d’une symphonie classique, équilibrée et élégante, et la démesure de ce qui est sans doute la dernière œuvre postromantique, sorte d’adieu à l’orchestre symphonique du XIXe siècle ? Veut-on nous montrer les deux pendants du genre ? Mais ce qui peut paraître éventuellement une bonne idée sur le papier l’est beaucoup moins dans la réalité sonore.

    La Symphonie n° 94 de Haydn est en effet revêtue d’habits romantiques tant dans les couleurs que dans la direction d’un Andris Nelsons surdirigeant une œuvre qui n’en demande pas tant. Car le chef letton agace à force de gesticulations, coup de pieds sur le podium, et surtout à vouloir surligner le phrasé du moindre motif, quitte à battre à la croche quand les doigts ne battent pas les doubles !

    Tout est calibré au millimètre et la musique semble parfois muselée. On aurait donc apprécié plus de naturel, mais aussi davantage de tranchant (hormis une « o;surprise » fort bien réalisée dans le deuxième mouvement), notamment dans les attaques des tutti ici bien molles.

    Si les instruments anciens sont incomparables pour donner toute sa couleur et toute son énergie à ce répertoire, certains chefs à la tête de formations sur instruments modernes ont su s’inspirer des lectures historiquement informées. On en est loin ici, et même si le timbalier use parfois de baguettes dures (mais pourquoi en changer comme dans le répertoire romantique ?), la rondeur des sonorités, certes somptueuses, du Philharmonique de Vienne est privilégiée au détriment du relief et du dynamisme, plutôt mesurés.

    Comme par magie, tous ces défauts deviennent des qualités dans la deuxième partie avec la Symphonie alpestre de Strauss : le soin des phrasés, le moelleux des sonorités, la précision des traits, tout force l’admiration. Nelsons se montre alors grandiose avec une battue à la fois ample et généreuse tout en ciselant parfaitement les différents thèmes.

    Avec une direction dotée de surcroît d’un beau sens narratif, la musique respire et se déploie admirablement dans l’espace et le temps : le discours coule de source, les épisodes se fondent magnifiquement les uns dans les autres, tout paraît évident dans une œuvre où la boursouflure est pourtant souvent présente.

    Car le chef letton se montre d’une sobriété très appréciable et évite soigneusement de verser dans le tonitruant. Ainsi, l’orage reste impressionnant (notamment avec une énorme plaque à tonnerre suspendue depuis les cintres) mais ne tombe pas dans la caricature ou l’effet gratuit. Autre immense qualité du chef, l’émotion qu’il sait distiller dans les pages les plus élégiaques comme l’épisode d’un lyrisme poignant qui suit l’orage et le sublime épilogue qui étreint jusqu’aux larmes.

    Plus encore que dans Haydn, décidément bien loin, l’orchestre brille de mille feux, des cordes évidemment somptueuses aux bois admirables et aux cuivres fort ronds (tout au plus aurait-on souhaité une première trompette plus éloquente encore) en passant par des percussions jamais envahissantes. La cohésion des musiciens est également très sensible, ce qui est sans doute l’un des secrets de cette splendeur sonore incomparable.

    A l’occasion de ce concert, l’orchestre reçoit d’ailleurs le Prix Herbert von Karajan 2014, ce qui donne lieu à une petite cérémonie où Thomas Hampson, partenaire de longue date des Wiener Philharmoniker, délivre un discours de louanges emprunt d’émotion et où les dons dramatiques du chanteur s’expriment avec une certaine grandeur.




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 12/12/2014
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons au Festspielhaus de Baden-Baden.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie n° 94 en sol majeur « mit dem Paukenschlag »
    Richard Strauss (1864-1949)
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Wiener Philharmoniker
    direction : Andris Nelsons

     


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