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CRITIQUES DE CONCERTS 24 janvier 2020

Concert de l’Orchestre français des Jeunes sous la direction de Dennis Russell Davies, avec la participation de la pianiste Maki Namekawa à la Cité de la musique, Paris.

Jeunesse et engagement

D’une Ĺ“uvre minimaliste de John Adams, The Chairman Dances, Ă  la richesse du Mandarin merveilleux de BartĂłk, l’OFJ a donnĂ© sa pleine mesure sous la direction de Dennis Russell Davies. Un programme oĂą Stravinski et Martinů avaient leur place, la pianiste Maki Namekawa remarquable dans le Concerto pour piano et instruments Ă  vent du premier.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 20/12/2014
Claude HELLEU
 



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    Quelle qu’en soit l’imagination plus ou moins historique, leur progression tient de l’hypnotisme. Les nuances colorent d’entrée les répétitions subtilement évolutives. Sous la direction de Dennis Russell Davies, l’Orchestre français des Jeunes en donne tout à entendre. Telle une vague qui gonfle et se retire et revient, la masse orchestrale insensiblement différenciée suit le rythme maître du jeu.

    Implacable sous la richesse des sonorités, il porte les sons rauques, déchirés, alanguis, les silences abrupts d’ondulations qui se propagent et se fondent, pupitres personnalisés jusqu’au piano et la conclusion percussive d’une œuvre surréaliste irrésistiblement soutenue.

    Le Concerto pour piano et instruments à vent de Stravinski n’a pas la même évidence. Sécheresse, netteté, provocation revendiquées par le compositeur manquent d’insolence. La grande triomphatrice en est Maki Namekawa. Encadrée des basses, seules cordes présentes, la mécanique implacable du piano, concise, déterminée, martelée sans dureté domine les doublures de l’orchestre qui semble plutôt la suivre qu’imposer ses contretemps. Le Finale aux accents syncopés l’est un peu trop sérieusement. Stravinski n’en a pas moins propulsé ses audaces jouissives.

    Avant que Maki Namekawa ne joue en bis l’Étude n° 10 de Philip Glass, idéalement choisie après l’œuvre de John Adams. Sensualité du toucher égal et dynamique impassible nous gardent suspendus à l’avancée de cette musique vraiment répétitive où il se passe toujours quelque chose ainsi habitée, haletante. Une révélation.

    Avec le MĂ©morial pour Lidice de Martinů, c’est l’émotion qui nous prend. Ode funèbre empreinte de rĂ©solution autant que de deuil, elle a Ă©tĂ© composĂ©e Ă  la demande du gouvernement tchĂ©coslovaque pour commĂ©morer la destruction du village de Lidice par les Nazis le 10 juin 1942. L’OFJ s’engage de toute son âme dans sa tragĂ©die. Percussion poignante, pupitres des vents encore un peu faibles mais sans faillir Ă  l’expressivitĂ© de leur chant, homogĂ©nĂ©itĂ© des cordes parfaite sur les rythmes serrĂ©s, moins sur les longs phrasĂ©s, ces mini-rĂ©ticences n’attĂ©nuent pas la ferveur d’une Ă©loquence austère. Dont la souffrance et les dĂ©chirements triomphent des faiblesses d’ailleurs relatives liĂ©es Ă  l’âge des musiciens.

    Et c’est un Mandarin merveilleux saisissant de vitalité qui nous séduit dès ses premières mesures. La jeunesse des interprètes, d’emblée en osmose avec les excès géniaux de la partition, exacerbe son expressionisme sidérant. Frénésie, couleurs, climats, magie fascinent et nous empoignent.

    Héros de la pantomime originale de Bartók, la clarinette ou le hautbois solos suivis de tous les bois s’incarnent, les cuivres provoquent et triomphent, les cordes tourbillonnent, la puissance du fabuleux crescendo orchestral à la poursuite du mandarin atteint ses sommets. Un concert mémorable, tant par sa programmation que par son interprétation.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 20/12/2014
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre français des Jeunes sous la direction de Dennis Russell Davies, avec la participation de la pianiste Maki Namekawa à la Cité de la musique, Paris.
    John Adams (*1947)
    The Chairman Dances
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Concerto pour piano et instruments Ă  vent
    Maki Namekawa, piano
    Bohuslav Martinu (1890-1959)
    MĂ©morial pour Lidice, H.296
    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Le Mandarin merveilleux, op. 19 (suite de concert)
    Orchestre français des Jeunes
    direction : Dennis Russell Davies

     


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